Harpeur : 1 milliard depuis 2006 pour Québec. G20: 1 milliard en une fois.

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Publié le 17 mars 2011 à 05h00 | Mis à jour à 05h00

La liste de Harper
François Bourque
Le Soleil

(Québec) Passage éclair à l'aéroport du premier ministre Stephen Harper tentant de dédouaner son parti coincé à Québec à l'approche des élections.

Rien à déclarer pour l'amphithéâtre, mais M. Harper avait coché, sur son formulaire, la case «50 millions $ pour l'agrandissement de l'aéroport».

La contribution arrive tellement vite que la direction de l'aéroport n'a même pas encore finalisé l'ordre précis des travaux à venir. Peut-être cela compense-t-il pour les fois où l'argent fédéral s'est fait attendre.

Outre l'aéroport, M. Harper avait frénétiquement coché toutes les cases de sa déclaration de bonne conduite envers Québec : infrastructures, recherche à Valcartier, taxe sur l'essence, fortifications, édifice D'Estimauville, 400e, PEPS, Augustines, Centre de foires, etc.

Il en a déclaré pour plus de 1 milliard $ depuis son arrivée aux affaires en 2006. La liste récapitulative des communiqués de presse et des explications fait près de 150 pages.

Cette liste en dit long. Pas juste sur l'ampleur des réalisations des conservateurs, mais sur les difficultés politiques qui les attendent maintenant.

Objectivement, le gouvernement Harper a «livré» beaucoup. Des projets pour lesquels Québec était en demande et d'autres dont il a pris l'initiative.

Il n'a pas tout livré, mais assez pour aller en élections la tête haute. Si ce n'était qu'il s'est défilé sur le projet auquel, tout à coup, Québec s'est mise à tenir le plus : l'amphithéâtre.

Je ne parle pas ici d'argent. Sur le plan comptable, il importe peu que le fédéral ne paie pas pour l'amphithéâtre, pour autant que la Ville y trouve sa part autrement.

Le problème des conservateurs est qu'on parle ici d'émotions et de perceptions. Des réalités autrement plus difficiles à gérer qu'un débat de chiffres.

Des citoyens de Québec ont perçu que le gouvernement Harper les avait laissés tomber par calcul politique, pour ne pas déplaire dans l'Ouest. Entre Québec et le ROC (Rest of Canada), M. Harper a choisi le ROC.

Peut-être est-ce injuste, mais aligner des millions pour l'aéroport, les égouts ou les arénas de quartier risque de ne pas suffire à renverser cette perception.

M. Harper savait qu'il n'y échapperait pas et n'a pas attendu les questions avant de répondre aux journalistes hier midi. Il a expliqué qu'il n'y avait pas de programme fédéral pour l'amphithéâtre et qu'il n'a pas senti au Canada de désir d'en créer un.

C'est exactement ce que les gens de Québec avaient perçu.

Le long bilan des conservateurs s'ouvre sur la «liste des projets soumis à la ministre Verner par le maire Labeaume». Douze. Tous réalisés, sauf un, qui était de compétence provinciale.

Le problème est que cette liste ne coïncide pas tout à fait avec celle de la mairie.

J'étais au conseil municipal le soir où le maire Labeaume a livré sa liste d'épicerie à la veille des dernières élections fédérales, début septembre 2008 : TGV Québec-Chicago; Maison Dauphine; centre de dédouanement à l'aéroport; Super PEPS; Manège militaire; agrandissement du Musée des beaux-arts; Centre de foires; Augustines; édifice fédéral à D'Estimauville; toit sur l'anneau de glace Gaétan-Boucher; Diamant de Robert Lepage; réfection du pont de Québec, qualifié alors par le maire d'«amas de ferrailles»; aide à la culture et aux infrastructures.

Le chef de l'opposition de l'époque, Jean-Marie Matte, trouvait «important pour une ville d'avoir des projets», mais s'était inquiété de savoir quelle serait la priorité.

«Nous avons 10 priorités», lui avait répondu le maire.

À cette époque, l'amphithéâtre n'était pas encore au menu. Ni le retour des Nordiques, ni une candidature olympique. Ni le tramway, auquel s'opposait encore M. Labeaume.

C'est dire comme le temps passe vite. Ou comme les priorités passent vite.

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