Cannabis : les effets de la légalisation. Québec interdit la vente de friandises au cannabis

Cannabis : les effets de la légalisation

Québec interdit la vente de friandises au cannabis

Radio-Canada
2019-07-24 | Mis à jour hier à 23 h 21

Les Québécois qui espèrent se procurer des chocolats, jujubes et autres friandises au cannabis après leur légalisation au Canada ne pourront pas en trouver sur les tablettes, puisque le gouvernement provincial a décidé d'en interdire la vente.

Jugeant insuffisantes les mesures prévues par Ottawa pour encadrer la légalisation prochaine de la vente de produits comestibles au cannabis, Québec a dévoilé mercredi les règles additionnelles plus strictes qu'il prévoit imposer.

Le gouvernement provincial annonce ainsi qu'il interdira la vente de chocolat, de friandises, de confiseries, de desserts et de tout autre produit attrayant pour les mineurs.

Les produits solides contenant du cannabis ne pourront contenir une quantité de tétrahydrocannabinol (THC) supérieure à 5 mg par unité et à 10 mg par emballage. Pour les liquides, la limite sera de 5 mg par emballage.

Ottawa légalisera les nouveaux produits le 17 octobre prochain, mais calcule qu'il faudra au moins 60 jours après cette date pour que les produits se retrouvent sur les tablettes, ce qui reporte à la mi-décembre la disponibilité de toute une gamme de nouveaux produits contenant du THC Tétrahydrocannabinol.

Trois nouvelles catégories de produits seront alors permises au pays : le cannabis comestible, les extraits de cannabis et le cannabis à usage topique.

Québec considère que les mesures d'Ottawa pour encadrer ces nouvelles catégories de produits ne seront pas suffisantes pour permettre à la province d'atteindre ses objectifs en matière de santé et de sécurité publiques.

Le gouvernement provincial souhaite ainsi en faire davantage pour réduire la banalisation du cannabis, son attrait pour les jeunes, les risques d'intoxication involontaire et les risques pour la santé associés aux produits à concentration élevée en THC Tétrahydrocannabinol.

Parmi les autres mesures imposées par Québec, on note l'interdiction d'ajouter, dans les extraits de cannabis en vente, des additifs ou d'autres substances destinées à modifier l'odeur, la saveur ou la couleur du produit.

Par ailleurs, le gouvernement provincial limite par ailleurs à 30 % la concentration en THCTétrahydrocannabinol des produits de cannabis, à l'exception des produits de cannabis comestibles.

Une disposition encadrant l'augmentation du potentiel d'effets psychologiques intoxicants des produits de cannabis par l'ajout de composants, y compris du cannabinoïde, sera aussi ajoutée.

Le cannabis à usage topique ne sera pas autorisé à la vente au Québec pour le moment, note-t-on également.

L'exemple du Colorado

Commentant la décision de Québec, Jean-Sébastien Fallu, professeur agrégé à l’École de psychoéducation de l’Université de Montréal, a donné l’exemple du Colorado où il y a eu une mauvaise préparation de la vente des produits comestibles de cannabis.

Il a indiqué, dans une entrevue à l’émission 24/60, que dans cet État américain, il y avait, par exemple, des produits du cannabis sous forme d’animaux, d’humains ou de fruits qui ont été interdits par la suite. Les autorités ont exigé producteurs des emballages opaques que ne peuvent pas ouvrir les enfants.

L’idée de protéger les enfants est valable, on ne peut pas aller à l’encontre de ça, dit M. Fallu.

Mais en interdisant complètement, je ne suis pas certain qu’on va les protéger [les enfants]. Les gens peuvent s’en acheter par Internet ou s’en faire à la maison avec des taux de THC variable, explique le professeur.

M. Fallu a expliqué que le problème qui s’est posé au Colorado était le manque d’éducation sur le cannabis.

« Une approche paternaliste »

« Une approche paternaliste »
Le professeur Fallu qualifie l’approche du gouvernement Legault de paternaliste.

On prend les consommateurs comme étant des gens qui ne sont pas capables de comportement responsable. On oublie aussi que les consommateurs de cannabis ne sont pas tous des parents et ceux qui sont parents ne sont pas tous des parents irresponsables. On ne fait pas confiance aux citoyens et aux consommateurs.

Jean-Sébastien Fallu
En étant trop stricts, les personnes vont peut-être consommer des produits qui ne sont pas contrôlés et acheter ça n’importe où, affirme-t-il.

En étant trop stricts, on maintient les effets pervers de la prohibition : marché illégal. On continue à stigmatiser, pas de contrôle de qualité [en matière de dosage], avance le professeur.

Selon le professeur, le marché illégal est encore très lucratif et risque de se tourner vers les produits comestibles si le marché légal ne l’offre pas. Il ajoute que le marché légal ne représente que 20 à 30 % du marché total du cannabis.

Commentaires

Québec. Intoxication des 0 à 4 ans, 45% dû aux médicaments

A la place de: «Cannabis : les effets de la légalisation»
Il serait plus juste d'écrire:
«Cannabis : les effets pervers de la légalisation de la CAQ.»

Québec. Intoxication des 0 à 4 ans, 45% dû aux médicaments.
(45% aux produits domestiques)
Carmant un médecin plus inquiet pour l'ingestion accidentelle de cannabis
qui n'a aucune dose mortelle.
Contrairement aux médicaments, comme les opioïdes
antidépresseurs et compagnies, des fléaux, qui sont prescrits comme de l'eau
par ses confrères, et rendent accros, donnent des idées suicidaires
et causent des morts !

Tout ça pour satisfaire les hystériques du mouvement prohibitionniste
comme en 1923 lorsque le cannabis a été ajouté à la liste des drogues interdites
sans aucun motif et sans trop que l’on sache pourquoi, même maintenant.
Une erreur historique !

Près de 200 jeunes enfants au Québec
ont été victimes d’une intoxication à l’acétaminophène en moins de deux mois.

Alcool, Tabac, Médicament et LA drogue !?

Séparer volontairement les médicaments, l'alcool et le tabac
des "drogues" comme le font les médiocres,
policiers et policières, certains centre de désintoxication,
comme La Maison Jean Lapointe, c'est criminel.

C'est en faire l'apologie, la promotion
comme la SAQ et Éduc'alcool le font par acceptation culturelle seulement
ce qui fait que les méfaits incluant des morts ne comptent pas.
Pour l'alcool...

Il est temps de reconnaître que si le cannabis en soi ne représente que très
peu de danger pour les usagers et pour la société, certains usages présentent des
risques. C’est pourquoi une politique publique doit se concentrer sur la prévention
des usages à risque et l’aide et le traitement aux usagers excessifs.

«En étant trop stricts, on maintient les effets pervers de la prohibition : marché illégal.
On continue à stigmatiser, pas de contrôle de qualité [en matière de dosage], avance le professeur. M Jean-Sébastien Fallu.»

Pour le dosage, contrôle de dosage,
même avec la SQDC et la légalisation partielle paternaliste
il y a des marges d’erreur allant jusqu’à 10 % pour le taux deTHC
sur plusieurs produits.

egzoset@yahoo.com

Salutations,

> Tout ça pour satisfaire les hystériques du mouvement prohibitionniste comme en 1923 lorsque le cannabis a été ajouté à la liste des drogues interdites sans aucun motif et sans trop que l’on sache pourquoi, même maintenant.

Il faudrait d'abord expliquer le contexte pour ensuite mieux le comprendre, car pour moi en tout cas c'est loin d'être aussi mystérieux que les bigots prohibitionnistes aiment le laisser croire.

Il se trouve qu'avant la la piroutette d'Henri Sévérin Béland en 1923 s'était Québec qui avait autorité et ce en vertu de sa Loi de Pharmacie imprimée en 1890 en concordance avec l'Acte de L'amérique du Nord Britanique qui fonda notre confédération en 1867. Comme à l'époque le Canada était encore un "dominion" de l'Empire Britanique de Sa Majesté la Reine Victoria il a bien fallu que ladite loi fusse initialement approuvée par Londres et en totale conformité avec la confédération de 1867. Autrement dit, l'existance même ce cette loi confirmait jusqu'en 1923 qu'il s'agissait bel et bien d'une "COMPÉTENCE PROVINCIALE", et c'est précisément là que réside la cléf de cette supposée énigme: Un Libéral fédéraliste à Ottawa c'est permis de procéder au TRANSFERT UNILATÉRAL d'une compétence provinciale pourtant conforme à la constitution Canadienne de 1867, alors je ne trouve rien d'étonnant à ce qu'il ait préféré passer ça en douce par le bias d'un ajout discret à une annexe... 2 ans après un confrère Libéral ayant marié la fille du premier ministre Québécois fut récompensé pour sa "contribution" en étant nommé président à la Société des Nations, c'est-à-dire exactement la même année où comme par hasard le "Chanvre Indien"/"Cannabis sativa L." fut ajouté (encore une fois dans le plus grand déni de nos institutions démocratiques...) à la Convention sur l'Opium de 1925. Détail intéressant à ne pas négliger, la femme de Raoul Dandurand s'avère avoir possédé son propre journal quelques années, appelé jadis "le coin du feu". Or il s'agissait d'une publication engagée centrée alors sur un agenda activiste pro-féminin que partageait sans doute une autre femme bien en vue, puisque décorée de la croix de St-Jean de Jésuralem du temps du Roi Édouard: elle s'appelait Emily F. Murphy (aka Janey Canuck). Bref, à une époque où l'élite avait un accès privilégié aux moyens de communication de masse ces 2 femmes activistes n'auraient vraissemblablement pas pu s'éviter, surtout dans un si petit univers. Autrement dit, il serait grandement temps qu'un vrai journaliste aille visiter la bibliothèque de l'ONU afin de vérifier une rumeur à l'effet que le livre "The Black Candle" de Janey Canuck s'y serait retrouvé et cela en tant que référence... Sachant qu'elle valorisait des opinions "médicales" comme celle du docteur John Warnock, pratiquant dans un asile de toxicomanes au Caire en Égypte! Sans compter d'ailleurs ses vues eugéniques quelques 5 ans avant qu'Adolf Hitler en fasse un sport national.

Euh...

Bref, les fondements de la prohibition sont pourris à l'os, comme on dit par chez-nous et ça non plus ça ne doit pas passer pour un mystère. L'élite politique a simplement voulu étourdir un électorat vulnérable et peu scolarisé en tentant de captiver les masses populaires avec ce qui était alors un NON-PROBLÈME à toutes fins pratiques.

Quant aux enfants, bien du chemin a été parcouru depuis l'époque où des individus crapuleux droguaient femmes et enfants pour en faire des exclaves sexuels, à une époque où la concentration atteignait sûrement moins de 1 % en THC comme pour celui de Christiane Laberge @ SRC/Marina Orsini (Saison 2, Épisode 26).

En espérant que le transfert unilatéral d'une compétence jusque là provinciale n'ait plus tant l'air d'un mystère comme ça l'est chez les prohibitionnistes fédéralistes.

Bonne journée, au plaisir!

Saluons la commission Le Dain...

Bonne journée et au plaisir !

C'était un extrait de la commission Le Dain

http://mi.lapresse.ca/screens/c06fcc83-ff02-48ee-9ee4-2cd30b25f742__7C__...

Opinion
Saluons la commission Le Dain
La récente légalisation du cannabis est l’aboutissement de travaux menés il y a plus de 45 ans

André SiroisAvocat auprès de l’Organisation des Nations unies*
Dans l’euphorie marquant la légalisation du cannabis, il convient assurément de rappeler que c’est là l’aboutissement des travaux de l’une des meilleures commissions d’enquête que le Canada se soit jamais données : la Commission d’enquête sur l’usage des drogues à des fins non médicales (la commission Le Dain) et la mise en œuvre de recommandations que la commission a faites il y a déjà plus de 45 ans.

Après 55 mois de recherches et de travaux très poussés, la Commission avait constaté, en mai 1973, dans son rapport final de près de 1200 pages, que l’interdiction du cannabis n’avait aucun fondement médical, scientifique ou juridique. Selon elle, il fallait comparer les effets négatifs de l’interdiction à ceux que pourrait avoir la décriminalisation.

Si la consommation du cannabis pouvait avoir certains effets négatifs, notamment pour les adolescents, ces effets étaient sans commune mesure avec les nombreuses conséquences néfastes de la criminalisation injustifiée du cannabis : coûts administratifs, économiques et sociaux, dévalorisation de l’administration de la justice, surcharge des tribunaux ainsi que des services policiers et pénitentiaires, augmentation de la criminalité, perte de crédibilité des autorités civiles et policières, vies gâchées sans raison, etc.

Elle concluait que les peines pour la possession de cannabis étaient grossièrement excessives et elle recommandait la décriminalisation de la possession de cannabis et une réduction des peines reliées aux autres infractions concernant le cannabis. Une des commissaires, la criminaliste Marie-Andrée Bertrand, allait même jusqu’à recommander de légaliser le cannabis purement et simplement, dans une dissidence prophétique qui semble annoncer la nouvelle loi.

Fait sans précédent pour un tel projet, en plus de quatre ans, la Commission a parcouru plus de 80 000 kilomètres et tenu des audiences publiques dans 27 villes et 23 universités. Elle a entendu des dizaines de milliers de citoyens ordinaires et rencontré en privé ceux qui ne souhaitaient pas témoigner en public (notamment John Lennon, des membres des groupes Led Zeppelin et Grateful Dead, le poète Allen Ginsberg et d’autres personnages de la contre-culture). Elle a aussi reçu une quantité considérable de mémoires et de documents.

La Commission elle-même était composée d’environ 120 personnes, auxquelles il faut ajouter quelques centaines de chercheurs et groupes de chercheurs à contrat.

Elle a publié quatre rapports, dont un de 400 pages consacré au cannabis, lequel, fait sans précédent en ce domaine, est rapidement devenu un succès de librairie, ce qui a amené l’Éditeur officiel à le rééditer à plusieurs reprises et finalement à vendre les droits étrangers à Penguin Books, qui l’a publié en plusieurs langues dans divers pays, confirmant l’autorité des travaux de la Commission à travers le monde.

Une erreur historique

La Commission a rappelé aussi, fait curieux, que le Canada avait commencé à interdire les drogues, en 1908, non pas pour lutter contre les problèmes qu’on aurait accusé celles-ci de causer, mais plutôt pour satisfaire les hystériques du mouvement prohibitionniste et surtout pour se doter d’un outil pour lutter contre l’immigration chinoise et japonaise sur la côte Ouest. Le cannabis a été ajouté à cette liste en 1923, sans aucun motif et sans trop que l’on sache pourquoi, même maintenant.

La libéralisation du cannabis corrige donc une erreur qui n’aura duré que trop longtemps. On doit regretter qu’il ait fallu au gouvernement canadien 45 ans pour le faire et que, pendant ce temps, selon certains, la police canadienne ait traité plus de deux millions d’infractions relatives à la marijuana et que les juges aient distribué des condamnations que l’on savait être injustifiées, inutiles et injustes.

La légalisation du cannabis est une heureuse mesure qui clôt un épisode fort peu glorieux de l’histoire de la justice canadienne.

* L’auteur a été chargé de programmes de recherches à la commission Le Dain et ex-directeur du Programme d’information sur l’usage non médical des drogues du ministère de la Santé du Canada

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