Tout porte à croire que les 85 % qui traversent une adolescence normale deviendront des adultes responsables. Différents, mais

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http://www.sudouest.fr/2011/11/09/le-monde-change-les-adolescents-aussi-...

« Le monde change, les adolescents aussi »
Ce soir, à 19 heures, à Ciboure, le docteur Xavier Pommereau donnera une conférence intitulée « Nos ados. com ». Une occasion d'apprendre à mieux les comprendre.

C'est dans le cadre de la Semaine sur la parentalité que le Xavier Pommereau, psychiatre, et chef du pôle aquitain de l'adolescence au CHU de Bordeaux, interviendra à Ciboure (lire ci-dessous). Pour « Sud Ouest », il donne un avant-goût des propos qu'il tiendra ce soir.

« Sud Ouest ». Pourquoi le titre « Nos ados. com » et pas « Nos ados » tout court ?

Xavier Pommereau. Ce titre rappelle celui de mon dernier livre « Nos ados. com en images » publié chez Odile Jacob. Il exprime une idée selon laquelle nos ados s'incarnent en look, mais aussi en images. En images d'eux-mêmes, notamment sur des sites comme Facebook, et en images qu'ils consomment. Ils se disent plus en images qu'avec des mots.

Ce qui complique la communication avec les adultes ?

Bien sûr ! Les adultes ont du mal à communiquer avec les ados s'ils n'utilisent qu'un langage parlé. Nous ne sommes pas des adultes. com. Un exemple : un parent demande à son enfant adolescent : « Qu'est-ce qui ne va pas ? ». Ils seront nombreux à ne pas savoir pas répondre à cette question avec des mots.

Ils n'exprimeront donc pas leur mal-être ?

Si, mais par l'image. Les adolescents qui vont mal font le grand écart jusqu'à la rupture. Un exemple parmi d'autres, ils ne vont pas avoir un piercing, mais auront le visage clouté. Or, ce genre de comportement veut dire quelque chose. C'est de cela dont je vais parler ce soir. Sans interprétation abusive, je vais donner des clés pour comprendre le langage des ados.

Vous parlez d'adolescents « qui vont mal ». Mais n'est-ce pas là le propre de cette tranche d'âge ?

Par « qui vont mal », je parle des 15 % de jeunes qui multiplient les conduites à risque. Même s'ils ne disent pas qu'ils vont mal, leur comportement le prouve. Ce sont des métaphoristes qui s'ignorent : ils montrent, au sens propre, des choses qui peuvent se comprendre au sens figuré. Notamment quand ils se « déchirent », comme ils disent, lors d'une soirée très alcoolisée.

Les ados en 2011 sont si différents de ceux du début du XXe siècle ?

Oui, ils sont différents à trois titres. D'abord, ils sont plus précoces qu'avant. Il y a un siècle, les filles étaient réglées à 14 ans en moyenne ; aujourd'hui, c'est à 12 ans. Les garçons sont plus grands qu'il y a 100 ans. On constate donc des différences physiologiques, dues en partie à des évolutions alimentaires.

Ensuite, ils sont très au courant, informés de tout, ils veulent être adolescents avant l'heure.

Enfin, on élève de plus en plus les filles comme les garçons. De ce fait, beaucoup de filles adoptent des conduites à risque qu'on ne voyait autrefois que chez les garçons. Mais ça ne signifie pas que nos ados sont moins bien que ceux du début du XXe siècle, ils sont juste différents. Le monde change, les ados aussi.

Les conduites à risque sont propres aux milieux défavorisés ?

Non, il n'y a aucune différence de ce point de vue entre les milieux sociaux. Par exemple, le cannabis est très répandu. Et quand j'entends des Ruquier ou des Ardisson qui rigolent du cannabis, qui disent que ce n'est rien, je suis assez agacé. Les ados qui vont mal et qui en fument de manière chronique, s'enfoncent encore un peu plus. Ils perdent intérêts et motivations.

Plus grave, ils se trouvent entraînés dans un circuit de délinquance. J'ai des patients qui consomment entre 50 et 100 euros de cannabis par semaine. Ils n'ont pas de revenu licite, donc ils volent, vendent des bijoux ou des vêtements appartenant à leurs parents.

Ces ados. com deviendront-ils des adultes comme il existe aujourd'hui ?

Non, ils seront différents. Sans que je ne sache d'ailleurs dire en quoi. Mais tout porte à croire que les 85 % qui traversent une adolescence normale deviendront des adultes responsables. Différents, mais responsables.

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Zappiste: L'alcool est une DROGUE MORTELLE LICITE beaucoup plus consommé par des jeunes que le cannabis.

L'intoxication alcoolique aiguë est dangereuse. Encore plus si elle est provoquée très rapidement ; et si elle se répète fréquemment. Elle cumule les risques immédiats de l'ivresse (violences verbales et physiques, accidents, désinhibitions diverses…) et les troubles résiduels (mémoire, apprentissage, démotivation, lésions neuronales, risque de dépendance…). Sans parler du coma.

C'est la prohibition basée sur "une" morale de croisé qui fait d'un simple consommateur et autoproducteur un criminel, l'entrainant dans un circuit de délinquance. Et basée aussi sur les mots licite et illicite qui ne tiennent pas compte du nombre de morts annuels causé par ces produits, ni des recherches scientifiques sérieuses non biaisées.

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