Addictologues et experts en santé publique sont unanimes : la légalisation de la production et de la vente du cannabis est la seule solution...Mais ils se lassent de ne pas être entendus.
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La guerre du cannabis aura-t-elle lieu ?Philippe Batel29 Octobre 2015
Addictologues et experts en santé publique sont unanimes : la légalisation de la production et de la vente du cannabis est la seule solution pour assécher le trafic et mettre en place une réelle politique de soins et de prévention. Mais ils se lassent de ne pas être entendus.
La récente saisie de sept tonnes de résine de cannabis en plein Paris aura, en quelques heures, ravivé l’espoir d’une lutte efficace de l’État contre le trafic de drogues. François Hollande n’a pas hésité à venir, en personne, féliciter les agents de la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (Dred), du coup, qui serait fatal, porté aux réseaux des trafiquants. Ah, le beau rêve... Sept tonnes, c’est en effet une belle prise : au prix du marché, cela représente entre 10 et 15 millions d’euros de manque à gagner pour des grands bandits ou des financiers d’entreprises terroristes. Mais sept tonnes, ce n’est que 2,3 % des 300 qui sont consommées en France en un an. Et la manne financière d’une telle saisie partira en fumée sans venir combler les 230 millions d’euros dépensés annuellement pour tenter d’endiguer un marché plus florissant chaque année. Je pense que le rêve de François Hollande et de bon nombre de nos concitoyens est un fantasme.
J’ai une grande confiance dans la puissance publique quand elle reste réaliste et adaptée. Les politiques publiques, en la matière, sous quelque gouvernement que ce soit, ont démontré leur incapacité répétée à diminuer le nombre des expérimentateurs et consommateurs de cannabis, de plus en plus précoces. La modification récente des contraventions pour usage aura, de l’avis de nombreux spécialistes, peu d’effets sur la consommation. Le contrôle du marché est laissé aux trafiquants. Cette entreprise criminelle, mais surtout commerciale, élabore un produit de plus en plus concentré en tétra-hydro-cannabinol (THC) afin d’accrocher plus vite la clientèle. La lutte entre sous-traitants rivaux contribue à l’insécurité, dans les banlieues comme au coeur des grandes villes. La guerre du cannabis est autant celle des distributeurs que celle des prix et d’un produit de plus en plus attractif.
Zappiste: est-ce que le taux d'alcool très élevé jusqu'à 100% et + est afin d'accrocher plus vite la clientèle par les entreprises irresponsable non criminalisé ?
Ou simplement de donner des choix à la majorité de personnes qui peuvent consommer sans abuser ?
Les taux plus élevé de THC qui existent depuis des années aux Pays-Bas n'ont pas fait augmenter la consommation récréative ni pour les usager de cannabis médicinal !?
Quand sera menée la guerre commerciale contre le trafic du cannabis pour enfin financer celle, sanitaire et sociale, qui permettrait de traiter et de prévenir les dommages de sa consommation ? De plus en plus de pays ou d’États ont, ces dix dernières années, sorti cette drogue de son statut inconfortable en régulant étatiquement sa production, sa vente et sa distribution. Les différents modèles ont été évalués et permettent d’orienter désormais plus précisément les projets de réforme des politiques publiques. En Espagne, par exemple, la dépénalisation complète a causé une augmentation des consommateurs. L’Uruguay, en revanche, a mis en place un monopole d’État, de la production jusqu’à la vente.
L’instauration de ce type de régulation, en interdisant la vente et la consommation aux mineurs, et imposant un prix élevé, est une des plus probantes. Et pourrait générer des recettes de près de deux milliards pour l’État. Un grand nombre de professionnels de l’addictologie et d’experts de santé publique prônent la régulation. Mais, tant que l’opinion publique gardera une représentation soit banalisante soit diabolisée de ce produit et de ses méfaits, il est clair qu’on ne changera rien à cette mauvaise loi. Monsieur le Président, cessez de rêver à voix haute et servez-vous de votre impopularité pour entreprendre la vraie guerre contre le cannabis : celle commerciale, administrative et juridique d’un monopole d’État. Tout au moins, ouvrez le débat. Philippe Batel, addictologue, Clinique des addictions Montevideo, Boulogne-Billancourt.
Philippe Btael, addictologue, Clinique des addictions Montevideo, Boulogne-Billancourt
















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