Désinformation et propagande

Les Zamaricains, eux-autres ils l’ont pas l’affaire !

Le mois dernier, nous avons vu que la démonisation du cannabis par la désinformation policière et médiatique discrédite totalement les autorités quand vient le temps de mettre les jeunes en garde contre les drogues mortelles. Nous avons aussi vu qu’une étude de marketing commandée par Santé Canada à une filiale de la multinationale WPP, une des plus grandes agences de publicité au monde, avait été faussement qualifiée par les médias d’étude « de » Santé Canada, laissant croire qu’il s’agissait d’une étude scientifique. De plus, ces mêmes médias ont rapportés certaines conclusions choisies soutenant le discours alarmiste prohibitionniste, alors que d’autres conclusions contredisant les premières ont été ignorées.

Début janvier 2005, La Presse poursuit son œuvre de désinformation prohibitionniste en publiant en Une, à quelques jours d’intervalle, deux papiers démonisant le cannabis. Même s’il est admis que « fumer du cannabis, même à long terme, n’est pas dangeureux pour la santé. » [1] Qu’« on n’a jamais signalé de décès attribuable à une surdose de marijuana » [2] et qu’« une étude démontre qu’il faut administrer la quantité de THC fournie par 681 kg de cannabis en 15 minutes pour atteindre la dose mortelle. » [3] Cela n’a pas empêché La Presse (7 janvier) de titrer : « Cocktail mortel — Un adolescent meurt après avoir mélangé du cannabis à un puissant analgésique ».

Tout le monde n’est pas d’accord avec la légalisation du cannabis, mais la plupart s’entendent pour dire qu’il est plus que temps d’avoir un large débat public sur le sujet. En matière de cannabis, l’opinion publique « est souvent fondée sur des mythes, ou du moins sur un manque d’information », constatait le Comité spécial du Sénat sur les drogues illicites.

En matière de pourcentage de THC, des policiers « bien intentionnés » font des « déclarations qui ne sont pas tout à fait exactes », selon la GRC. Les forces policières tiennent un double discours; d’un côté ses porte-parole n’hésitent jamais à dénoncer le pot à « forte teneur en THC » dans les médias, et de l’autre, la GRC reconnaît candidement leurs mensonges dans sa « littérature » officielle.

L'article publié dans nos pages le mois dernier, dénonçant le manque de rigueur journalistique du « Dossier Les ravages du pot » (La Presse 9 et 10 octobre 2004), nous a valu une lettre enflammée de madame Marie-Michelle Poisson, (voir courrier des lecteurs page 2). La lettre de madame Poisson, qui accuse l'auteur de ces lignes de se prêter à la désinformation, est elle-même remplie de désinformation prohibitionniste. Elle reprend à son compte certains mythes prohibitionnistes véhiculés dans l'article de La Presse.

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