Cannabis contraventionnalisation : Macron double l’amende à 500 €
Un coup de com’ ou un vrai tournant répressif ?
Emmanuel Macron a décidé de ressortir la matraque symbolique contre les consommateurs de cannabis
Comment les fonctionnaires de police (flics)
font pour différencier l’usage des fleurs légales et concentrés de CBD non psychoactif,
du Cannabis psychoactif haut en THC qui ont un extérieur et des arômes identiques ?
Un projet de loi comme celui-ci devrait plutôt porter le titre de
« loi visant les subventions au crime organisé et au terrorisme », puisque c'est l'effet qu'il aura.
La seule raison pour laquelle les drogues financent les organisations criminelles
et grands mouvements terroristes du monde, c'est la prohibition.
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Cannabis : Macron double l’amende à 500 €
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Publié le 17 décembre 2025 à 11h34
Francesca
Écrit par Francesca
Durée de lecture : 4 minutes
Okiweed Noel en orbite -65%
Macron avis de sanction usage de cannabis 500 euros© Le Cannabiste - Cannabis : Macron double l’amende à 500 €
C’est à Marseille qu’Emmanuel Macron a décidé de ressortir la matraque symbolique contre les consommateurs de cannabis : l’amende forfaitaire grimperait à 500 €. Objectif affiché ? « Frapper au portefeuille ». Mais derrière ce durcissement soudain, se cache-t-il autre chose qu’un simple calcul politique ? À l’heure où le débat sur la légalisation n’a jamais été aussi urgent, l’État choisit encore la répression…
La nouvelle mesure annoncée par Emmanuel Macron
Mardi, en direct de Marseille, Emmanuel Macron a fait son show sécuritaire dans le cadre d’un échange avec les lecteurs du journal régional La Provence : l’amende forfaitaire pour usage de cannabis va passer de 200 à 500 euros. « Frapper au portefeuille », selon ses mots, histoire de calmer les envies de fumette tout en musclant sa posture politique. Car oui, pour notre président, le vrai problème du narcotrafic, ce ne sont pas (uniquement) les dealers… mais bien ceux qui consomment. Le ton est donné : le joint du samedi soir, c’est terminé, ou du moins, ça va coûter plus cher.
Le chiffre claque comme une sentence. Cette hausse, présentée comme un coup de semonce contre les consommateurs, vise à renforcer l’effet dissuasif de l’amende, initialement fixée à 200 € depuis 2020. Petite subtilité : jusqu’ici, celle-ci pouvait descendre à 150 € pour les bons payeurs ou grimper à 450 € pour les retardataires. Avec cette nouvelle mouture à 500 € non négociables, l’État espère frapper plus fort, financièrement, en tout cas.
Pourquoi cibler les consommateurs de cannabis ?
Parce que visiblement, ce sont eux les « vrais coupables » dans l’histoire. Exit les trafiquants, c’est le fumeur du dimanche qui se prend la tempête.
Un message clair : ce n’est pas “festif”
« Ce n’est pas festif de consommer de la drogue », a martelé Macron devant son auditoire. Traduction : fumer un spliff, ce n’est pas de la rigolade. Et si vous pensiez que votre herbe était « cool » ou « récréative », l’État vous rappelle qu’elle est surtout illégale. Pour le président, chaque gramme acheté participe à détruire les quartiers, à financer la violence, et à nourrir les réseaux criminels.
Stormrock Drop de Noel
Autrement dit : vous pensez chiller tranquille, mais vous financez indirectement les kalachnikovs qui crépitent dans les cités. Ambiance.
Un clivage social mis en lumière
Ce qui a aussi fait tiquer dans son discours, c’est cette petite pique bien sentie : selon lui, les consommateurs « ne sont généralement pas issus des mêmes milieux sociaux que leurs dealers ». Une manière à peine voilée de dire que la bourgeoisie urbaine, qui fume peinarde dans son appart de 80m² à Paris, contribue à la misère des quartiers.
On appelle ça la culpabilisation à 500 balles. Un peu comme si on disait que boire un verre de vin à table, c’est cautionner les violences domestiques dans les campagnes viticoles. Mais passons.
Quel impact réel pour les usagers ?
Concrètement, cette amende salée vise surtout à faire peur. Et peut-être aussi à remplir un peu les caisses, qui sait ? Car selon les chiffres officiels, depuis l’instauration de l’amende forfaitaire en 2020, plus de 350 000 PV ont été dressés. Mais, plot twist, la majorité ne sont pas payés. Oui, vous avez bien lu : entre ceux qui contestent, ceux qui n’ont pas les moyens, et ceux qui s’en fichent royalement, la mesure reste… symbolique.
Et puis il y a la réalité terrain. Une amende, c’est bien. Encore faut-il pouvoir la délivrer. Les forces de l’ordre sont déjà saturées, et la priorité n°1 reste d’épingler les réseaux, pas les bobos en terrasse. L’effet dissuasif ? Pas garanti. L’effet d’annonce ? Impeccable.
Un coup de com’ ou un vrai tournant répressif ?
Police nationale
La question est sur toutes les lèvres : ce tour de vis, est-ce un vrai changement de cap ou juste un coup de com’ bien huilé ? En visite à Marseille, “ville symbole du narcotrafic”, Macron s’est aussi rendu sur la tombe de Mehdi Kessaci, frère du militant anti-drogue Amine Kessaci, tué en novembre dernier. Le geste est fort, le moment chargé d’émotion. Mais politiquement, cela reste une séquence.
Okiweed Noel en orbite -65%
Côté mesures, il a aussi évoqué :
Le renforcement de l’Ofast, l’organisme de lutte antidrogue ;
Le déploiement de 500 policiers supplémentaires à Marseille
Une surveillance accrue des réseaux sociaux, devenus nouveaux lieux de deals ;
Et même la coopération internationale pour extrader les têtes de réseaux à l’étranger.
Mais dans le fond, rien de nouveau. L’objectif est clair : occuper le terrain sécuritaire, et tant pis si ça se fait au détriment d’un débat plus large sur la régulation du cannabis.
Un coup dans l’eau pour la légalisation ?
Le timing de cette annonce ne doit rien au hasard. Alors que de plus en plus de pays en Europe expérimentent la dépénalisation ou la légalisation encadrée du cannabis, la France, elle, s’entête à jouer la carte de la répression. Quitte à se marginaliser sur la scène internationale.
Et pourtant, les experts, ceux qu’on écoute peu, rappellent régulièrement que la légalisation encadrée permettrait de couper l’herbe sous le pied du marché noir, de protéger les consommateurs, et même, de mieux contrôler la qualité des produits. Mais pour l’instant, le gouvernement préfère brandir la matraque plutôt que de sortir de l’hypocrisie.
Francesca
Responsable Marketing du média Le Cannabiste. Passionnée, un peu rebelle et toujours curieuse, je m'efforce de partager mes découvertes de manière accessible pour que chacun puisse mieux comprendre et apprécier les multiples facettes de cette plante.














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