Le baclofène est dangereux à forte dose et sa prise est souvent arrêtée de façon prématurée, comme d'ailleurs celle de tous les autres traitements destinés à lutter contre la dépendance l'alcoolique.

Zappiste: Une des pseudo raisons qui fait que les médecins sont contre la légalisation du cannabis est parce qu'il n'y a pas de produits chimiques pharmaceutiques pour traiter l'addiction.

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Dépendance alcoolique : gare au baclofène à forte dose !
À la suite des résultats d'une étude menée entre 2009 et 2015, l'Agence du médicament devrait rapidement revoir les modalités de prescription de ce médicament.

Par Anne Jeanblanc

Publié le 04/07/2017 à 11:28 | Le Point.fr

Le baclofène est dangereux à forte dose et sa prise est souvent arrêtée de façon prématurée, comme d'ailleurs celle de tous les autres traitements destinés à lutter contre la dépendance l'alcoolique. Ce sont les principales conclusions d'une étude* concernant ce médicament – largement médiatisé – publiées lundi 3 juillet par la Caisse nationale de l'assurance maladie des travailleurs salariés et l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Menée en collaboration avec l'Institut national de la santé et de la recherche médicale, elle porte sur des patients de plus de 18 ans ayant débuté un traitement de baclofène entre le 1er janvier 2009 et le 31 décembre 2015.

Ce travail, réalisé « en vie réelle », devait permettre de mieux connaître les usages du baclofène, le suivi du traitement et sa sécurité, notamment à fortes doses, ainsi que de le comparer aux autres traitements de la dépendance à l'alcool. Cette étude met en évidence une utilisation importante de cette molécule en dehors du cadre de son autorisation de mise sur le marché (relaxant musculaire pour les malades souffrant d'affections neurologiques), surtout dans le traitement de la maladie alcoolique, qui ne bénéficie que d'une recommandation temporaire d'utilisation. C'était le cas des deux tiers des patients ayant débuté ce traitement pendant la période considérée, soit 213 000 personnes.

Trois fois plus de doses élevées

Premier constat : comme c'est le cas avec les autres médicaments indiqués dans la dépendance à l'alcool, plus de quatre patients sur cinq débutant un traitement avec le baclofène l'arrêtent définitivement au cours des six premiers mois d'utilisation. D'autre part, l'étude met en évidence des usages hors AMM (autorisation de mise sur le marché) et hors RTU (recommandation temporaire d'utilisation), « vraisemblablement dans le traitement de la démence et des douleurs rhumatologiques ». C'est la conclusion des auteurs de l'étude, qui ont découvert que 11 500 personnes âgées de plus de 80 ans ont reçu du baclofène pendant ces sept années et que pour 3 000 patients le traitement a été initié par un rhumatologue.

Concernant les posologies, elles sont le plus souvent inférieures à 75 mg/jour, mais le pourcentage de malades recevant des doses élevées est passé de 3 à 9 entre 2013 et 2015. Un peu plus de 1 % des patients ont pris plus de 180 mg/jour. Et c'est bien là le problème : à moins de 75 mg, le risque d'hospitalisation augmente peu par rapport aux autres traitements. Pour des doses allant de 75 à 180 mg, il croît de 15 % et celui de décès est multiplié par 1,5. Au-delà de 180 mg/jour, la fréquence des hospitalisations augmente de 46 % et le risque de mort est multiplié par 2,27. Même si l'analyse porte sur des effectifs limités, ces chiffres ont de quoi inquiéter. D'autant plus que le risque d'intoxication, d'épilepsie et de mort inexpliquée (selon le certificat de décès) s'accroît avec la dose reçue.

Toutes ces données amènent l'ANSM « à engager dès à présent une révision de la RTU du baclofène dans l'alcoolodépendance, notamment en ce qui concerne les doses administrées », concluent les auteurs. Ils ajoutent que les résultats de cette étude seront pris en compte dans le cadre du dossier de demande d'autorisation de mise sur le marché du baclofène dans le cadre du traitement de l'alcoolodépendance, en cours d'évaluation.

* Étude conduite à partir des bases de données du Système national d'information inter-régimes de l'Assurance maladie et du programme de médicalisation des systèmes d'information, reliées à celle du Centre d'épidémiologie sur les causes médicales de décès.

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