Toxicomane: Une image déplorable, considéré avec mépris et crainte, souvent laissé pour compte...

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Drogue : Idées fausses sur la défonce ?

Le « toxicomane » souffre, dans le grand public et parfois aussi dans le milieu médical, d’une image déplorable. Considéré avec mépris et crainte, il est souvent laissé pour compte et parfois confronté au refus de prise en charge, même par certains professionnels de santé.

Cette image est d’autant plus difficile à combattre que ces personnes peuvent parfois présenter des comportements asociaux, voire délictueux.

Ces troubles sont d’autant plus mal ressentis, qu’ils touchent fréquemment des jeunes, en opposition avec les règles sociales des adultes.

De ce fait, les réponses de la société ont oscillé entre une attitude répressive et une autre plus éducative, avec des résultats souvent irréguliers.

Cependant certains professionnels, sur des arguments cliniques et biologiques, portaient sur ce phénomène un regard différend.

Des recherches et des publications récentes, entamées en particulier par une équipe bordelaise, confirment le bien fondé d’un regard plus médical et moins répressif sur le phénomène.

Tout d’abord de quoi parle-on ?

Classiquement on entend par toxicomane, toute personne présentant une dépendance physique et psychologique à une ou plusieurs substances toxiques, sans justification thérapeutique.

Plus précisément l’OMS retient comme caractéristiques de la toxicomanie :

Une envie irrépressible de consommer un produit, ce qui caractérise l’addiction.

La nécessité d’augmenter les doses du produit, pour obtenir des effets similaires, ce qui correspond à la tolérance.

Enfin, évidemment, la dépendance psychologique et parfois physique aux produits utilisés.

Pendant de nombreuses années, la prescription de médicaments, pour soulager les « drogués », a été très critiquée, car suspectée de péréniser la toxicomanie.

Il a fallu qu’apparaisse l’épidémie de SIDA, pour que la prescription d’un traitement médicamenteux dit, de subtitution, soit enfin tolérée et même recommandée.

L’évolution des idées thérapeutiques ne visait pas tant à aider le toxicomane, qu’à combattre la transmission du VIH et des virus des hépatites B et C, par voie injectable.

De même la légalisation de l’usage et la mise à disposition de seringues à usage unique, pour les individus « injecteurs », faisait partie des moyens recommandés pour freiner l’épidémie, au même titre même que l’usage généralisé des préservatifs dans les rapports sexuels.

Ces mesures s’accompagnaient implicitement d’une stigmatisation des personnes étiquetées, comme membres d’un « groupe », qu’ils soient toxicomanes ou homosexuels, jugé responsables de l’épidémie.

De telles idées sont non seulement nauséabondes, mais dangereuses d’un point de vue conceptuel.

En effet, elles rassurent ceux qui n’appartiennent pas à ces groupes et se croient de ce fait à l’abri de tout risque de contamination.

Or le danger ne résulte pas de l’appartenance à groupe social « déviant », mais d’une pratique individuelle à risque.

De plus, les conséquences infectieuses spectaculaires à cause de l’usage de drogues injectables, en particulier l’héroïne, avait fait oublier quelque peu l’existence d’autres addictions.

Or ces dernières sont nombreuses.

Elles font appel à des produits d’usage illicite comme la cocaïne, l’ecstasy, le cannabis, etc. Mais aussi à l’usage de produits licites, bien que parfaitement addictogènes comme le tabac, l’alcool et un certain nombre de médicaments, tranquilisants par exemple.

Quoi qu’il en soit, la toxicomanie était généralement considérée comme un vice et non comme une maladie réelle.

Des arguments cliniques et épidémiologiques avait cependant convaincu un certain nombre de professionnels que la toxicomanie ne relevait pas uniquement d’une approche psycho sociale mais aussi médicale.

A une époque ou la toxicomanie était très généralement considérée comme un délit conduisant à la prison ou à des troubles psychiatriques majeurs, nous avions été amenés à relativiser quelque peu ces certitudes.

Par exemple, il y a une vingtaine d’années, chez les patients pris en charge par l’association « trait d’Union », nous avions pu constater que, près de 50% de nos patients, avant de consommer des drogues avaient présenté à un moment ou un autre des troubles psychiatriques, en particulier anxio-dépressifs et avaient éte traités par des médicaments antidépresseurs ou anxiolytiques.

On pouvait aussi constater que près de la moitié des patients ayant fait l’objet d’incarcération, l’avait été pour des raisons indépendantes de l’usage de drogues et n’avaient commencé leur consommation régulière qu’après un séjour en prison.

Ces faits nous laissaient supposer que le primum movens de la toxicomanie, ne relevait pas uniquement d’une attitude sociale déviante mais pouvait être l’expression d’une fragilité sous jacente.

Des études récentes, ( Dr Pier-Vincenzo Piazza, : Inserm, Université Bordeaux 2) vont dans ce sens, en identifiant deux phénotypes spécifiques de vulnérabilité à la toxicomanie.

L’un d’eux a été identifié dès 1889, chez l’animal.

Il a démontré que certains individus, ayant un système dopaminergique hypertrophique, sont plus exposés à une consommation régulière de drogues.

Un second phénotype a été identifié en 2011.

Ces patients souffrent d’une perte de la plasticité synaptique.

L’incapacité à inhiber des connexions synaptiques d’un circuit neuronal spécifique, via des récepteurs au glutamate de type NMDA rend les personnes incapables d’arrêter ou de contrôler la consommation de drogues.

La vie du patient s’organise alors entièrement autour de son addiction, entraînant des problèmes familiaux, professionnels et souvent une marginalisation.

Si l’on ajoute à cela que l’hyperéactivité dopaminergique est une conséquence du stress chronique, il devient évident que :

« Les toxicomanes ont une vraie pathologie du cerveau liée à une vulnérabilité biologique… »

Ces données devraient amener à une relecture de la pathologie du toxicomane.

Une meilleure compréhension des mécanismes en jeu, devrait nous permettre de mieux dépister les personnes vulnérables, d’améliorer la prévention ainsi que la prise en charge.

C’est à cet exercice que nous tenterons de nous livrer, très modestement.

JMH

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Zappiste: Heureusement qu'il y a des personnes de compassion qui n'utilisent pas des termes méprisants sensationnalistes comme drogués mais seulement pour des produits illicites !

Voici un exemple de respect de compassion et d'actions positives:

Unis pour lutter contre la dépendance.

Les addictions aux produits et substances psychoactifs (alcool, cannabis, héroïne, cocaïne, ecstasy, amphétamines et autres drogues et produits dopants), mais aussi les addictions sans produits (jeux compulsifs, internet.).

Félicitations !

J'avais laissé un message de félicitations mais il n'a pas été publié.

http://www.lyonne.fr/editions_locales/region/unis_pour_lutter_contre_la_...

vendredi 20 janvier 2012 - 06:04

Unis pour lutter contre la dépendance

Créé en 2009, le Centre de soins d'accompagnement et de prévention en addictologie de Guéret est un centre de soins, adossé à La Valette. Mais pas seulement.

Julien Bigay

julien.bigay@centrefrance.com

Ce pavillon anonyme de l'avenue du Berry à Guéret se fait oublier dans ce paysage de maisons et de commerces. Une petite plaque, que l'on découvre en s'approchant, annonce des consultations cannabis. Une des nombreuses facettes du CSAPA, Centre de soins d'accompagnement et de prévention en addictologie.

Un service public anonyme et gratuit

« Nous existons depuis 2 ans et le décret créant les CSAPA, en ayant développé ce qui était auparavant le centre d'alcoologie creusois », explique Jean-Pierre Faure, ancien infirmier en toxicologie et aujourd'hui cadre de santé à la tête de cette structure rattaché au centre hospitalier La Valette de Saint-Vaury. « Depuis cette date, nous couvrons toutes les addictions ». Soit les addictions aux produits et substances psychoactifs (alcool, cannabis, héroïne, cocaïne, ecstasy, amphétamines et autres drogues et produits dopants), mais aussi les addictions sans produits (jeux compulsifs, internet.).

Au rang des missions obligatoires d'un CSAPA figurent l'accueil et l'information des personnes, l'évaluation de leur situation et leur prise en charge, et au besoin l'orientation vers d'autres structures hospitalières, comme par exemple le CMN Sainte-Feyre pour la tabacologie

Mais l'équipe creusoise, riche de différents profils (voir ci-contre), va plus loin : elle oeuvre à la prévention des risques, procède à des actes de vaccination sur des patients et, surtout, a créé un centre méthadone. Un service de soins jusqu'ici absent du département et très précisément encadré. « Nous distribuons de la méthadone et du subutex, produits de substitution pour les patients dépendants aux opiacées, sous contrôle médical ».

Des traitements à la méthadone

Chaque patient bénéficie à sa prise en charge d'un bilan social et psychologique avant d'entrer dans un programme prévoyant la délivrance journalière de méthadone avec un suivi médical et infirmier. « Dans un premier temps, les patients viennent prendre leur traitement ici, avant de pouvoir venir le chercher plus librement », précise Jean-Pierre Faure.

Même si, en Creuse, les patients sont peu nombreux (quelques dizaines), cette prise en charge médicale complète est un réel plus pour des personnes fragiles s'exposant à des risques élevés. Jean-Pierre Faure, qui affiche une longue expérience d'infirmier en toxicologie, témoigne ainsi que « depuis l'arrivée du subutex, le nombre d'overdoses à considérablement diminué en France ».

Cette vision globale des difficultés que rencontrent les personnes souffrant d'addiction(s) médicales, professionnelles, financières, familiales est aussi à l'oeuvre dans l'activité principale du CSAPA, l'aide aux personnes alcoolodépendantes. On parle plus là de dizaines mais de centaines de patients suivis : une moyenne de 600 nouveaux chaque année dans le département.

Une aide médicale mais aussi sociale

Médecins, psychologues, infirmiers, assistante sociale et éducateur spécialisé sont mobilisés pour écouter le malade, mais aussi ses proches, notamment lors d'entretiens confidentiels ou de groupes de paroles (voir ci-dessus), pour « dénouer les rouages de cette maladie pathogène pour toute la famille ».

À l'isolement et aux habitudes de consommation d'alcool en milieu rural s'ajoutent de nouvelles tendances risquant d'amplifier le nombre de malades, comme le binge drinking : des adolescents parfois très jeunes consommant sur un temps très court de grandes quantités d'alcools souvent forts pour rechercher une ivresse rapide. Ce phénomène est observé en Creuse (comme la consommation précoce d'autres drogues), même s'il reste très limité et que la plus grande partie des alcoolodépendants suivis par le CSAPA sont dans la tranche d'âge 40-49 ans ou 30-39 ans.

Des patients qui ne sont pas que des hommes, pour déchirer une autre image d'Épinal. Avec d'autres implications. Le CSAPA travaille ainsi actuellement avec le centre hospitalier de Guéret pour prendre en charge des femmes enceintes souffrant d'addictions.

Déménagement. Le CSAPA va être transféré au mois de mars dans de nouveaux locaux, au 17 avenue Mendès-France à Guéret.

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