Saintes : procès des policiers "ripoux"...

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Publié le 17/02/2010 | 18:51

Saintes : procès des policiers "ripoux"
Par Marie-Agnès CORDIER

Deux enquêteurs de la PJ d'Orléans jugés à Saintes depuis mercredi pour trafic de stupéfiants

Deux membres de la police judiciaire d'Orléans accusés d'avoir organisé entre 2007 et 2008 un réseau de revente de stupéfiants en remettant en circulation des scellés judiciaires, comparaissent devant le tribunal correctionnel de Saintes depuis mercredi 17 février et jusqu'à vendredi

Les deux fonctionnaires de la brigade des stupéfiants d'Orléans avaient été présentés à un juge le 12 janvier 2009, dans le cadre d'une enquête ouverte par le parquet de Saintes depuis plusieurs mois et confiée aux gendarmes de la section de recherche de Poitiers. 4 autres personnes avaient également été mises en examen et placées en détention. Ils seront jugés aux côtés de neuf comparses, grossistes et revendeurs, qui écoulaient la marchandise dans le Royannais (Charente-Maritime). Les deux fonctionnaires, qui ont reconnu les faits, et deux des principaux revendeurs comparaissent en tant que détenus et encourent 10 ans d'emprisonnement.

Premier jour d'audience

17 février 2010 : la présence de deux policiers parmi les 11 prévenus risque d'être exploitée par la défense des autres prévenus. Sans doute les avocats auront-ils la tentation de minimiser le rôle de leurs clients en "chargeant" les policiers ? C'est en tous cas l'attitude de Me Alexandre Novion, du barreau de Bordeaux, avocat d'un garagiste membre du réseau. On s'est aussi penché sur le problème de la rémunération des indics : on sait qu'en échange d'un "bon tuyau", les policiers ont l'habitude de rémunérer en fonction des besoins des indicateurs. S'agirait-il alors d'un franchissement de la ligne "autorisée" ? Le procès se poursuit pendant encore deux jours.

Le trafic durait depuis deux ans

Mercredi 14 janvier 2009 : les deux fonctionnaires de la brigade des stupéfiants d'Orléans, âgés d'une quarantaine d'années, ont été mis en examen pour "détention, cession et offre de stupéfiants, association de malfaiteurs en vue de commettre des délits, vol aggravé et bris de scellés", a indiqué mardi 13 janvier lors d'une conférence de presse, Fabienne Atzori, Procureur de la République à Saintes. Les quatre autres personnes seraient des revendeurs locaux qui opéraient sur Saintes ainsi que leur fournisseur, un garagiste retraité de Royan. Elles sont poursuivies pour les mêmes chefs à l'exception de "bris de scellés". Selon les éléments recueillis par les enquêteurs, le trafic porterait sur "au minimum 150 kg de résine de cannabis, environ 38-40 kg d'héroïne ainsi que 2 kg de cocaïne", selon Mme Atzori, qui a précisé que le trafic "s'est déroulé sur une durée de deux ans". L'enquête avait débuté en février 2008, lorsqu'un juge d'instruction de Saintes avait été saisi d'un réquisitoire contre X qui visait à tenter d'identifier le ou les auteurs d'un trafic de stupéfiants sur Saintes, selon le Procureur. "Il est apparu que l'individu initialement visé par le renseignement avait un seul et unique fournisseur qui était en relation avec d'abord un, puis deux fonctionnaires de la Direction interrégionale de la Police judiciaire d'Orléans", a-t-elle précisé. Un total de seize personnes ont été interpellées dans le cadre de ces investigations menées par la compagnie de gendarmerie de Saintes et la section de recherche de Poitiers. Les six mis en examen ont été placés en détention dans différentes maisons d'arrêt de Poitou-Charentes.

Détournement de drogue

Mardi 13 janvier 2009 : les deux brigadiers sont soupçonnés notamment d'avoir détourné et revendu 30kg de cannabis sur un stock de 500 kg saisi par la police judiciaire. Ce sont les aveux d'un trafiquant intercepté jeudi soir en voiture avec une valise contenant 30kg de cannabis près d'Angoulême lors d'un contrôle de routine des douanes qui ont permis d'arrêter les policiers. En tout, six personnes ont été placées en garde à vue dans le cadre de cette affaire, dont trois "plutôt en tant que témoins", a précisé une source proche de l'enquête. Aux domiciles des policiers, les gendarmes ont découvert 10.000 euros en liquide et une perquisition a été menée dans les locaux de la police judiciaire d'Orléans. Selon un enquêteur de la Direction interrégionale de la police judiciaire (DIPJ) d'Orléans, dont dépend la brigade des stupéfiants, les deux fonctionnaires mis en cause sont des brigadiers d'une quarantaine d'années. Les deux hommes qui faisaient partie de la DIPJ depuis près de cinq ans, pourraient s'être servis à plusieurs reprises dans des stocks de drogues placés sous scellés avec des méthodes "indétectables".

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http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/02/15/01011-20100215FILWWW00390-t...

Trafic de stupéfiants: 2 policiers jugés
AFP
15/02/2010 | Mise à jour : 07:10 Réagir
Deux membres de la police judiciaire d'Orléans accusés d'avoir organisé entre 2007 et 2008 un réseau de revente de stupéfiants en remettant en circulation des scellés judiciaires comparaîtront devant le tribunal correctionnel de Saintes de mercredi à vendredi.

Poursuivis pour trafic de stupéfiants, détournements de scellés et vols aggravés, les deux ex brigadiers-chefs du groupe de répression du trafic de stupéfiants de la Direction interrégionale de la police judiciaire d'Orléans ont été révoqués en mars dernier.

Ils seront jugés aux côtés de neuf comparses, grossistes et revendeurs, qui écoulaient la marchandise dans le Royannais (Charente-Maritime). Les deux fonctionnaires, qui ont reconnu les faits, et deux des principaux revendeurs vont comparaître détenus et encourent 10 ans d'emprisonnement.

C'est un renseignement qui avait mis les gendarmes de Saintes (Charente-Maritime) sur la piste d'un trafic organisé par des policiers. En février 2008, une information judiciaire était confiée à un juge d'instruction de Saintes. En quelques mois, à partir d'écoutes et de filatures, les enquêteurs parvenaient à identifier les principaux protagonistes de ce dossier, qui, pour la plupart, avaient noué des liens dans le milieu de la course automobile.

Un garagiste à la retraite de la région de Royan alimentait différents revendeurs de la région. Cet homme d'une soixantaine d'années s'approvisionnait auprès des policiers, qui parfois assuraient les livraisons avec leur véhicule de service.
L'un des policiers au centre de ce dossier devenait même champion de France de courses de côte en 2008 alors que l'enquête se resserrait sur lui.

En deux ans les policiers sont soupçonnés d'avoir écoulé autour de 200 kg de résine de cannabis, 25 kg d'héroïne et 2 kg de cocaïne. Les fonctionnaires, qui cassaient les prix, se fournissaient dans l'armoire à scellés de leur service, parmi les lots les plus anciens et devant être détruits. Ils remplaçaient les produits stupéfiants subtilisés par du chocolat ou du plâtre.

En janvier 2009, le garagiste a été interpellé lors d'un contrôle douanier alors qu'il venait de prendre livraison de 31 kg de cannabis provenant d'une saisie de 500 kg effectuée quelques mois plus tôt dans les Pyrénées-Orientales.

Les gendarmes avaient ensuite interpellé les différents membres de ce réseau et procédé à des perquisitions, notamment dans les locaux de la PJ d'Orléans.

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http://lci.tf1.fr/france/justice/2010-02/ils-remplacaient-la-drogue-par-...

Ils remplaçaient la drogue par du chocolat dans les scellés
le 17 février 2010 à 06h00, mis à jour le 17 février 2010 à 10:22

Deux policiers d'Orléans accusés d'avoir organisé un réseau de revente de stupéfiants en remettant en circulation des scellés judiciaires comparaissent avec neuf comparses devant le tribunal correctionnel de Saintes.

En deux ans, ils sont soupçonnés d'avoir écoulé autour de 200 kg de résine de cannabis, 25 kg d'héroïne et 2 kg de cocaïne. "Ils", ce sont deux membres de la police judiciaire d'Orléans. Ils comparaissent depuis ce mercredi et jusqu'à vendredi devant le tribunal correctionnel de Saintes pour avoir organisé entre 2007 et 2008 un réseau de revente de stupéfiants. Leur technique était bien rodée : ils se fournissaient dans l'armoire à scellés de leur service, parmi les lots les plus anciens et devant être détruits. Ils remplaçaient les produits stupéfiants subtilisés par du chocolat ou du plâtre. Ensuite, ils revendaient la marchandise en cassant les prix.

Poursuivis pour trafic de stupéfiants, détournements de scellés et vols aggravés, les deux ex-brigadiers-chefs du groupe de répression du trafic de stupéfiants de la Direction interrégionale de la police judiciaire d'Orléans ont été révoqués en mars dernier. Leurs neuf comparses, grossistes et revendeurs, écoulaient la marchandise dans le Royannais (Charente-Maritime). Les deux fonctionnaires, qui ont reconnu les faits, et deux des principaux revendeurs comparaissent détenus et encourent 10 ans d'emprisonnement.

Un garagiste en guise de revendeur

C'est un renseignement qui avait mis les gendarmes de Saintes sur la piste d'un trafic organisé par des policiers. En février 2008, une information judiciaire était confiée à un juge d'instruction de Saintes. En quelques mois, à partir d'écoutes et de filatures, les enquêteurs parvenaient à identifier les principaux protagonistes de ce dossier, qui, pour la plupart, avaient noué des liens dans le milieu de la course automobile. Un garagiste à la retraite de la région de Royan alimentait différents revendeurs du coin. Cet homme d'une soixantaine d'années s'approvisionnait auprès des policiers, qui parfois assuraient les livraisons avec leur véhicule de service.

L'un des policiers au centre de ce dossier devenait même champion de France de courses de côte en 2008 alors que l'enquête se resserrait sur lui. En janvier 2009, le garagiste a été interpellé lors d'un contrôle douanier alors qu'il venait de prendre livraison de 31 kg de cannabis provenant d'une saisie de 500 kg effectuée quelques mois plus tôt dans les Pyrénées-Orientales. Les gendarmes avaient ensuite interpellé les différents membres de ce réseau et procédé à des perquisitions, notamment dans les locaux de la PJ d'Orléans

le 17 février 2010 à 06:00

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http://www.rmc.fr/edito/info/103080/des-stups-devenus-trafiquants/

Police
Des "stups" devenus trafiquants

Pendant 2 ans, ces policiers ont fourni en drogue les alentours de la station balnéaire de Royan (Charente-Maritime)
Le tribunal correctionnel de Saintes en Charente-Maritime juge un réseau de traficants pas comme les autres... puisqu'on y trouve deux anciens brigadiers-chefs des "stups" d'Orléans...

La rédaction, avec Thomas Chupin - RMC.fr, le 17/02/2010
Des policiers "ripoux" devant le tribunal correctionnel de Saintes (Charente-Maritime). Poursuivis pour trafic de stupéfiants, ils sont soupçonnés d'avoir écoulé des kilos de cannabis, d'héroïne et de cocaïne.

Le tribunal correctionnel de Saintes en Charente-Maritime juge, à partir de ce mercredi et jusqu'à vendredi, un réseau de 11 trafiquants. Un réseau pas comme les autres, puisqu'on y trouve deux anciens brigadiers-chefs des "stups" d'Orléans. Deux policiers, qui pendant deux ans ont fourni en drogue les alentours de la station balnéaire de Royan (Charente-Maritime). Pour trafic de stupéfiants, détournement de scellés et vols aggravés, les deux fonctionnaires ont été révoqués en mars dernier, et encourent 10 ans de prison.

200 kg de cannabis, 25 d'héroïne et 2 de cocaïne

Quel était le mode opératoire de ces deux policiers ? Ils allaient tout simplement se servir dans les locaux de la police judiciaire d'Orléans. Et précisément, dans la salle des armes, où une armoire sert à stocker le cannabis, la cocaïne et l'héroïne, saisis et pas encore détruits. Les deux policiers ne se gênent pas, pendant deux ans, en 2007 et 2008, ils récupèrent 200 kilos de cannabis, 25 d'héroïne et 2 de cocaïne. Et pour être plus discrets, ils remplacent les produits par du chocolat ou du plâtre. Une fois les drogues sorties du poste de police, ils livrent la marchandise à un garagiste qui fournit directement le revendeur.
Avec un approvisionnement aussi simple, la drogue pouvait être vendue à des prix sérieusement soldés.

« C'était réglé comme du papier à musique »

Alexandre Novion, l'avocat du garagiste qui récupérait la drogue des mains des deux policiers et était chargé de la distribuer aux revendeurs, explique la « simplicité » avec laquelle fonctionnait ce trafic : « C'était réglé comme du papier à musique : mon client se déplaçait pour obtenir les livraisons de produits. C'est vrai qu'on est frappé par les facilités que la présence des forces de l'ordre a pu procurer. Et ce qui est plus pittoresque, c'est que même les enquêteurs en surveillance, n'y croyaient pas ; ils pensaient même que les policiers étaient en rapport avec un indicateur et ne voulaient pas les compromettre dans une histoire. »

« Confrontés aux trafics, ils ont perdu pied »

Les policiers expliquent leurs gestes par leur passion pour les sports automobiles. Une passion très coûteuse, qu'ils ne pouvaient, disent-ils, assouvir avec leurs salaires de fonctionnaire... Maître Ladislas Wedrychowski, l'avocat de l'un des policiers, tente lui d'argumenter pour expliquer comment son client est devenu trafiquant : « A un moment donné, on perd peut-être notion de ce qu'est la légalité, en étant confronté, au jour le jour, avec des quantités très importantes de produits stupéfiants. La frontière entre la légalité et l'illégalité... quand il faut rémunérer des informateurs avec des produits stupéfiants, on peut perdre pied.
Il faut expliquer à tout le monde la réalité du travail de ces fonctionnaires : pour pouvoir livrer à la justice d'importants trafics, ça ne tombe pas comme ça du ciel. Et la règle des 10% sur les saisies, ça existe dans la pratique des brigades de stupéfiants. »