Et si le tabagisme passif n’était pas si grave ?

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Thibault Raisse | 31.05.2010, 07h00
SANTÉ.
Et si le tabagisme passif n’était pas si grave?
Le professeur Philippe Even, pneumologue réputé, remet en cause la nocivité du tabagisme passif, auquel on attribuait jusque-là près de 6 000 décès par an en France. Une contre-vérité selon lui.

C’est une affaire entendue : le tabagisme passif est mauvais pour la santé. Depuis le 1er janvier 2008 et l’entrée en vigueur du décret interdisant la cigarette dans les lieux publics, la question ne déchaîne plus les passions. Et pourtant : alors que le monde célèbre aujourd’hui la Journée mondiale sans tabac, un spécialiste respecté ose rouvrir le débat.

Tenu au « devoir de réserve » quand il dirigeait l’une des plus grandes facultés de médecine de France, le pneumologue Philippe Even, désormais à la retraite, exprime pour la première fois publiquement ses doutes sur la nocivité réelle du tabagisme passif. « Les preuves scientifiques n’existent pas », assène celui qui fut membre du premier Comité antitabac formé par Mitterrand en 1981.

La critique de la méthode

En France, les études exhaustives sur le sujet sont rares. En 1997, l’académie de médecine publie un premier rapport sur la question et conclut que le tabagisme passif est à l’origine chaque année d’une « centaine de cas » de cancers, et de 2 500 à 3 000 décès liés à des maladies cardiovasculaires. Problème : l’académie n’a fait que transposer à la France des données issues d’études étrangères, dont le pneumologue conteste la « précision ». En 2006, un rapport européen semble clore le débat : la France compte 5863 décès par an dus à la fumée passive. Mais cette fois, c’est la méthodologie qui est critiquée et les chiffres « réels » s’effondrent.
S’il est isolé dans son combat, Philippe Even n’est pas seul. Depuis plusieurs années, le tabacologue Robert Molimard dénonce une « lutte contre le tabagisme qui se transforme en lutte contre les fumeurs ». Le médecin et député (UMP) Bernard Debré, un proche de Philippe Even, est plus nuancé. « Le doute suffit à justifier l’interdiction », assure-t-il. Quant aux associations antitabac, elles réfutent en bloc ces accusations. Et clament qu’aujourd’hui, ne serait-ce que par confort, personne — y compris les fumeurs — ne souhaiterait revenir en arrière. A une époque où il était encore possible de fumer une cigarette dans les cafés ou les restaurants.

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« On a créé une peur qui ne repose sur rien »
PHILIPPE EVEN président de l’Institut Necker

PROPOS RECUEILLIS PAR THIBAULT RAISSE | 31.05.2010, 07h00

Pneumologue de réputation mondiale, président du prestigieux Institut de recherche Necker depuis dix ans, le professeur Philippe Even, aujourd’hui à la retraite, nous explique être convaincu de l’absence de nocivité du tabagisme passif. Une interview choc.

Que disent les études effectuées sur le tabagisme passif ?
PHILIPPE EVEN. Il existe une centaine d’études sur la question.

Première surprise : 40% d’entre elles concluent à une absence totale de nocivité du tabagisme passif sur la santé. Les 60% restantes estiment que le risque de cancer est multiplié par 0,02 pour la plus optimiste, et par 0,15 pour la plus pessimiste… contre un risque multiplié par 10 ou 20 pour le tabagisme actif! C’est donc dérisoire. En clair, soit la nocivité est inexistante, soit elle est extrêmement faible.

C’est un fait scientifique incontestable. Les associations antitabac évoquent pourtant de 3 000 à 6 000 morts par an en France…
Je serais curieux de connaître leurs sources. Aucune étude n’a jamais abouti à un tel résultat.

De nombreux spécialistes affirment que le tabagisme passif est aussi responsable de maladies cardio-vasculaires et autres crises d’asthme. Pas vous ?
Ils ne s’appuient sur aucune donnée scientifique solide. Prenons le cas des maladies cardiovasculaires : les quatre causes principales sont l’obésité, le cholestérol, l’hypertension et le diabète. Pour savoir si le tabagisme passif est un facteur aggravant, il faudrait faire une étude sur des personnes qui ne présentent aucun de ces quatre symptômes. Or cela n’a jamais été fait. Concernant les bronchites chroniques, si le rôle du tabagisme actif est incontestable, celui du tabagisme passif reste, là encore, à prouver. Pour l’asthme, c’est effectivement un facteur aggravant… mais pas plus que le pollen !

Le but de l’interdiction de fumer dans les lieux publics était pourtant de protéger les non-fumeurs. Cela ne reposait donc sur rien ?
Absolument rien! La psychose a commencé avec la publication d’un rapport de l’Airc, l’Agence internationale de recherche sur le cancer, qui dépend de l’OMS (NDLR : Organisation mondiale de la santé). Ce rapport dévoilé en 2002 explique qu’il est désormais prouvé que le tabagisme passif comporte de graves risques pour la santé, mais sans en faire la démonstration. Où sont les données? Quelle a été la méthodologie employée? C’est tout sauf une démarche scientifique. On a créé de toutes pièces une peur qui ne repose sur rien.

Quel intérêt les associations antitabac auraient-elles à agiter une menace qui n’existe pas ?
Les campagnes antitabac et l’augmentation du prix des cigarettes ayant échoué, il fallait trouver un nouveau moyen de faire baisser le nombre de fumeurs. En agitant le chiffon du tabagisme passif, on a trouvé un outil d’une efficacité redoutable : la pression sociale. En toute bonne foi, les non-fumeurs se sont sentis en danger et ont commencé à se dresser contre les fumeurs. Du coup, le tabagisme passif est devenu un problème de santé publique, ouvrant la voie à la loi Evin, puis au décret d’interdiction de fumer dans les lieux publics. Même si la cause est bonne, je ne crois pas qu’il soit bon de gouverner sur un mensonge. Et le pire, c’est que ça ne marche pas : depuis l’entrée en vigueur du décret, les ventes de cigarettes sont reparties à la hausse.

Pourquoi ne pas avoir parlé plus tôt ?
En tant que fonctionnaire, doyen de la plus grande faculté de médecine de France, j’étais tenu au devoir de réserve. Si je m’étais écarté des positions officielles, j’aurais dû en payer les conséquences. Aujourd’hui, je suis un homme libre.

http://www.leparisien.fr/societe/l-etude-de-reference-au-coeur-de-la-pol...

L’étude de « référence » au cœur de la polémique
T.R. | 31.05.2010, 07h00

Au moment de sa parution en février 2006, l’étude « Lifting the Smoke Screen » (« Lever l’écran de fumée ») fait l’effet d’une bombe. Réalisée et financée par quatre centres européens de recherche sur le cancer, dont notre Institut national du cancer, elle proposait d’apporter des éléments chiffrés afin de vérifier la « possibilité d’une extension des lois antitabac à l’Europe tout entière ».

Conclusion : la mortalité due au tabagisme passif dépasse de loin toutes les estimations. Ainsi, pour la France, l’étude avance le chiffre alarmant de 5863 décès par an, bientôt repris par les associations antitabac et par le ministre de la Santé de l’époque, Xavier Bertrand. Et ce, en plein débat sur l’interdiction de fumer dans les lieux publics.
Pourtant, cette étude ne fait pas l’unanimité. Raison principale : le chiffre de 5863 décès mélange non-fumeurs et fumeurs. « C’est absurde : comment peut-on dire que des fumeurs décèdent du tabagisme passif? Ils meurent d’abord et avant tout de leur tabagisme actif! » critique Robert Molimard, fondateur de la Société de tabacologie (qui promeut les recherches scientifiques sur le tabac et ses conséquences sur la santé). En retenant les seuls non-fumeurs, le nombre de décès imputables à la fumée passive tombe à 1 114, dont 1007 victimes d’une exposition à domicile, et 107 sur le lieu de travail. Quant aux lieux publics, l’étude dénombre six décès par an. « C’est-à-dire zéro, si l’on tient compte de la marge d’erreur statistique », fulmine Robert Molimard.
Nous aurait-on « enfumés », comme le martèle dans nos colonnes le professeur Philippe Even? « Cette étude est peut-être sujette à caution, mais il est faux de dire qu’elle a servi les intérêts des associations : au moment de sa parution, la décision politique d’interdire la cigarette dans les lieux publics était déjà prise », assure Bertrand Dautzenberg, président de l’Office français de prévention du tabagisme. « C’est effectivement une étude contestable, reconnaît Gérard Audureau, président de Droits des non-fumeurs. Mais le simple fait que le tabagisme passif provoque des maladies respiratoires suffisait à justifier la loi. »

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Une thèse bien loin de faire l’unanimité
T.R. | 31.05.2010, 07h00

« Oui, le tabagisme passif tue. » Le pneumologue Bertrand Dautzenberg, l’un des plus farouches défenseurs de l’interdiction de fumer dans les lieux publics, n’a que faire des doutes émis par Philippe Even. « Rien que pour les maladies cardiovasculaires, on dénombre environ 2300 morts par an du tabagisme passif en France, et les effets sur les bronchites et l’asthme ne sont plus à démontrer », affirme le président de l’Office français de prévention du tabagisme, citant ses propres travaux.

En revanche, sur les risques de cancer du poumon, le professeur admet qu’on « se situe là dans les limites de l’incertitude statistique ». « L’impact est plus difficile à mesurer, mais les études parlent d’une augmentation du risque d’environ 14%, ce qui représente quand même entre 100 et 300 morts par an. C’est déjà trop! »
Dans tous les cas, les effets de la fumée passive sur le cœur, eux, semblent faire consensus chez les scientifiques. « Les études montrent une augmentation de 25% du risque d’infarctus », confirme Daniel Thomas, de l’Institut de cardiologie de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris. Et de citer une étude française parue mardi dans le « Bulletin épidémiologique hebdomadaire » sur les conséquences de l’interdiction de fumer dans les lieux publics en Europe. « Les pays qui ont appliqué la loi ont déjà vu le nombre d’infarctus diminuer de 17%! » Seule exception, la France. « Il n’y a pas de baisse significative depuis le décret, mais à la différence des autres pays, le nombre d’infarctus avait déjà fortement baissé depuis la loi Evin », justifie le cardiologue.
Reste que pour certains défenseurs de la loi, nul besoin d’agiter courbes et statistiques pour justifier son bien-fondé. « C’est aussi, et surtout, une question de confort et de bien-être, soutient Gérard Audureau, président de Droits des non-fumeurs. On manque peut-être d’études sur les effets du tabagisme passif en France, mais cela ne change rien au fait que les non-fumeurs en avaient marre de devoir supporter la fumée des autres. Il peut y avoir débat sur tel ou tel chiffre, mais cela ne remet pas en cause la principale avancée de cette loi, le droit que nous avons de respirer un air pur. »

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