Algérie - Drogues: Les dangers d’une prohibition

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Algérie. Vente d’alcool : Les dangers d’une prohibition

Poste par faycal juin 18th, 2009 categorie Actu du jour.

Les mesures prohibitives arrêtées par les pouvoirs publics portant sur les horaires de fermeture des bars et boites de nuit, fixés à 22 heures, pendant la saison estivale, et 20 heures à partir d’octobre prochain, ont suscité l’exaspération des cabaretiers et taverniers.

A fortiori, la prohibition est l’expression la plus connue du conservatisme et des moralisateurs. «Fermer un cabaret à 20 ou 22 heures est synonyme d’interdiction brutale. On est bel et bien entré dans une ère de prohibition avec tous les dangers qui vont en découler», fait remarquer une source auprès de l’Association des commerçants et des investisseurs de la Corniche oranaise (ACICO). Cet arrêté a divisé la population de la corniche entre «secs» et «mouillés».

Du fait même de la mise hors la loi du commerce des débits de boissons, au-delà de 20 heures, en instaurant cet arrêté, celui-ci va se trouver automatiquement pris en main par les organisations criminelles. D’après les gérants de bars et de boites de nuit, «l’arrêté constitue une intervention étatique dans la sphère économique qui va sûrement se révéler désastreuse. D’abord, elle n’interdit pas la consommation d’alcool, ce qui relève d’une incroyable bêtise: d’après l’arrêté, il est possible de consommer une boisson… mais pas dans des lieux appropriés, les bars, entre autres!». Il faut rappeler que dans la cohorte des walis de Boumerdes, Alger et Annaba, la wilaya d’Oran a signé un arrêté préconisant la fermeture de tous les débits de boissons alcoolisées à 22 heures, dès le 1er juin et à 20 heures à partir du mois d’octobre.

Les tenanciers des bars et cabarets de la Corniche oranaise ont crié au «scandale». En fait, ils dénoncent une moralisation de la société mise en sourdine. Depuis 2008, ce sont une vingtaine de débits de boissons qui ont été fermées à Oran. Dans le milieu des boites on parle du gel de cet arrêté qui reste aussi «absurde qu’intempestif ».

Enfin, et surtout, l’arrêté prétend décréter qu’une réalité ne doit plus exister. Or, ce n’est pas parce l’on proclame qu’une chose n’existe pas qu’elle cesse d’exister. En l’occurrence, cette chose, c’est le marché de l’alcool qui devait être géré d’une façon rationnelle. Selon un gérant de cabaret, «la soirée à la Corniche commence à partir de minuit et au-delà. On ne peut pas à travers ces mesures prohibitives changer les habitudes des Algériens ». Et d’ajouter: «cette prohibition peut générer un commerce informel de l’alcool qui sera géré par la pègre qui va sûrement se renforcer». «L’offre et la demande, après cette décision, vont désormais interagir dans la clandestinité. C’est un marché noir qui émerge. Avec toutes les conséquences néfastes qu’il implique», avertit-il.

Pousser à la clandestinité Aux Etats-Unis, dans les années 20, c’est l’ensemble du commerce de l’alcool qui était interdit à toute la population. Les conséquences funestes qui en ont découlé sont connues. La pègre s’est vite appropriée le commerce de l’alcool et des fortunes colossales ont été amassées. La conséquence économique réside dans l’augmentation très forte des prix.

En effet, en raison de l’interdiction du commerce d’alcool, l’offre se réduit. Le nombre de personnes prêtes à se risquer à exercer des actes délictueux n’est pas élevé, en effet. Or, la demande, elle, reste la même. La réaction sur le marché est donc logique: la demande étant supérieure à l’offre, les prix évoluent à la hausse, relève-t-on des prévisions des concernés. Les consommateurs craignent, de leur côté, la mise sur le marché des produits de remplacement, souvent frelatés, voire dangereux pour la santé. Quant à la conséquence la plus spectaculaire, elle réside dans une augmentation de la criminalité, et surtout du nombre de crimes de sang. L’expérience américaine est exemplaire à cet égard. Avec les profits colossaux que l’illégalité engendre, entre le formel pénalisé et informel agissant dans le noir, les bandits peuvent soudoyer tout le monde.

Dans tous les cas de figure, l’intervention de l’État américain sur les mécanismes du marché de l’alcool aura aussi entraîné la production d’alcools de mauvaise qualité, une augmentation des prix et celle de la corruption. Un État de droit est la composante essentielle d’un marché légal. Les gérants de cabarets de la Corniche déclarent vouloir se conformer à des lois exhaustives qui délimitent clairement leur activité mais contestent, formellement, le fondement de cet arrêté.

Benachour M.

D’après Le Financier

Voir plus bas:

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Consommation d’alcool : Le débat s’enflamme au Maghreb

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Algérie - Drogues: près de 300.000 consommateurs (ONG)

04 Janvier 2012 - 12:34

Près de 300.000 personnes consomment de la drogue en Algérie, essentiellement du cannabis et des psychotropes, a-t-on appris mercredi auprès de la Fondation nationale pour la promotion de la santé et le développement de la recherche (Forem), une ONG algérienne.

"L'Algérie compte actuellement entre 250.000 et 300.000 consommateurs réguliers, dont 40 à 50% d'utilisateurs de cannabis et 40% de psychotropes", a déclaré à l'AFP le président de la Forem, Mustapha Khiati.

La Forem n'est pas en mesure de quantifier l'usage des drogues par les consommateurs "occasionnels", a-t-il ajouté.

M. Khiati s'exprimait à l'occasion du lancement mercredi d'une campagne nationale de lutte contre la drogue.

"La consommation de la drogue qui touchait jadis une catégorie déterminée, est devenue aujourd'hui un phénomène affectant toutes les catégories de la société", a-t-il noté.

L'Algérie dispose d'un organisme, l'Office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie, chargé d'appliquer le plan directeur de prévention et de lutte contre ces fléaux, impliquant 14 ministères, la police et la gendarmerie.

La Forem a fait appel à des célébrités nationales comme l'ancien commentateur sportif vedette de la télévision algérienne Hafidh Derradji, qui a rejoint en 2008 la chaîne qatarie Al-Jazira Sport, où encore l'ex-championne d'Afrique de Judo Salima Souakri pour mener cette campagne de sensibilisation notamment auprès des jeunes, catégorie la plus touchée.

L'Algérie, pays de transit de drogue destinée à l'Europe et au Moyen-Orient, est devenue ces dernières années consommatrice.

Lors de la dernière réunion ministérielle du G8 sur le trafic de drogue en mai 2011 à Paris, le ministre algérien de l'Interieur Daho Ould Kabia avait fait état de la saisie annuelle en Algérie de 64 tonnes de cannabis.

© AFP

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Consommation d’alcool : Le débat s’enflamme au Maghreb

Pas une année ne passe sans qu’une mesure restrictive ne vienne limiter la commercialisation de l’alcool, ou qu’une polémique n’éclate au sujet de sa consommation au Maghreb.

La dernière en date concerne l’interdiction faite au Maroc de vendre de l’alcool aux Marocains musulmans.

Le sujet revient de façon régulière sur la scène médiatique et politique. L’alcool, cet obscur objet du désir, ne cesse de tirailler la conscience maghrébine (particulièrement au Maroc et en Algérie).

Et il ne se passe pas une saison sans qu’une mesure restrictive vienne limiter sa commercialisation, ou qu’une polémique n’éclate au sujet de sa consommation. La dernière en date concerne l’interdiction au Maroc de vendre des spiritueux aux Marocains musulmans. Cette loi, un dahir (texte juridique émanant du roi) de juillet 1967 interdisant de vendre ou d’offrir des boissons alcoolisées aux Marocains musulmans, est quotidiennement bravée.

Mais la publication par une association, Bayt Al-Hikma (la maison de la sagesse), le 8 décembre, d’un communiqué appelant à mettre fin à l’interdiction de la consommation et l’achat d’alcool par les Marocains a mis le feu aux poudres. ‘La loi selon laquelle l’alcool ne peut être vendu qu’aux étrangers est contraire à la Constitution’, plaidait le communiqué.

La présidente de Bayt Al-Hikma, Khadija Rouissi, membre du Parti authenticité et modernité (Pam) a déclaré mardi que cette loi ‘doit être abrogée parce que la question relève de la liberté individuelle’.

Ahmed Raissouni, un religieux proche du Parti justice et développement (Pjd/opposition islamiste), ne l’entend pas de cette oreille. S’appuyant sur une interprétation du Coran, il avait publié, en décembre 2009, une fatwa exhortant les Marocains à boycotter tous les supermarchés qui commercialisent l’alcool.

En mai dernier, une partie de la population de Salé (la ville-jumelle de Rabat), emmenée par des militants du Pjd, avait tenu un sit-in devant un nouveau centre commercial pour protester contre la vente de spiritueux.

Paradoxalement, au Marocain, entre 300 000 et 400 000 hectolitres de vin sont aujourd’hui produits, et la plus grande majorité (environ 85 %) est consommée localement.

L’Algérie, pays voisin, a connu des vagues successives de fermeture de bars et autres établissements servant des boissons alcoolisées. Et en juin dernier, les autorités ont pris des mesures visant à faire fermer les bars et boîtes de nuit à 22 h en saison estivale et à 20 h à partir du mois d’octobre.

Un sondage réalisé sur l’échelle nationale, au début de la fermeture des bars, et publié par El-Watan a démontré que cette prohibition était loin de dissuader les consommateurs. A la question : ‘Quand il n’y a plus de bars dans votre wilaya (département), que faites-vous ?’, 59 % des sondés ont répondu : ‘Je bois chez moi’, 11 % ont opté pour des bars clandestins, 20 % ont dit qu’ils étaient prêts à aller boire dans d’autres départements et seulement 1 % ont déclaré qu’ils arrêteraient de boire.

‘On est bel et bien entré dans une ère de prohibition avec tous les dangers qui vont en découler’, a regretté l’Association des commerçants et des investisseurs de la Corniche oranaise (Acico), à l’Ouest du pays. Les gérants des bars et boîtes de nuit en Algérie ont la crainte que cette prohibition ne génère un commerce informel qui sera géré par la pègre.

Djamel BELAYACHI (Afrik.com)

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