Les futurs policiers de Québec soumis au détecteur de mensonge.

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Publié le 12 janvier 2011 à 05h00 | Mis à jour à 09h16

Les futurs policiers de Québec soumis au détecteur de mensonge

Le Soleil

(Québec) Tous ceux qui aspirent à devenir policier pour la Ville de Québec devront désormais réussir le test du détecteur de mensonge, une première municipale au Québec.

L'administration Labeaume a octroyé récemment un contrat de près de 70 000 $ à l'entreprise Le Détecteur de Vérité inc. de Saint-Constant, en Montérégie. La firme a commencé en décembre à faire passer des tests de polygraphe aux candidats aux postes de policier temporaire. Elle doit aussi interpréter les tests et élaborer un rapport pour chacun des candidats identifiés par la Ville.

Au total, le service de police prévoit embaucher une quarantaine de policiers temporaires d'ici le printemps. «On cherche à recruter les meilleurs candidats possibles, affirme François Moisan, porte-parole de la Ville de Québec. Ça nous donne des indicateurs qui nous aident à faire de meilleurs choix et ça oriente l'enquête de caractère.»

Lors du test, le candidat se fait poser notamment des questions sur sa personnalité, ses emplois passés et ses habitudes de consommation de drogue ou d'alcool.

Cet ajout du test du polygraphe constitue un projet-pilote d'un an qui s'inscrit dans une refonte complète des procédures d'embauche. La Ville de Québec a déjà ajouté en 2010 un test de dépistage de drogue.

Une première

Québec deviendrait la seule ville de la province à inscrire le détecteur de mensonge dans son processus de sélection des policiers.

La Gendarmerie royale du Canada soumet depuis plusieurs années ses aspirants au test polygraphique.

Mais ni le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) ni la Sûreté du Québec (SQ) n'utilisent cet outil. «Notre processus d'embauche a été réévalué récemment et ce n'est pas une technique qui est utilisée chez nous», explique la sergente Ann Mathieu, porte-parole de la SQ.

Richard Côté, vice-président du comité exécutif et responsable des ressources humaines et de la police, dit avoir posé beaucoup de questions lorsque le chef de police de Québec, Serge Bélisle, a suggéré l'utilisation du polygraphe.

«Je me demandais si ça allait trop loin, convient-il, en entrevue au Soleil. Mais le chef a pu nous convaincre que ça lui permettrait de contrer des lacunes qu'on pouvait avoir dans le processus de sélection et de choisir vraiment les meilleurs candidats.»

Incitatifs

Le président de la Fraternité des policiers de la Ville de Québec, Bernard Lerhé, n'est pas contre l'arrivée du détecteur de mensonge «si ça permet effectivement d'attirer les meilleurs», précise-t-il.

Mais il ne servira à rien de durcir le processus de sélection si la Ville de Québec n'ajoute pas des incitatifs pour retenir les jeunes policiers, juge-t-il.

«Chez nous, les jeunes peuvent rester temporaires jusqu'à cinq ans et ils gagnent 33 000 $ la première année, note-t-il. Si on dépense de l'argent pour faire passer des tests, il faudrait aussi avoir de l'argent pour retenir les candidats.»

D'autant plus que le manque d'effectif policier se fait sentir régulièrement, estime-t-il. «On force les policiers à faire des doubles shifts, comme les infirmières, parce qu'il manque de monde, affirme Bernard Lerhé. Et ça se passe lors des opérations régulières et non seulement dans les événements spéciaux.»

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