La guerre des glands ! La Fédération des policiers municipaux part en guerre...
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Publié le 03 janvier 2011 à 05h00 | Mis à jour à 05h00
La Fédération des policiers municipaux part en guerre
Le Soleil
(Québec) La Fédération des policiers municipaux du Québec (FPMQ) part en guerre contre le ministère de la Sécurité publique et la Sûreté du Québec (SQ) afin de forcer le retour de corps de policiers municipaux dans les villes de Saint-Hyacinthe, de Drummondville et de Shawinigan. Le président de l'Association des policiers provinciaux du Québec (APPQ), Jean-Guy Dagenais, promet de défendre «bec et ongles» ces territoires présentement desservis par la SQ.
La FPMQ a déjà donné le premier coup dans ce combat, quand elle a déposé, le 20 décembre dernier, une requête à la Cour supérieure.
Dans cette requête de 18 pages, elle demande au tribunal d'invalider l'entente de 10 ans que la Ville de Saint-Hyacinthe et la MRC des Maskoutains ont signée en février 2009 avec la SQ et le ministère de la Sécurité publique pour que le corps de police provincial continue à surveiller ce territoire et à y dispenser les différents services reliés aux opérations policières. Cette entente peut être reconduite automatiquement tous les 10 ans.
Dans sa requête, la FPMQ plaide que cette entente est illégale.
Quand le gouvernement provincial a déployé sa réforme de la carte policière, au début des années 2000, il a permis à des villes dont la population allait surpasser les 50 000 personnes à la suite d'un regroupement municipal de faire affaire avec la SQ après leur fusion, pour une période prédéterminée. Cette période a été fixée à cinq années, pour ensuite être majorée à 11 ans.
En marge de cette refonte de la carte policière, des villes, dont les nouvelles entités fusionnées de Saint-Hyacinthe, de Drummondville et de Shawinigan, ont décidé d'abolir leur police municipale et d'être desservies par la SQ. Ces décisions ont notamment été prises pour des motifs économiques. Pour la grande majorité d'entre eux, les policiers municipaux de ces défunts services sont devenus des policiers provinciaux.
Selon la FPMQ, comme le regroupement municipal de Saint-Hyacinthe a eu lieu le 27 décembre 2001 et que la SQ dessert ce territoire depuis le 30 septembre 2002, cette municipalité doit mettre sur pied sa nouvelle police au plus tard le 1er janvier 2013.
En vertu de la Loi concernant l'organisation des services policiers, une ville qui a plus de 50 000 personnes de population doit avoir son propre corps de police.
«Les lois sont là pour être respectées et nous prenons les moyens pour qu'elles soient respectées», a indiqué au Soleil le président de la FPMQ, Denis Côté.
Ce dernier promet d'entreprendre des démarches afin que Shawinigan et Drummondville se dotent elles aussi de leur corps de police. Ces deux villes ont des populations supérieures à 50 000 résidants, tout comme Saint-Hyacinthe.
«Notre prétention, c'est que les populations de ces villes vont bénéficier d'un meilleur service avec des polices municipales qu'avec ce qu'elles ont présentement avec la SQ, a indiqué M. Côté. De plus, quand ces villes paient pour les services de la SQ, elles ne déboursent qu'environ 50 % du coût réel de ces services. Ainsi, c'est l'ensemble de la population du Québec qui paie une partie de la facture de police pour ces municipalités, ce qui n'est pas juste.»
Le président de l'APPQ, Jean-Guy Dagenais, ne partage pas cet avis. Il affirme que son organisation compte se faire entendre comme partie dans la requête présentée par la FPMQ.
Il promet de protéger les emplois des quelques centaines de policiers qui travaillent sur ces trois territoires. «M. Côté va m'avoir dans son chemin en 2011», a-t-il lancé, en entrevue téléphonique.
L'entente «satisfait»
M. Dagenais estime qu'avec de telles démarches, M. Côté va s'isoler. Il rappelle que les fraternités des policiers de Québec et de Gatineau ont quitté la FPMQ au cours des dernières années.
«Même à l'intérieur de ses propres rangs, M. Côté est contesté. Tout le monde est satisfait avec cette entente à Saint-Hyacinthe. La Ville, la SQ, le ministère de la Sécurité publique, les policiers, qui ont de bien meilleures possibilités d'avancement que dans une police municipale, et la population, qui est contente des services que nous offrons là-bas. La seule personne qui serait gagnante avec un tel changement, c'est M. Côté.»
Autant du côté de la direction de la SQ que de celui du ministère de la Sécurité publique, personne n'a voulu commenter le dépôt de larequête de la FPMQ et les ambitions expansionnistes de son président.
















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