Val-d’Or en manque (pour combien de temps?),

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Val-d’Or en manque
Depuis l’Opération Écrevisse, le nombre de demandes a augmenté au Centre Normand

Michel Ducas
Général - Publié le 14 octobre 2010 à 08:07

L’Opération Écrevisse, qui a permis à la police de donner un dur coup au trafic de drogue à Val-d’Or, pourrait avoir l’effet inverse de celui visé, soit de faire baisser la criminalité

Bien sûr, il est difficile d’être contre la vertu. Mais dans le cas de l’Opération Écrevisse, les policiers ont réussi à épingler les têtes dirigeantes du trafic de stupéfiants à Val-d’Or. Ce faisant, ils ont rendu la drogue plus rare (pour combien de temps?), et par voie de conséquence, rendu les consommateurs plus nerveux. «L’un de nos rôles, c’est de les sortir d’un milieu extrêmement dangereux, affirme Le Dr Jean-Guy Ricard, intervenant au Centre Normand et expert régional en matière de toxicologie. Souvent, pour se procurer leur drogue, les consommateurs sont obligés d’en vendre ou de perpétrer des méfaits. Par conséquent, on crée indirectement de la criminalité. C’est une plaie que nous côtoyons depuis plusieurs années.»

Alternatives

Les drogues dites «récréatives», comme la cocaïne et le cannabis, ne créent pas de dépendances physiques concrètes, contrairement à l’héroïne ou à la caféine, par exemple. «Le consommateur de cocaïne ou de cannabis ne tombera pas en convulsion ou très malade, explique le Dr Ricard. Mais ces drogues créent une dépendance psychologique et agissent sur les récepteurs cérébraux, un peu comme la nicotine le ferait. C’est cet effet qui vous pousse à vouloir arracher la tapisserie des murs.»

Dans ce cas précis, la méthadone n’est d’aucune utilité. «La méthadone sert à sevrer les héroïnomanes, les junkies, précise Michel Gervais, pharmacien de la bannière Jean Coutu de Val-d’Or. Pour les cocaïnomanes, les alternatives aux symptômes de manque sont surtout des hydromorphones (Dilaudid et Supeudol). Ce sont des produits disponibles sur prescription, mais il existe un marché noir florissant en cette matière.»

Un nombre d’appels plus élevé

Le Dr Ricard confirme qu’au Centre Normand, on a reçu un plus grand nombre d’appels qu’à l’habitude à la suite de l’Opération Écrevisse. «Plusieurs personnes se sont demandées ce qui allait advenir d’elles après l’arrestation de leur revendeur, affirme le Dr Ricard. Les thérapies que nous offrons sont basées sur l’apprentissage cognitif plutôt que sur le changement de comportement. Le patient comprend mieux sa démarche, et il arrête graduellement de consommer. C’est une façon pour nous de contrôler non seulement la criminalité dans notre milieu, mais aussi certaines maladies transmissibles, comme l’hépatite A.»

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