Usage thérapeutique

Depuis le 1er octobre 1999, date de son inauguration, le Club Compassion de Montréal (CCM) se donne pour mandat de rendre accessible du cannabis pour usage médicinal à des individus dont les souffrances, maux ou conditions briment leur dignité, leur autonomie ou leur bien-être.

Le Club Compassion de Montréal a ouvert ses portes, rue Rachel, sans cacher son mandat ni ses activités, et malgré la Loi sur les drogues et autres substances, de 1996, qui interdit la possession, l'usage et la circulation du cannabis, et ce même à des fins thérapeutiques.

Mais ce produit qui vous apparaît sans équivoque comme un allié est interdit par la loi, Cela, vous le savez. Vous savez, on vous l'a dit bien des fois, que cette chose, cette plante, qui vous redonne le contrôle sur votre vie, peut vous mener en prison. On parle ici d'une justice élaborée par des individus qui s'engagent à obéir à la grande maladie de la Loi dont le symptôme le plus récurrent est une tendance compulsive à n'écouter que ce qui la justifie; à renier ce qui la contredit; à neutraliser ce qui la dépasse, ce qu'elle ne peut pas, ou ne veut pas comprendre.

Malgré l'ubiquité sans cesse croissante de l'information dans nos vies, et malgré la multiplication des moyens de communication, il est difficile voire impossible dans notre société actuelle de débattre en profondeur de quelque question que ce soit dans une arène publique. Si l'on considère que la télévision, la radio et les journaux sont encore les médias les plus populaires et les meilleures tribunes pour rejoindre une large portion de la population, on pourrait croire qu'avec la couverture médiatique dont jouit le Club Compassion de Montréal, depuis son ouverture le ter octobre 1999, ses dirigeants aient déjà eu maintes fois l'opportunité de faire connaître leur point de vue et la philosophie qui sous-tend cette entreprise. Pourtant, ce n'est pas du tout le cas.

L'État impose le silence, les lois sanctionnent l'ignorance, la police punit la souffrance. Pourtant, les membres du Club Compassion de Montréal (CCM) s'entêtent, persistent et signent ce manifeste, véritable cri du coeur destiné à faire réfléchir toutes celles et ceux pour qui le mot «liberté» a encore un sens. Le collectif ÉDAM, dans ses efforts pour diffuser la pensée anarchiste à travers l'écrit et la réflexion critique, appuie la démarche proposée par le CCM: se réapproprier notre vie quotidienne en refusant l'emprise des institutions bureaucratiques et autoritaires sur notre devenir collectif.

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