Cannabis psychiatres et psychose: Quels sont les effets de la consommation, excessive ou non, d’alcool et d’antidépresseurs chez les jeunes alors que le cerveau continue à se construire jusqu’à 25 ans versus le cannabis ?

Zappiste:Les Québécois sont déjà les champions de la consommation d'antidépresseurs avec 13 millions de prescriptions pour sept millions d'habitants !
79% des Canadiens se droguent à l'alcool.
Est-ce que les antidépresseurs prescrits aux mineurs nuisent au développement de leur cerveau qui se développe jusqu'à 25 ans ?

http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1036388/cannabis-marijuana-sante-men...

Légalisation du cannabis : inquiétude dans le milieu de la santé
Publié le lundi 29 mai 2017 à 16 h 59 | Mis à jour le 29 mai 2017 à 17 h 01

Si les psychiatres refusent de diaboliser le cannabis, beaucoup s'accordent à dire qu'il existe un lien évident entre une consommation intensive et plusieurs maladies mentales.

Un texte de Davide Gentile

Comme des milliers de Canadiens, Raphaëlle Lemelin consomme quotidiennement du cannabis. « C'est comme mon smoothie le matin ou un café », lance la jeune femme de 24 ans.

Étudiante à l'université, elle s'exprime bien et énonce clairement les avantages que comporte, selon elle, cette drogue. « Je consomme pour me détendre, pour être moins stressée à l'école », explique Raphaëlle, qui fume de la marijuana depuis l'âge de 11 ans.

Elle affirme que ça ne nuit pas à sa santé physique. « J'ai un super bon cardio. Au repos, je pense que je suis en bas de 60 battements par minute. » Sa santé mentale ne serait pas affectée non plus, selon elle.

Un élément déclencheur de psychose

Les psychiatres refusent de diaboliser le cannabis. « Comme pour le vin, plusieurs consomment du cannabis quelques fois par semaine sans vivre de conséquences néfastes », souligne le psychiatre et chercheur au CHUM Didier Jutras-Aswad.

Mais la consommation intensive est nettement en lien avec plusieurs maladies mentales. Le cannabis est associé à l'augmentation du développement d’une maladie psychotique, précise le chercheur.

« On peut voir des effets assez délétères sur le développement du cerveau. D'où les inquiétudes entourant la consommation du cannabis chez les jeunes », souligne M. Jutras-Aswad.

« C'est que le cerveau continue à se construire jusqu'à l'âge de 25 ans », explique pour sa part la psychiatre Amal Abdel-Baki.

(Zappiste: quels sont les effets de la consommation d’alcool et d’antidépresseurs chez les jeunes alors que le cerveau continue à se construire jusqu’à 25 ans ?)

Les recherches auxquelles elle a collaboré arrivent aux mêmes conclusions que d'autres recherches internationales. Elles établissent un lien très évident entre la consommation « intensive » de cannabis et l'apparition de psychose.

45 % des jeunes dans notre programme ont été dépendants du cannabis avant leur première psychose. Plus on consomme tôt, plus la quantité et le taux de THC est élevé, plus le risque de développer une psychose est élevé.

(Zappiste: Comment peuvent-ils affirmer qu’un taux de TCH élevé occasionne plus de risque ? Ont-ils fait des testes double aveugle sur des humains consommant différents taux de THC ?)

Amal Abdel-Baki, psychiatre
C’est exactement ce qui est arrivé à Jean-Félix Hébert-Colette. « Un moment donné, c'est 7 à 10 joints par jour que je fumais », dit-il.

L'habitude s'était installée au secondaire et sa consommation a augmenté graduellement. Après le cégep, sa dépendance l’a empêché de travailler parce qu'il a sombré dans la maladie.

Je voyais des photos se déformer et, un moment donné, j'ai commencé à voir la télé me parler.

Jean-Félix Hébert-Colette
Il a fait une psychose et est devenu bipolaire. Une maladie avec laquelle il doit vivre depuis une quinzaine d'années.

M. Hébert-Colette affirme qu'il avait des prédispositions génétiques, mais « pense que le déclencheur de la maladie a été le cannabis ».

Les scientifiques confirment que consommer du cannabis pourrait provoquer l'apparition de maladies psychotiques chez des gens qui ne les auraient pas développées autrement.

« Les données semblent indiquer qu'effectivement, les gens qui ont une prédisposition et qui n'auraient pas développé de maladie vont la développer en consommant du cannabis », précise le Dr Didier Jutras-Aswad.

Toutefois, le lien entre le cannabis et la dépression ou l'anxiété est moins bien établi par la science.

De plus, les vertus antidouleur du cannabis sont limitées, selon le Collège des médecins de famille du Canada. « Les données probantes en faveur du cannabis fumé sont faibles », mentionnait l'organisme en 2014.

Il serait notamment peu efficace contre les douleurs lombaires. « Le cannabis fumé est indiqué pour la douleur neuropathique sévère », précise cependant le Collège, qui invite les médecins à la prudence quant à la prescription de marijuana thérapeutique. Surtout parce que le cannabis « peut provoquer une forte dépendance ».

Le « syndrome amotivationnel »

Le cannabis peut provoquer une forte dépendance. « Est-ce une substance très addictive comparable à la cocaïne? La réponse, c'est non », affirme le Dr Jutras-Aswad.

Selon lui, environ 10 % des gens qui fument du cannabis acquerront une dépendance. Par contre, cannabis peut rimer avec démotivation. « Il y a un syndrome qui est décrit qui est le syndrome amotivationnel », dit la Dre Abdel-Baki. C'est le terme scientifique pour décrire un phénomène bien connu de plusieurs parents.

« Les parents parlent de jeunes peu motivés pour les travaux scolaires. Pas tellement motivés pour faire autre chose que fumer. » Mme Abdel-Baki pense même que ce problème « peut certainement contribuer à l'échec scolaire ».

Raphaëlle Lemelin dit être la preuve du fait que les consommateurs de cannabis ne sont pas tous condamnés à décrocher. « Dans mon cas, ça a eu l'effet inverse. Je suis en train de penser à une maîtrise », assure la jeune femme.

Elle souhaite que la légalisation permette aux consommateurs de mieux connaître le contenu du cannabis qu'ils fument. Par exemple, une fiche qui indiquerait le niveau de THC, le niveau de CBD, et qui l'a produit.

Quant à Jean-Félix Hébert-Colette, après ses psychoses, il a réussi à relancer sa vie et travaille maintenant en prévention dans le réseau de la santé.

Bien qu'il fasse le lien entre le cannabis et sa maladie mentale, il est favorable à la légalisation. « Avec les taxes de la vente du cannabis, on pourrait financer de la prévention et mieux informer les jeunes sur les risques. Entre autres les risques psychotiques. »

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