Crime organisé, emprise des cartels, corruption politique et policière, militarisation abusive…
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Monde - le 6 Août 2010
Les guerres des drogues ravagent le Mexique
Crime organisé, emprise des cartels, corruption politique et policière, militarisation abusive… Un dernier rapport officiel fait état de 28?000 homicides depuis 2006.
Exactions. Ce mercredi 4?août, rien que dans l’État du Sinaloa, au nord-ouest du Mexique, sept personnes ont été tuées, dont l’ex-candidat de gauche à la députation locale, José Antonio Aguirre Bastidas. Les règlements de comptes politiques, la guerre des narcos où les cartels du Golfo, des Zetas ou de Juarez, entre autres, se disputent sans merci le contrôle du territoire, et la militarisation abusive, charrient chaque jour leur lot de crimes et de victimes. Cette spirale ne semble pas connaître de fond. À Mazatlan, toujours dans l’État du Sinaloa, sept autres cadavres ont été retrouvés dans des fosses. Une balle dans la tête, des marques de torture.
Le Mexique a enregistré 28?000 assassinats depuis 2006, a reconnu Guillermo Valdés, directeur du Centre d’investigation et de sécurité nationale (Cisen), lors des Journées de dialogue pour la sécurité. «?Il faut reconnaître que la violence continue de progresser?», a-t-il souligné. Terrible constat d’échec, quatre ans après l’élection du président Felipe Calderon, qui a fait de la «?guerre contre les drogues?» sa stratégie politique centrale.
Ainsi, depuis 2006, près de 36?000 soldats et policiers quadrillent les États les plus touchés par le crime organisé. Censée pallier le problème de corruption qui gangrène la police, l’action militaire a elle aussi été pointée du doigt. Elle est accusée de violations des droits de l’homme et de verser elle-même dans le narcotrafic. Ce dernier rapport officiel révèle la faillite du tout répressif. Lors de sa présentation, Guillermo Valdés a d’ailleurs souligné les défaillances des buts fixés par le gouvernement. Selon le directeur du Cisen, les mesures sont nettement insuffisantes pour freiner les violences (morts, enlèvements, extorsions de fonds) et frapper financièrement le crime organisé. Par ailleurs, Guillermo Valdés a relevé le manque de concertation et d’aides de la part des États-Unis, premier consommateur mondial de la cocaïne produite en Amérique latine, et qui partage avec le Mexique 3?000?km de frontières. Signe des faiblesses de l’Initiative Mérida, un plan régional souscrit en 2007 afin de lutter contre le crime organisé et le trafic de drogue. Enfin, a-t-il reconnu, les politiques sociales sont à la traîne. «?Quelle est la meilleure option pour les Mexicains?? Laisse-les entrer sur tes terres, dans ta communauté, ta paroisse, ta maison, ton entreprise et qu’ils prennent ce qui t’appartient, pourvu qu’il n’y ait pas de violence???» a rétorqué avec démagogie Felipe Calderon, décidé à ne pas infléchir sa «?guerre contre les drogues?».
Cathy Ceïbe
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http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2010/08/05/le-mexique-se-penche-...
Le Mexique se penche sur la dépénalisation des drogues
LEMONDE.FR avec AFP | 05.08.10 | 09h28
Le gouvernement mexicain s'est déclaré "ouvert" à un débat sur la dépénalisation de la consommation de drogue, même s'il n'approuverait pas une telle mesure, a déclaré mercredi le vice-ministre de l'intérieur de ce pays où plus de 28 000 morts ont été imputés aux cartels ces quatre dernières années. "La position du gouvernement, c'est que le débat sur la dépénalisation est ouvert et doit avoir lieu, comme c'est normal dans une société démocratique, mais qu'il faut également en mesurer les conséquences", a souligné Roberto Gil. "Il nous faut évaluer les implications sur la santé publique, et l'augmentation des addictions que pourrait entraîner une politique de dépénalisation", a-t-il ajouté.
La veille, le président Felipe Calderon avait évoqué le sujet en restant plus évasif, devant un forum national de réflexion sur la sécurité et le "crime organisé". M. Calderon avait fait remarquer que la dépénalisation pourrait "mettre en péril des générations de jeunes et d'adolescents", tout en ayant par ailleurs "un effet économique important, dans le sens d'une réduction de revenus importants pour le crime". "Bien qu'opposé à la dépénalisation des drogues, le président Calderon ne s'oppose pas au débat sur le sujet", avaient souligné ses services dans la soirée.
"USAGE PERSONNEL"
Le Mexique, où les cartels s'entretuent pour le contrôle du trafic et de l'approvisionnement des Etats-Unis, premier client mondial de la cocaïne, a dépénalisé en août 2009 la détention de petites quantités de marijuana, cocaïne ou héroïne. La loi a exclu les poursuites judiciaires en cas d'"usage personnel", toléré jusqu'à 5 grammes de marijuana ou un demi-gramme de cocaïne, et seulement lors des deux premières interpellations. Ensuite, elle prévoit un programme de désintoxication complet, pris en charge par le gouvernement, sans peine judiciaire.
















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