le Professeur Jean Constentin reprend le flambeau de Gabriel Nahas dans le rôle du prédicateur apocalyptique

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Un seul expert scientifique assez contestable

Omniprésent dans les médias, le Professeur Jean Constentin reprend le flambeau de Gabriel Nahas dans le rôle du prédicateur apocalyptique en blouse blanche. Ces expériences sur les souris sont édifiantes mais nous ne sommes pas tout à fait des rongeurs. Il n’appuie pas ces thèses excessives sur l’intégralité d’études crédibles, il extrapole sur des parties de recherche pour dramatiser. Le cannabis est effectivement reconnu pour ralentir les décisions, brouiller l’apprentissage et la mémorisation, affecter la motivation.

C’est la méthodologie et surtout l’interprétation hyper-alarmiste des résultats qui tourne à la caricature. Je vais publier très prochainement un ouvrage sur la dépénalisation du cannabis avec Jean Constentin en contradicteur. En compagnie du Dr Alain Rigaud, président de la Fédération française d’addictologie, je lui répondrais plus longuement.

Gabriel Georges Nahas, né le 4 mars 1920 à Alexandrie (Égypte) de mère française et de père libanais et mort le 28 juin 2012 à New York, est un médecin connu pour son plaidoyer controversé contre l'utilisation et la libéralisation de la marijuana qu'il tenait pour une drogue extrêmement dangereuse[1]. Il a aussi été le conseiller spécial de Jacques Chirac à la Mairie de Paris. « Je suis un ennemi du cannabis et j'utiliserai tous les moyens possibles pour le combatte », déclarait-il à l'époque[2]. Il a travaillé pour l'OMS et à l'Université Columbia et à celle de New-York[2].

Sa famille a émigré d'Alexandrie pour le Sud de la France quand il était enfant. Il a été un membre actif de la Résistance française, Charles de Gaulle lui a donné la Légion d'honneur, la Croix de guerre avec trois palmes et une étoile[3], il a aussi reçu la médaille de la Liberté[4].

En 1993, G. Nahas était encore considéré comme le meilleur spécialiste mondial du cannabis et les revues spécialisées mentionnaient abondamment ses multiples expériences qui prétendaient avoir démontrées[non neutre] que le cannabis entraînait une dépendance physique, qu'il entraînait la stérilité, endommageait le cerveau ou encore qu'il conduisait souvent à la consommation d'autres drogues encore plus dangereuses. Ces théories sont aujourd'hui discréditées[5] sauf au CNRS ou le Prof. Costentin qui les défend[6]. L'idée comme quoi le cannabis conduisait fréquemment et statistiquement de manière significative (26 %) reposait en fait sur un sondage réalisé aux États-Unis en 1976. Après vérification, le taux ne dépassait pas 5 % mais cette précision a été occultée, notamment par le Prof. Nahas et ses adeptes[non neutre][2]. Une des plus célèbre des expériences du Prof. Nahas avait été de faire inhaler du cannabis à des singes à l'aide de masque à gaz avant de disséquer leur cerveau. Des graves lésions ont été constatées ce qui ne correspondait pas aux résultats précédents d'autres équipes[7]. En fait, les singes n'avaient rien pu respirer d'autre que ce qui leur venait du masque, le cannabis, ce qui équivalait à la teneur en THC de soixante-trois joints[8] !

Références
? [Entretien, Radioscopie sur France-Inter 1978 (archives INA)]
? a, b et c Arnaud Aubron : Drogues Store : Dictionnaire rock, historique et politique des drogues, Éditeur : DON QUICHOTTE, Collection : NON FICTION , 2012 p. 228, ISBN 2359490664
? Arnaud Aubron : Drogues Store : Dictionnaire rock, historique et politique des drogues, Éditeur : DON QUICHOTTE, Collection : NON FICTION , 2012 p. 228 - 229, ISBN 2359490664
? Dr Gabriel G. Nahas, Marijuana Opponent, Dies at 92 [archive], quatrième paragraphe.
? Article de Libération du 8 avril 1996 [archive]
? Pourquoi il ne faut pas dépénaliser l'usage du cannabis, Éditeur : Odile Jacob, 2012, ISBN 2738127614
? Aubron Ibido
? Aubron : ibido p. 229

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