Plante « extrêmement déçue » par l'approche du gouvernement Legault sur le cannabis

Plante « extrêmement déçue » par l'approche du gouvernement Legault sur le cannabis
Publié le mercredi 5 décembre 2018 à 14 h 23

Valérie Plante ne cache pas être « extrêmement déçue » du projet de loi resserrant l'encadrement du cannabis que le gouvernement Legault a déposé mercredi matin à l'Assemblée nationale.

Un texte de François Messier

Selon la mairesse de Montréal, Québec va « à l'encontre du principe de l'autonomie des villes », que défend notamment l'Union des municipalités du Québec.

Elle s'est particulièrement insurgée contre l'idée d'interdire la consommation de cannabis partout dans l'espace public, une approche beaucoup plus restrictive que celle préconisée par le gouvernement Couillard.

On devrait vraiment respecter les villes. 60 % des Montréalais sont des locataires. Finalement, le message que les gens doivent comprendre, c’est "le cannabis est légal, vous ne pouvez pas fumer chez vous, et vous ne pouvez pas fumer dans les lieux publics".Valérie Plante, mairesse de Montréal

L'administration Plante avait plutôt décidé d'interdire la consommation de cannabis dans les lieux où la consommation du tabac est déjà proscrite, et dans certains autres endroits, comme les abribus et les terrains des cégeps et des universités.

De leur côté, les arrondissements de Saint-Laurent, de Saint-Léonard et de Pierrefonds-Roxboro ont déjà interdit la consommation de cannabis dans leurs parcs et lieux publics. Ceux de Montréal-Nord et de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles ont entrepris des démarches pour le faire. Ces cinq arrondissements sont dirigés par le parti d'opposition Ensemble Montréal.

Selon la mairesse Plante, Montréal avait « fait ses devoirs » en consultant des experts, le Service de police de la Ville de Montréal et la Direction de la santé publique, avant d'adopter une « position réfléchie » visant à gérer la légalisation du cannabis « le mieux possible ».

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Quel message pour les policiers et les jeunes?
La mairesse Plante dit par ailleurs être préoccupée du message que le projet de loi du gouvernement caquiste envoie aux policiers de Montréal.

« Moi, mes policiers, je veux qu’ils soient en train de régler des crimes, d’être sur le terrain pour régler des solutions pour gérer la circulation, éviter des accidents. Je vois mal comment mes policiers peuvent se retrouver maintenant à regarder ce qu’une personne fume dans sa pipe, au coin de la rue. »

Je n’ai pas les ressources nécessaires. Je veux que mes policiers, policières soient sur le terrain, à faire le travail qui est le plus important. Et ce n’est sûrement pas d’aller vérifier ce que la personne fume au coin de la rue.Valérie Plante, mairesse de Montréal

La mairesse croit aussi que rehausser l'âge légal pour acheter et posséder du cannabis est « problématique », car les consommateurs de 18 à 20 ans risquent de s'approvisionner auprès du crime organisé. Les produits qu'ils consommeront ne seront donc pas contrôlés, comme c'est le cas à la Société québécoise du cannabis (SQDC).

Depuis que le cannabis a été légalisé, dans la foulée d'une décision du gouvernement Trudeau, la mairesse dit que la Ville n'a « pas constaté de problèmes majeurs » sur son territoire.

Elle dit maintenant espérer que son administration pourrait être entendue dans le cadre des consultations restreintes que le gouvernement caquiste entend mener avant de faire adopter son projet de loi.

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