Crier pour se faire entendre : Les petits partis sur l'île de Montréal

Métro, le mercredi 7 mars 2007
Par Mathias Marchal

Aux dernières élections provinciales, 100 000 Québécois ont voté pour les tiers partis. Cette année, avec l'essor de Québec solidaire et du Parti vert, trois autres partis plus marginaux luttent encore plus fort pour faire entendre leur voix sur l'île de Montréal et faire passer leurs idées.

Bloc Pot

Cette année, le parti pro-marijuana compte présenter 40 candidats, qui demanderont une fois encore la fin de la prohibition du chanvre et de son dérivé, le cannabis.

«Un total de 25 % des Québécois de plus de 15 ans ont fumé du pot l'année dernière. [...] Comme le cannabis est prohibé, le gouvernement ne peut pas mener de campagne pour une consommation responsable, c'est aberrant», regrette Hugô St-Onge, chef du Bloc Pot.

Dans son Plant d'affaires, qui sera présenté le 11 mars, le parti prônera aussi la généralisation du biodiesel avec de l'éthanol à base de chanvre. Or, selon le jeune comptable de 32 ans, la prohibition du cannabis nuit au développement du chanvre industriel.

En 2003, le parti d'Hugô St-Onge avait recueilli 22 904 votes, soit plus que le Parti vert. Comme chaque parti reçoit une subvention annuelle en fonction des votes reçus, le Bloc Pot reçoit plus de 16 000 $ par année depuis 2003.

Parti marxiste-léniniste

«Débarquez les libéraux», tel est le principal message du parti qui comptera sur 24 "politiciens ouvriers" afin de faire entendre la voix de la classe ouvrière.

«Il faut combattre la vente des sources énergétiques et forestières aux grands monopoles», clame Pierre Chénier, chef du PMLQ, un parti souverainiste.

En plus de déplorer l'élimination de l'aide sociale pour 52 000 prestataires, le parti est ouvertement antimilitariste.

«L'un de nos slogans c'est: "Pas un jeune pour la guerre impérialiste"», lance M. Chénier en faisant référence à la présence canadienne en Afghanistan.

Démocratie chrétienne

Allocation mensuelle de 430 $ par enfant pour lutter contre la dénatalité, création d'un dollar Québécois afin de combattre la mondialisation, retour du crucifix dans les écoles, interdiction des OGM, abandon de la croissance à tout prix... Le parti du militant anti-avortement, Gilles Noël, qui avait recueilli 3 226 votes en 2003, veut faire mieux en 2007.

Pour ce faire, le volubile ingénieur et professeur de physique a élaboré un programme complet et un site Internet avec une trentaine de vidéos illustratives.

Le parti prévoit ni plus ni moins que l'apocalypse : «En prenant un taux de croissance de 4 % pendant 50 ans, il y aura une augmentation de l'énergie consommée de 700 % et nous seront tous morts d'une catastrophe écologique avant.»