«la demande reste sensiblement la même» et il n’y a pas eu de «pénurie notable de drogue» à la suite de ces opérations

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Rapport du SPVM
Gangs de rues moins affaiblis que la mafia
Mise à jour : 14/09/2010 23h10

Après des années «particulièrement éprouvantes» pour les principaux acteurs du crime organisé au Québec, les gangs de rue semblent moins durement ébranlés par les frappes policières que les Hells Angels et la mafia italienne.
C’est du moins ce qui se dégage d’un rapport interne du Service de police de la Ville de Montréal (Lecture de l’environnement du SPVM 2010) qui brosse le portrait actuel des principales organisations criminelles «à Montréal et ailleurs dans la province» et dont Le Journal de Québec a obtenu copie.

Les gangs de rue ont atteint «une certaine maturité criminelle et une influence suffisante pour justifier la mobilisation des ressources d’enquêtes auparavant limitées aux organisations criminelles d’envergure», selon ce document d’analyse.

Les policiers y observent maintenant un «lot de vétérans et d’entrepreneurs criminels établis» ayant «les ressources et les contacts nécessaires pour alimenter le milieu de la vente de crack et piloter des organisations qui créent une série d’opportunités pour les autres gangs de rue, plus jeunes, qui suivent leurs traces».

Motards en reconstruction

Les gangs de rue se sont installés sur certains territoires de vente «auparavant sous l’égide des Hells Angels», à Montréal du moins. Ce groupe de motards «n’existe plus au Québec, techniquement », puisque depuis l’opération SharQc menée au printemps 2009, 111 des 113 de leurs membres en règle ont été arrêtés (et «la création d’un chapitre nécessite au moins six membres»).
Avant cette razzia policière historique, les Hells «avaient une position enviable» et «un rayon d’influence supérieur à celui de toutes les autres organisations criminelles réunies», d’après l’étude. Ils régnaient notamment sur 50 % du marché de la cocaïne au Québec, 25 % de la culture de cannabis et 30 % de la vente de marijuana, influençant directement «les activités de plus de 30 000 délinquants».

Mais on ne croit pas pour autant que les motards soient au plancher pour y rester. «Les Hells Angels avaient, derrière eux, une série de recrues qui attendaient patiemment de faire leur entrée comme membres en règle. Cette vague d’arrestations leur est probablement bénéfique et offre, à tous les sympathisants du groupe, des opportunités de mobilité ascendante plus nombreuses et rapides.»

Mafia «grandement affectée»

Quant à la mafia italienne, elle est actuellement en position de « vulnérabilité apparente » et les événements des derniers mois (meurtre de Nick Rizzuto fils, attentats contre plusieurs hauts gradés du clan Rizzuto, série d’incendies d’origine criminelle visant plusieurs cafés italiens à Montréal) laissent croire qu’elle «n’a pas l’étoffe ou l’influence qu’elle a déjà eue».

Selon le rapport, tout indique que la pègre vit «des problèmes de leadership» depuis l’extradition de Vito Rizzuto et l’opération Colisée, en 2006, qui ont «grandement affecté la famille montréalaise» et expliquent sa «déroute».

Les experts du SPVM conviennent qu’«il n’est pas évident d’anticiper les retombées» de ces frappes policières sur le milieu criminel et les marchés de drogue, de même que la capacité d’«adaptation» de ses principaux joueurs. Chose certaine, «la demande pour ces produits reste sensiblement la même» et il n’y a pas eu de «pénurie notable de drogue» à la suite de ces opérations.

(Agence QMI)

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