Fabien Cloutier a livré sa fable aux accents surnaturels et aux effluves de marijuana devant un public réceptif...

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Publié le 30 décembre 2009 à 05h00 | Mis à jour le 30 décembre 2009 à 05h00
Alexandra Perron
Le Soleil

Virée hallucinatoire

(Québec) Oreilles chastes s'abstenir. Mais il n'y a pas à dire, le spectacle Scotstown, «ça rentre en tabarnak» ! Il faut avoir entendu le solo de Fabien Cloutier pour comprendre ces mots qui résonnaient si crûment hier, à la salle Octave-Crémazie. Une virée hallucinatoire dans ce que la mythologie québécoise a de plus pittoresque.

Révélé en 2005 par son conte urbain Ousqu'y é Chabot?, l'auteur et comédien a repris sur scène le récit de cette escapade montréalaise pour Noël de deux amis d'un village de l'Estrie. Puis Cloutier, qui campe le narrateur - début trentaine, au plus un troisième secondaire, spécialiste de l'horticulture clandestine -, poursuit son voyage en ajoutant quatre autres contes vécus sur un an.

Ainsi, il se retrouve au festival des monuments de neige de Saint-Bernard de Beauce, où il se fâche des vieux cochons qui lorgnent des jeunes filles de 13,

14 ans. Il croise ensuite une famille russe à Scotstown où il anime une activité pour enfants après avoir brisé des balançoires publiques. Puis il fait un saut à Québec pour livrer un fumoir à un Noir. Sur la route de la Beauce, il retrouve enfin Chabot... tout en croisant Lucifer.

Où diable Fabien Cloutier a-t-il pu trouver pareilles histoires? Peu importe, sa façon de les narrer, assis sur une chaise immonde, répandant des mots d'église à tout vent, soutenu par une bande sonore et un éclairage des plus efficaces, font de ce diplômé du Conservatoire de Québec un sacré conteur. Il sait bouger, chanter, danser, mimer, attendrir.

Le narrateur, un gars de bois à qui la vie ne fait pas de largesses et le laisse en proie à la peur et aux préjugés, nous parle sans détour des grosses, des gais, des Beaucerons, des étrangers, même des roux. On lui trouve pourtant certains principes et une forme de tendresse. La pièce Scotstown explore le rapport à l'autre, qu'on juge sans connaître, qu'on craint sans raison.

Fabien Cloutier a livré sa fable aux accents surnaturels et aux effluves de marijuana devant un public réceptif à ce langage à la fois cru, coloré et touchant. Les fous rires fusaient de toutes parts hier soir, des hommes comme des femmes.

Scotstown était présentée un seul soir en supplémentaire au Grand Théâtre.

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