Foutez la paix à Rappaz !

Forums: 

http://pascaldecaillet.blog.tdg.ch/archive/2011/05/09/foutez-la-paix-a-r...

09.05.2011
Foutez la paix à Rappaz !

Sur le vif - Lundi 09.05.11 - 16.10h

Je n’ai aucune sympathie pour la production industrielle de chanvre, ni pour le foin qu’a fait Bernard Rappaz, récemment, avec sa grève de la faim. Mais le nouveau procès qu’on lui intente, devant le Tribunal de district de Martigny, est le procès de trop. Cet homme purge déjà une peine de 5 ans et 8 mois de prison, ce qui est hallucinant par rapport à ce qu’il a commis, une peine à laquelle bien des criminels de sang échappent, ne parlons pas des grands escrocs bancaires. Cette sentence a été confirmée, nous sommes dans un Etat de droit, il doit donc la purger, c’est entendu, mais les 28 mois supplémentaires requis par le procureur de Martigny, c’est purement et simplement du délire. Il y a un moment où il faut commencer à parler d’acharnement judiciaire.

La grève de la faim, oui, était une tentative de camouflet à l’Etat de droit. Oui, Bernard Rappaz doit accomplir sa peine. Il a maintenant tout perdu, il est ruiné, sa ferme a été vendue aux enchères. Alors, de grâce, qu’on lui foute la paix. Ces 28 mois supplémentaires, réclamés par le procureur, sont la goutte d’eau qui fait déborder le vase. La justice valaisanne a mieux à faire que de s’acharner sur un homme.

Pascal Décaillet

------------------------------

http://www.romandie.com/news/n/Proces_Rappaz_le_procureur_de_Martigny_ve...

Procès Rappaz: le procureur de Martigny veut une peine plus longue

Bernard Rappaz risque de rester en prison deux ans et quatre mois de plus. Le procureur a réclamé lundi devant le Tribunal du district de Martigny (VS) une peine complémentaire de 28 mois à la peine de cinq ans et huit mois que le chanvrier de Saxon (VS) purge actuellement.

Dans son réquisitoire le procureur a décrit le chanvrier comme un "producteur méthodiquement organisé pour gagner de l'argent facile". Bernard Rappaz est "le seul vrai gros producteur de stupéfiants de ce canton", a dit le procureur.

Motivé par l'argent

Dès 2002, alors qu'il était en liberté provisoire et sous le coup d'une procédure pour violation de la loi sur les stupéfiants, Bernard Rappaz a poursuivi ses activités illicites. Il est devenu un véritable grossiste en produits cannabiques.

Jusqu'en 2006, date de sa condamnation à 5 ans et 8 mois de prison pour des actes commis avant 2002, il a vendu plus de 260 kilos de haschich, 100 kilos de chanvre, 2500 graines et d'autres dérivés de cannabis pour un chiffre d'affaires supérieur à 1,3 million de francs.

Le procureur n'attribue aucune circonstance atténuante au chanvrier motivé par "un goût immodéré de l'argent". Il a requis une peine de 28 mois de prison, en complément de celle qu'il purge actuellement, pour violation grave de la loi sur les stupéfiants, blanchiment d'argent, faux dans les titres et d'autres infractions.

Procès de trop

L'avocat du chanvrier a contesté ce procès "qui n'aurait jamais dû avoir lieu". Il a plaidé l'acharnement judiciaire et policier contre son client. Bernard Rappaz a toujours été un revendicateur: encore maintenant qu'il est enfermé il prend fait et cause pour la défense d'autres détenus.

Bernard Rappaz n'a plus rien. Son entreprise a fait faillite, sa ferme a été vendue aux enchères. "Cinq ans et huit mois sont déjà une peine suffisante pour un homme qui a tout perdu", a dit son avocat.

La justice savait lors du premier procès déjà qu'il y avait diverses autres infractions. Les causes auraient dû être jointes pour aboutir à une sanction globale. L'avocat estime que la peine déjà prononcée ne doit pas être aggravée.

(ats / 09.05.2011 13h23)

-------------------------------

http://www.lematin.ch/actu/suisse/bernard-rappaz-compassion-juges-406827

interview
Bernard Rappaz: «J'ai de la compassion pour mes juges»
Le procès de Bernard Rappaz débute lundi. Le chanvrier nous donne son état d'esprit depuis sa prison, non sans lancer au passage des piques à gauche et à droite. A deux jours de son procès qui se tiendra lundi et mardi à Martigny, le chanvrier valaisan Bernard Rappaz s'est confié depuis sa prison de Crêtelongue.
Laurent Grabet - le 06 May 2011, 23h02
Le Matin

0 commentaires

Votre état d'esprit avant ce procès décisif?
Combatif. On me force à participer à un procès relevant plus de l'acharnement politique que d'une quelconque justice. En Valais, ce genre de chose est expédié en deux heures quand il faudrait deux jours. On se croirait dans l'URSS des années 1970! Je parierai gros que le mien sera plié dès lundi. Mais j'ai de la compassion pour mes juges, car ils ne sont pas conscients de ce qu'ils font. Tout ça sera une sorte de pièce de théâtre avec entrée gratuite.

Dont vous allez vous servir comme d'une tribune...
Oui, car je suis un militant. Pas un dealer. Si tout se déroulait à huis clos, je me demande même si je prendrais la parole. Mais là, je vais en profiter pour dénoncer cette culture de l'interdiction du cannabis qui ne fait que doper trafic et consommation. Ce produit n'est pas interdit car il est dangereux. Mais dangereux car interdit. Un jour, la culture du chanvre sera reconnue comme l'est la bio aujourd'hui.

Etes-vous totalement remis de votre longue grève de la faim?
Presque. Je suis passé de 58 kilos à 86. Aujourd'hui, je lutte presque contre l'obésité. Je fais du sport presque quotidiennement car je dois encore me refaire du muscle.

A quoi occupez-vous le reste de vos journées de détention?
Je bosse à la buanderie. Je reçois des visites, notamment de ma fille. Je travaille sur mon autobiographie, que j'espère publier dans une maison parisienne, et je réfléchis à un autre ouvrage sur le jeûne. Je reçois des lettres de soutien du monde entier et je réponds à toutes. Des Valaisans m'en écrivent aussi, mais ce sont les seuls à le faire anonymement. Ça en dit long sur la peur qui règne dans ce canton autour du chanvre.

Et puis il y a aussi ces trois pétitions que vous avez signées pour améliorer les conditions de détention. Sont-elles téléguidées contre la conseillère d'Etat Esther Waeber-Kalbermatten?
Non. Ce n'est d'ailleurs pas moi qui les ai lancées. Mais j'ai un coeur et de l'expérience, alors quand mes compagnons me demandent de l'aide, je ne ferme pas ma porte. Pour eux, je suis avocat et assistant social. La démocratie a sa place en prison. Grâce à notre première pétition, nous avons un dessert par jour, contre un par semaine auparavant. Celle sur les chambres conjugales pour recevoir nos compagnes a fait avancer le débat. La dernière demande qu'un imam vienne visiter les détenus musulmans (lire ci-dessous). Elle reçoit un accueil qui incite à l'optimisme.

Une quatrième pétition suivra?
Oui, et celle-là viendra bien de moi. Elle demandera que nos cabines téléphoniques soient rénovées et que leurs tarifs exorbitants baissent. La pétition est la seule manière de se faire entendre de notre directeur, qui nous ignore et avec qui on ne peut pas discuter! Quant à Mme Kalbermatten, je ne lui en veux pas. C'est une femme de gauche manipulée par des hommes de droite, qui essaie de faire plaisir à tout le monde. Mais ce n'est pas comme ça qu'on obtient des résultats en politique!

Un imam pour les détenus

Ça pétitionne dur à Crêtelongue! Après avoir réclamé (avec succès) de meilleurs repas, puis de pouvoir faire l'amour à leur compagne en prison, des détenus - dont Bernard Rappaz - viennent de signer un texte demandant aux autorités de leur mettre à disposition un imam. La conseillère d'Etat Esther Waeber-Kalbermatten n'y voit pas une volonté du chanvrier de la mettre en difficulté.

«M. Rappaz est un détenu comme les autres. Je ne personnalise pas ces textes dont il n'est qu'un signataire.» L'élue précise que, vu le peu de détenus musulmans, il est exclu que l'Etat attribue un mandat de collaboration à un imam comme il le fait aujourd'hui avec un aumônier catholique et un protestant.

Quid de la liberté religieuse et de l'égalité de traitement?

«La solution d'un imam qui visiterait bénévolement les détenus est par contre envisageable», répond l'édile. Quand aux chambres conjugales demandées dans la pétition précédente, Georges Seewer, directeur des pénitenciers valaisans, précisait jeudi au Nouvelliste qu'elles ne sont pas à l'ordre du jour. Notamment parce que Crêtelongue est une prison ouverte

Commentaires

Ajouter un commentaire

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.