Les conservateurs veulent serrer la vis aux trafiquants de drogue

La Presse canadienne, 20 novembre 2007

OTTAWA - Après les jeunes contrevenants et les délinquants qui commettent des crimes avec des armes, c'est au tour des producteurs et trafiquants de drogue de devenir la cible du gouvernement conservateur qui veut leur imposer des sanctions plus sévères.

Le ministre de la Justice, Rob Nicholson, a déposé un projet de loi en ce sens, mardi, où il suggère d'imposer des peines minimales pour les personnes trouvées coupables d'un crime grave relié à la production ou à la vente de drogues illicites, y compris la marijuana.

« Les drogues sont dangereuses et destructrices », a fait valoir le ministre lors d'un point de presse dans un centre d'aide aux toxicomanes de la capitale.

« En déposant ces modifications, nous transmettons un message clair: si vous vendez ou produisez des drogues, vous irez en prison. »

Si le projet de loi est adopté, des peines minimales de un ou deux ans de détention s'appliqueront pour les infractions reliées au crime organisé, perpétrées avec violence ou impliquant des jeunes. Cette définition vise entre autres les délits commis à proximité des écoles.

Le gouvernement souhaite également de faire passer de 7 à 14 ans la peine maximale pour la production de cannabis à grande échelle.

La loi prévoirait toutefois des exceptions pour les toxicomanes qui suivront avec succès un traitement pour leur dépendance.

« Les juges appliquent les lois, mais c'est le travail du parlement d'édicter ces lignes directrices. Nous prenons nos responsabilités », a insisté M. Nicholson.

Le projet pour sanctionner les producteurs et les trafiquants fait partie d'une vaste stratégie antidrogue dévoilée le mois dernier à Winnipeg par le premier ministre Stephen Harper et dotée d'un budget de 64 millions $.

Le plan a été salué par les forces policières ainsi que par les intervenants auprès des toxicomanes, mais immédiatement dénoncé par le Nouveau Parti démocratique (NPD) qui le juge trop axé sur la répression et pas assez sur la prévention.

Mardi, le chef bloquiste Gilles Duceppe a lui aussi exprimé des réserves, entre autres au sujet des sentences minimales.

« On est très sévères avec raison avec les petits 'pushers' du coin de la rue, mais les grands importateurs qui sortent après le sixième de leur peine parce qu'ils n'ont pas commis d'actes violents (...) s'en sortent fort aisément », a-t-il fait valoir. Je vais voir le projet de loi sous cet angle-là", a-t-il promis.

Les chefs de partis ainsi que les membres du comité de la justice risquent d'être fort occupés au cours des prochaines semaines puisqu'ils auront à étudier une panoplie de projets de loi déposés récemment par les conservateurs qui accordent beaucoup d'importance à la loi et à l'ordre.

Ces derniers ont d'abord présenté un projet omnibus qui comprend entre autres des mesures pour lutter contre la conduite avec des facultés affaiblies et contre les crimes commis avec des armes à feu.
Le gouvernement a par ailleurs déposé lundi un projet sur les jeunes contrevenants et l'on s'attend à ce qu'il dévoile d'ici la fin de la semaine sa stratégie de lutte contre le vol d'identité.