Un stage de sensibilisation aux dangers des stupéfiants, plutôt que des poursuites.

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Un stage de sensibilisation aux dangers des stupéfiants, plutôt que des poursuites

lundi 08.02.2010, 05:03 - La Voix du Nord

C'est une mesure alternative aux poursuites judiciaires. Mise en place au début de l'année dans les juridictions d'Hazebrouck et Dunkerque, elle permet de participer à un stage de sensibilisation aux dangers de l'usage des stupéfiants, plutôt que d'être jugé. Le premier stage aura lieu le 26. Les entretiens à l'ADAJ (Association départementale d'accompagnement du justiciable) ont commencé.

PAR MARION CLAUZEL

hazebrouck@lavoixdunord.fr

Il a 25 ans, habite Nieppe et fume du cannabis depuis le collège. Récemment, le jeune homme a reçu une convocation à l'ADAJ : « Je me suis un peu inquiété. » Il y a un an, il avait été arrêté avec un joint, une boîte à effriter et un peu d'herbe. « Pour moi, c'était passé aux oubliettes. »Ludovic Duprey, procureur, explique : « On avait un peu stocké les procédures dans l'attente de la mise en place du dispositif. »

Ce dernier prévu par le ministère a été initié par l'ADAJ, localement. Ces stages s'adressent « à toute personne qui compte-tenu de ses antécédents judiciaires et de ce qu'elle déclare sur sa consommation est encore accessible à un discours de prévention ». Ils sont proposés en alternative aux poursuites, mais peuvent aussi faire office de condamnation. Dans tous les cas, ils feront l'objet d'une mention au casier judiciaire.

Mieux qu'une amende
À l'issue de son entretien avec Céline Leroux, déléguée du procureur, le Nieppois, pull noir et cheveux blonds, a le sourire. Il a accepté de suivre le stage, sans hésiter : « Si je refuse, je risque d'être jugé, d'avoir encore un rappel à la loi. » Il est aussi intéressé par l'échange : « J'ai des idées à leur donner par rapport au cannabis. » Lui verrait bien l'institution d'un seuil comme pour l'alcool. S'il envisage de changer de point de vue ? « Possible, je suis pas quelqu'un de fermé. » Le stage dure une journée et coûte 150 E à l'intéressé. Au programme : des interventions de la police ou de la gendarmerie, d'une psychologue... « Ça permettra de parler un peu », lâche un Bailleulois de 21 ans. Lui aussi a accepté cette « sanction minimum »,mieux qu'une amende : « Je paye mais j'ai quand même quelque chose en retour. » En fait, son problème, c'est moins le cannabis que l'héroïne. « Je sais très bien que c'est illégal, mais c'est dur d'arrêter », confie-t-il, les gestes impatients.

Centrée sur l'écoute, Céline Leroux souligne : « L'objectif, c'est d'éviter toute récidive sur le plan légal par la prévention, le constat étant que le sursis, une amende, ne suffisent pas à arrêter une consommation. » Elle compte sur le bouche à oreille pour inciter les justiciables à pousser les portes de l'ADAJ. Selon le même principe, existent des stages de citoyenneté pour différents types d'infraction.

Lors de cette matinée de convocation, la moitié des personnes se sont présentées. •

ADAJ, 41, avenue Delattre-de-Tassigny à Hazebrouck, Tél : 03 28 49 51 22.