La région Ile-de-France va financer des tests de dépistage du cannabis au lycée. Une mesure inefficace, selon Yann Le Strat, addictologue.

http://tempsreel.nouvelobs.com/sante/20160520.OBS0927/cannabis-les-tests...

Cannabis : "Les tests salivaires ne pourront pas être imposés au lycée"

La région Ile-de-France va financer des tests de dépistage du cannabis au lycée. Une mesure inefficace, selon Yann Le Strat, addictologue.

Bérénice Rocfort-Giovanni
Publié le 20 mai 2016 à 15h06

La Région Ile-de-France, présidée par Valérie Pécresse (Les Républicains), va financer des tests salivaires de dépistage de cannabis et des éthylotests pour les lycéens. Ceci dans l'espoir de lutter contre les addictions. Yann Le Strat, addictologue à l'hôpital Louis-Mourier à Colombes (Hauts-de-Seine), décrypte cette mesure.

Ces tests salivaires sont-ils efficaces ? Peuvent-ils être faussés ?

- Ils fonctionnent très bien, leur sensibilité est importante. Le consommateur régulier sera forcément repéré car le cannabis reste longtemps stocké dans les graisses, avant d’être relâché dans le sang. Il faut avoir cessé de fumé depuis un mois pour que cette substance soit éliminée.

Zappiste: c'est de l'incitation à consommer d'autres produits intoxicants !

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http://www.vsd.fr/actualite/cannabis-regardez-la-savoureuse-provocation-...

Canna­bis Regar­dez la savou­reuse provo­ca­tion d'un élu UDI à l'égard des écolo­gistes

Aux grands maux, les grands remèdes. La région Île-de-France a adopté hier une mesure jugée contro­ver­sée pour lutter contre la consom­ma­tion de canna­bis au lycée, respon­sable notam­ment du décro­chage scolaire pour les fumeurs régu­liers. Sa prési­dente Valé­rie Pécressea en effet fait vali­der le finan­ce­ment de tests sali­vaires de dépis­tage de drogue desti­nés aux établis­se­ments fran­ci­liens. Il s’agira pour les provi­seurs qui le souhaitent « d’éta­blir un diagnos­tic sur la consom­ma­tion des substances addic­tives » au sein de leurs lycées, et d’iden­ti­fier les éven­tuels trafics à proxi­mité. Les tests seront ainsi menés sous couvert du secret médi­cal et les résul­tats seront exclu­si­ve­ment commu­niqués à la famille ou au lycéen s’il est majeur.

La vice-prési­dente char­gée de l’Edu­ca­tion, Agnès Evren, assure qu’il s’agit là d’une « poli­tique de préven­tion », et en aucun cas un arse­nal de « suspi­cion et d’ac­cu­sa­tion ». Elle ajoute que la situa­tion l’im­pose, 10% des jeunes de la région fumant « plus d’un joint par jour ». Mais dans l’hé­mi­cycle du conseil régio­nal, les débats ont été âpres. Le FN a dénoncé « un enfu­mage », le Front de Gauche a pointé une « stig­ma­ti­sa­tion cari­ca­tu­rale » et le PS s’est inquiété du « rôle de police » conféré aux provi­seurs.

Pour faire face à cette fronde géné­ra­li­sée, certains élus de la droite et du centre ont dû expli­ci­ter les besoins d’un tel recours concer­nant un sujet « tabou ». Parfois, assez maladroi­te­ment. C’est notam­ment le cas du conseiller UDI Ludo­vic Toro, qui a carré­ment adressé une provo­ca­tion directe à l’en­contre des verts. Il n’a pas hésité à propo­ser de tester ses collègues, pour savoir si eux-mêmes étaient des fumeurs de canna­bis.

Pour en arri­ver là, il a commencé son inter­ven­tion en deman­dant à son audi­toire, sans aucun détour : « Combien d’entre nous ont des connais­sances et des proches qui fument régu­liè­re­ment ? ». Et de pour­suivre sur une tran­si­tion toute trou­vée : « D’ailleurs, au vu des chiffres de consom­ma­teurs régu­liers de canna­bis chez les adultes, sur les 209 conseillers régio­naux de notre assem­blée, il devrait y avoir 17 d’entre nous qui sont des fumeurs régu­liers et 8 des fumeurs quoti­diens ».

Une logique qui fait fina­le­ment dire à l’élu qu’il serait ainsi judi­cieux de « donner l’exemple aux lycéens » en se testant « aujourd’­hui ». Il a alors sorti un sachet rempli de tests, signa­lant au passage de façon assez sarcas­tique qu’il n’avait pas pu en appor­ter assez pour toute la salle. Puis, sur le même ton, il déclare : « je vous propose de tester en premier ceux qui sont le plus proche de la nature, Europe Ecolo­gie Les Verts ». Un raccourci qui fait bondir les concer­nés. Valé­rie Pécresse tente alors de reprendre la main : « Ça dérape, il faut conclure ! ». Ce que fait Luc Toro.

« Si les tests s’avé­raient posi­tif, je saurais alors les orien­ter vers des struc­tures adéquates de la région », s’amuse fina­le­ment le conseiller UDI, dans un joyeux tinta­marre. La provo­ca­tion n’a évidem­ment pas été du goût de l’en­semble des parle­men­taires, certains se sont même empor­tés dans la suite des échanges, hors caméra. Le groupe EELV a notam­ment dénoncé une « stig­ma­ti­sa­tion », ce à quoi Luc Toro a répondu que malgré la propo­si­tion, il ne les soupçon­nait pas d’être « posi­tifs » au canna­bis. Comble de l’iro­nie, le conseiller UDI n’était même pas favo­rable aux tests sali­vaires de dépis­tage. En fait, il voulait simple­ment déclen­cher une petite gué-guerre pour animer son après-midi.

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