La plupart des fumeurs de cannabis arrêtent à 22 ans

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Joan-Carles Surís souligne l'effet addictif du tabac, supérieur à celui du cannabis. Or la plupart des confectionneurs de "pétards" mélangent les deux substances, ce qui induit de facto une dépendance à la nicotine dont bon nombre d'intéressés n'ont pas conscience.

Zappiste: Faudrait une campagne d'information sur les dangers de mélanger cannabis et tabac.
J'ai constaté que ce sont surtout des Européens qui ont cette malsaine habitude.

http://www.lematin.ch/actu/suisse/cannabis-plupart-jeunes-fumeurs-disent...

La plupart des fumeurs de cannabis arrêtent à 22 ans
La plupart des jeunes qui fument du cannabis mais pas de cigarettes à 16 ans passent au tabac (28%) ou deviennent abstinents (49%), à 22 ans.

le 09 juin 2010, 07h31
LeMatin.ch & les agences

(20 commentaires)

Seuls 7% persistent dans leur habitude. C'est le constat d'une étude de chercheurs de l'Université de Lausanne et du CHUV.

L'équipe de Joan-Carles Surís, responsable du Groupe de recherche sur la santé des adolescents à l'Institut de médecine sociale et préventive, a tenté de déterminer quelles sont les trajectoires des fumeurs de cannabis et de tabac entre 16 et 22 ans. L'objectif était aussi de savoir si les usagers se rabattaient sur d'autres substances, l'alcool en particulier, pour compenser un recul de consommation.

Se basant sur les données de l'étude TREE (Transitions from Education to Employement), qui comprend un suivi de 6000 jeunes ayant terminé l'école obligatoire en l'an 2000, les chercheurs ont retenu une cohorte de 2954 sujets représentatifs de quatre groupes. Soit des consommateurs de cannabis seul, de cannabis et tabac, de tabac seul, ainsi que des abstinents.

Fenêtre de prévention

Résultat: le changement principal dans la consommation de cannabis et/ou de tabac se produit vers 20-21 ans. C'est là, avec le passage dans le monde du travail, que l'expérimentation propre à l'adolescence prend fin, que la plupart des consommateurs occasionnels (moins de 3 fois par semaine) de cannabis y renoncent et que le gros des consommateurs réguliers (3 fois par semaine et plus) continuent ou passent au tabac.

"Il y a un changement vers 20 à 21 ans, en bien ou en mal", explique le Dr Surís. Cette période charnière constitue une fenêtre de prévention qu'il serait nécessaire de cibler plus spécifiquement, selon le spécialiste.

Joan-Carles Surís souligne l'effet addictif du tabac, supérieur à celui du cannabis. Or la plupart des confectionneurs de "pétards" mélangent les deux substances, ce qui induit de facto une dépendance à la nicotine dont bon nombre d'intéressés n'ont pas conscience.

Tabac difficile à abandonner

Conséquence: contrairement à celui du chanvre, l'usage du tabac augmente avec l'âge. Parmi les jeunes qui indiquaient fumer seulement du tabac à 16 ans, seul un sur cinq (21%) devient abstinent à 22 ans, contre un sur deux pour le cannabis.

Et si les fumeurs de cannabis ont une forte propension à devenir des fumeurs de tabac, il est très rare qu'un jeune qui fumait uniquement du tabac à seize ans ait passé au cannabis à 22 ans (1%), ou au cannabis et tabac (12%).

A l'inverse, les deux tiers (66%) des jeunes fumeurs de tabac à 16 ans le sont toujours à 22 ans, et 42% de ceux qui mêlaient joint et clope le font toujours au début de leur vie d'adulte. S'ajoutent à ces derniers 44% qui persistent dans le tabagisme uniquement.

Outre l'addiction à la nicotine, le Dr Surís évoque comme cause un "effet de substitution": en l'absence de cannabis, les jeunes se rabattent sur le tabac.

Facteurs de risques

Dans leurs conclusions, les chercheurs notent que l'alcool est le principal facteur de risque pour l'usage du cannabis et du tabac. Les buveurs occasionnels sont 4,4 fois plus exposés à l'usage de l'une ou l'autre de ces substances. Les buveurs réguliers 11 fois plus.

Il s'agit par conséquent d'intégrer l'alcool dans les programmes de prévention et de prévoir une stratégie globale indépendante de la substance utilisée, écrivent les scientifiques. D'autres facteurs de risques sont évoqués, comme le bas niveau de formation ou la nationalité étrangère, qui devraient également faire l'objet de mesures spécifiques.

Enfin, Joan-Carles Surís ne voit pas forcément dans l'illégalité du cannabis l'origine de l'abandon progressif de cette substance par de nombreux jeunes. Il y voit plutôt la conséquence d'une certaine maturité, le fait de "devenir sérieux". De la même manière que les "cuites" à l'alcool tendent à diminuer au même moment de l'existence.

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