Des permis pour du cannabis octroyés à des criminels

Des permis pour du cannabis octroyés à des criminels
Annabelle Blais | Le Journal de Montréal

| Publié le 8 novembre 2019 à 06:55

Santé Canada a accordé des permis de culture de cannabis thérapeutique à des individus criminalisés ou qui ont frayé avec les Hells Angels. Notre Bureau d’enquête a dénombré une dizaine de cas troublants.

C’est un secret de polichinelle dans le milieu: il est très facile d’obtenir en moins de deux mois une prescription de cannabis thérapeutique et un permis de Santé Canada pour le cultiver.

En juin 2019, Santé Canada a refusé seulement deux demandes sur les 3550 qui ont été traitées au pays.

L’agence gouvernementale ne fait pas d’enquête sur les demandeurs, dont plusieurs ont eu des démêlés avec la justice au cours des dernières années, selon nos sources.

Un motard qui cultive
Par exemple, Jocelyn Labrie possède un permis de culture. Dans une décision de la Régie des alcools, des courses et des jeux de juin 2017, les policiers notent qu’il serait un membre en règle du groupe de motards Red Devils East Side, parrainé par les Hells Angels. M. Labrie a des antécédents judiciaires pour production de cannabis.

Il a été arrêté à Terrebonne en février 2017 alors qu’il était «tenancier» du bar Le Maverick. Cet établissement a perdu son permis de boisson après qu’une plantation de 787 plants a été découverte dans une pièce adjacente derrière le bar.

Labrie a été reconnu coupable de possession illégale de cannabis.

Une bonne vingtaine d’autres criminels avec des permis préoccupent les corps policiers de la Couronne nord de Montréal, dont un ex-membre des Rowdy Crew, un ancien club-école des Hells.

Autre cas troublant, celui d’Anissa Gilbert, une femme de Yamachiche, en Mauricie, avec des antécédents de trafic et possession de drogues. Elle détient un permis pour 292 plants intérieurs et 76 plants extérieurs, selon nos sources.

Mme Gilbert n’en a d’ailleurs pas fini avec les tribunaux: elle a été arrêtée en juin 2018 dans une rafle visant à démanteler un des plus importants réseaux de vente de drogue de Trois-Rivières.

L’an dernier, TVA Nouvelles rapportait que celui qui est considéré comme la tête dirigeante de ce réseau, Brian Gauthier, est un proche des Hells.

Mme Gilbert a été libérée en attendant son procès. Un an plus tard, elle obtenait pourtant un permis de culture.

Plusieurs cas en Mauricie
Toujours en Mauricie, trois personnes arrêtées en 2016 lors de l’opération Nandou visant à démanteler un réseau de trafiquants ont obtenu leur permis quelques mois après qu’un arrêt des procédures a été prononcé à leur endroit.

La cause est pourtant toujours en appel.

600 plants à la même adresse
En tout, quatre personnes avec des casiers judiciaires, dont deux arrêtées dans Nandou, cultivent plus de 600 plants à la même adresse à Bécancour.

Et elles ont obtenu leurs prescriptions auprès du même médecin en Ontario, selon nos informations. «Les policiers en ont ras-le-bol», dit une source bien informée.

Des corps policiers et des municipalités ont d’ailleurs fait des représentations, tant auprès de Santé Canada que de ministres et de députés, en vain.

Le sentiment d’impuissance est généralisé, ajoute la source. C’est comme si Santé Canada avait légalisé les activités du crime organisé, illustre une autre personne qui a voulu garder l’anonymat.

– Avec la collaboration de Félix Séguin et d’Andrea Valeria​

ILS ONT OBTENU UN PERMIS POUR CULTIVER DU POT

Jocelyn Labrie

40 ans

Membre en règle des Red Devils East Side, un club-école des Hells Angels. Il a des antécédents judiciaires en matière de stupéfiants. Il était tenancier du bar Le Maverick qui a perdu son permis, car l’établissement abritait illégalement 787 plants de cannabis.

Jacques Houde

81 ans

Ancien policier qui a été condamné en 2008 à neuf ans de prison pour avoir orchestré un braquage. Il a également un casier judiciaire pour possession de drogues. Il est actuellement accusé de trafic de drogue.

Anissa Gilbert

42 ans

Elle a des antécédents de trafic et de possession de haschich et de LSD, ainsi que de voies de fait. Elle est actuellement accusée de trafic et de possession de drogue.

Patrick Boies

44 ans

Il a l’autorisation de cultiver 292 plants à l’intérieur et 76 plants à l’extérieur, même s’il traîne un lourd casier judiciaire. En 2016, il a notamment reçu une peine de 253 jours de prison pour production illégale de drogue. En 2015, il a aussi été déclaré coupable de possession non autorisée d’une arme à feu restreinte.

Daniel Brunelle

72 ans

Il a été arrêté avec 38 autres personnes lors de l’opération Nandou pour démanteler un réseau de trafic de drogue en Mauricie, en 2016. Il a reçu son permis de culture quelques mois après un arrêt des procédures lors de son procès pour trafic de drogue et complot. La cause est toutefois en appel. Il a aussi un casier judiciaire pour différents vols.

Steve Fraser

45 ans

Il a été arrêté dans l’opération Nandou en 2016. Après son enquête préliminaire, les procureurs ont choisi de ne pas poursuivre les procédures judiciares. En 1994, il a écopé d’une peine de 10 mois de prison pour extorsion et harcèlement. En 2009, il a été déclaré coupable de possession de cannabis en vue d’en faire le trafic et a reçu une peine de 12 mois de prison avec sursis.

Frédéric Thompson

44 ans

Il a été arrêté dans l’opération Nandou en 2016. Il a obtenu un arrêt des procédures en août 2018 (la cause est toujours en appel) et a obtenu cet été son permis pour cultiver 171 plants. Il n’a pas eu d’autres démêlés avec la justice.

Ghislain Massé

53 ans

Il a écopé d’une probation de trois ans pour une introduction par effraction dans les années 1980.

Vincent Lebel-Lemire

37 ans

Il a été acquitté à sept reprises d’accusations criminelles au cours des 16 dernières années. Il fait actuellement face à des accusations criminelles pour communication harcelante et bris de condition.

Le stratagème pour alimenter le marché noir
Étape 1

Obtenir une prescription de cannabis auprès d’un médecin, en passant par un intermédiaire ou un « dispensaire ». Généralement, ce sont des consultations par Skype avec un médecin de la Colombie-Britannique ou de l’Ontario. Quelques médecins québécois en prescrivent aussi. Certains groupes de criminels obtiennent tous leur prescription auprès d’un même médecin.

Étape 2

Obtenir de Santé Canada l’autorisation de faire pousser son propre cannabis. Par exemple, si le médecin a autorisé une consommation quotidienne de 90 grammes, le patient peut faire pousser 438 plants à l’intérieur ou 171 à l’extérieur. De quoi produire d’importantes quantités de pot.

Étape 3

Détourner la production « médicale » pour la revendre à des « dispensaires » ou d’autres réseaux sur le marché noir.

Notons que les personnes nommées n’ont pas été reconnues coupables d’avoir utilisé ce stratagème.

QUELQUES CHIFFRES

Plus de 360 000 Canadiens sont inscrits auprès de producteurs licenciés de cannabis dont près de 15 000 au Québec.
Près de 29 000 Canadiens ont un permis de Santé Canada leur permettant de cultiver leur cannabis, dont 5500 au Québec.
Entre octobre 2018 et juin 2019, le nombre de Québécois autorisés à cultiver a augmenté de 25 %.
POUR N’IMPORTE QUI

Santé Canada ne fait pas d’enquête sur les demandeurs de permis de culture de cannabis thérapeutique et ne refuse que très peu de monde. Selon son règlement, seules les personnes qui ont commis des infractions en lien avec le cannabis alors qu’elles étaient en possession d’un permis peuvent le perdre.
Santé Canada est incapable de dire combien de producteurs de cannabis ont été autorisés à cultiver à des fins personnelles puisque ceux-ci n’ont pas à se soumettre à une vérification de casier judiciaire.

Commentaires

Santé Canada refuse de rembourser le cannabis ?

Premièrement:
*Quel service de police canadien leur a délivré le document démontrant que… ?
Qui a vérifié que… ?

Deuxièmement: Pourquoi Santé Canada refuse de rembourser le cannabis ?
Qui en profite ?
Qui en subit les méfaits les conséquences ?
«C’est comme si Santé Canada avait légalisé les activités du crime organisé.»

Ce qui est troublant c’est que Santé Canada
refuse toujours de rembourser le cannabis médical
qui est abordable seulement pour une minorité de Canadien riches ?

En plus d'adultes ils privent de très jeunes enfants d’un traitement efficace
parce que les parents ne peuvent plus le payer
les obligeants à retourner aux produits pharmaceutiques inefficaces
avec des effets secondaires indésirables, mais remboursés.
Quel manque de compassion !

Rappelons que "Santé" Canada a déjà accepté approuvé des médicaments
sur la parole, les recherches, les dires de pharmaceutiques.
Ils ont dû les retirer car ils étaient dangereux et mortels pour la Santé publique.

Rappelons aussi que le cannabis n'a aucune dose mortelle !

Des motards qui cultivent du cannabis pi après ?
Il faut rendre à César sa salade et sa vinaigrette !
Ce sont leurs membres des Pays-Bas qui les ont convaincu
que les excellents cannabis surpasseraient le cirage à chaussure.
Ils ont aussi fourni leurs connaissances sur les nouvelles technologies de culture
ainsi que des graines et des boutures de qualité.
Merci poste Canada !

Pour eux à l'époque acheter des boutures de qualité à 2 000.00 $ ou 4 000.00 $ chaque
c’était un investissement et sauver de l’espace et du temps.

Ce qui est important de savoir c’est quel est le taux de THC,
les produits de culture utilisés, si il y avait de la moisissure ?
Si il y a eu ruptures de stock ?

*Quel service de police canadien leur a délivré le document démontrant que… ?
Qui a vérifié que… ?

https://www.canada.ca/fr/sante-canada/services/inscription-production-ca...

Production par une personne désignée par vous
La personne que vous avez désignée devra fournir, entre autres :
des renseignements personnels, notamment :
son nom
son adresse
sa date de naissance
une déclaration signée et datée

Un document délivré par un service de police canadien démontrant que, au cours des 10 années précédant la demande,

elle : n'a pas été déclarée coupable d'une infraction visée au paragraphe 311(2) du Règlement sur le cannabis

n'a pas été condamnée à une peine visée à l'alinéa 311(2)d) du Règlement sur le cannabis

Info, Intox, faire son Intéressant ?

«Par exemple, si le médecin a autorisé une consommation quotidienne de 90 grammes,
le patient peut faire pousser 438 plants à l’intérieur
ou 171 à l’extérieur. De quoi produire d’importantes quantités de pot.»

Si !
90 g/jour à 7.00 $/g, comme prix moyen, c’est 630.00 $/jour
c’est 18 900 $/mois et 226 000.00 $/année.
Qui pourrait se le payer ?
90 g/jour c'est 3,75 g par heure jour et nuit !

Même avec les deux grammes par jour ce que les médecins prescrivent
c'est 98.00 $/semaine, 392.00 $/mois pour du cannabis séché
et beaucoup plus pour les extraits, huiles vendu au mg/ml.

Consommer des opioïdes
serait moins dommageable pour sa santé physique et monétaire !?

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