Les médecins québécois veulent contrer les surdoses d'opioïdes. À qui la faute? L’usage du cannabis pourrait contribuer à réduire les surdoses d’opioïdes...

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L'avantage du cannabis c'est qu'il n'a aucune dose mortelle !

Le détournement des médicaments d'ordonnance cause aussi beaucoup de problèmes chez des jeunes qui utilisent ceux de leurs parents...

http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/sante/2016/09/13/001-surdoses-opioi...

Les médecins québécois veulent contrer les surdoses d'opioïdes
Publié aujourd'hui à 4 h 45 | Mis à jour il y a 17 minutes

Le Collège des médecins presse le gouvernement du Québec d'agir pour mieux contrôler les prescriptions et les ventes d'opioïdes, car ses membres craignent que le Québec soit prochainement confronté à une vague de surdoses comme en Colombie-Britannique.

Un texte de Jean-Philippe Robillard
« On peut s'attendre à ce que ça atteigne le Québec et les Maritimes au cours des prochains mois. Pour nous, ça parait assez évident », affirme le secrétaire du Collège des médecins, Yves Robert.

L'augmentation des ventes et de la consommation d'opioïdes - des médicaments utilisés contre la douleur - inquiète au plus haut point le Collège des médecins. C'est que l'organisation est incapable de contrôler et de surveiller ce marché qui est en pleine effervescence. Elle ignore donc quel médecin a prescrit des opioïdes et quel patient en achète.

Pour Yves Robert, il s'agit d'un problème sérieux. « Nous savons qu'il y a de nos médecins qui ont prescrit jusqu'à 3000 comprimés [d'opioïdes] par mois. À notre connaissance, il n'y a pas d'indication pour prescrire 3000 comprimés à un patient par mois, affirme-t-il. On sait qu'il y a certains patients qui ont accès à plusieurs centaines, sinon des milliers de comprimés par mois. »

Le Collège des médecins est incapable de déterminer l'ampleur des fraudes et le marché destiné aux toxicomanes. Le Dr Yves Robert assure cependant que des médecins prescrivent des opioïdes de façon inappropriée, alors que des toxicomanes obtiennent de fausses ordonnances.

La question, c'est de savoir : qui prescrit, à qui on prescrit, comment les patients achètent ou multiplient les ordonnances pour être capables éventuellement de les [revendre] sur le marché [noir].

Yves Robert, secrétaire du Collège des médecins
Mais c'est impossible actuellement pour le Collège des médecins d'enquêter puisqu'il n'a pas les moyens de mettre en place un programme de surveillance des ordonnances des médicaments à risque comme ceux qui existent dans plusieurs provinces de l'Ouest.

À qui la faute?

Selon le Dr Robert, la Régie de l'assurance maladie refuse de dévoiler ses données en invoquant la confidentialité des dossiers, alors que ces dernières permettraient d'enrayer les fraudes liées aux ordonnances et de contrer le problème de surconsommation et de surdoses mortelles.

« Nous sommes en furie [...] Nous avons un blocage majeur de notre gouvernement du Québec, dit-il. Nos lois d'accès à l'information et de protection des renseignements personnels empêchent sciemment les ordres professionnels d'avoir accès à des données de surveillance d'ordonnances comme celle-là a fortiori s'il y a le nom des médecins et des patients. Donc, nous avons un problème majeur [...] Nous avons besoin d'avoir accès à ces données pour sauver des vies. »

Il ajoute : « Il y a des provinces qui sont en avance dans les programmes de surveillance, et ce, depuis plusieurs années. C'est le cas de l'Alberta, c'est le cas de la Saskatchewan, c'est le cas du Manitoba et de la Colombie-Britannique qui ont mis en place un programme de surveillance des ordonnances avec l'accès aux noms des médecins et aux noms des patients pour être capable d'intervenir chez les mauvais prescripteurs ou chez les hyper consommateurs. »

Dans le cadre des débats sur le projet de loi 98 visant à modifier diverses lois concernant l'admission aux professions et la gouvernance du système professionnel, le Collège des médecins va redemander mardi en commission parlementaire au gouvernement d'agir dans ce dossier afin de mieux surveiller les médecins, de mieux contrôler la consommation des patients, et d'éviter ainsi les surdoses mortelles. Un problème auquel fait face la Colombie-Britannique.

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http://www.ledevoir.com/societe/science-et-technologie/477982/douleurs-c...

Douleurs chroniques

L’usage du cannabis pourrait contribuer à réduire les surdoses d’opioïdes

Différentes études associent le recours aux cannabinoïdes à la réduction des surdoses et à la diminution des symptômes de sevrage
18 août 2016 |Pauline Gravel | Science et technologie

La prescription de cannabis pourrait-elle réduire les surdoses fatales aux opioïdes, dont le nombre ne cesse de croître aux États-Unis et au Canada ? Des observations cliniques de plus en plus nombreuses permettent de le croire. Des études en bonne et due forme effectuées à plus grande échelle sont cependant nécessaires pour confirmer que le cannabis est une option thérapeutique valable et moins dangereuse, qui permettrait de réduire les doses d’opioïdes, voire de les éliminer, pour traiter certaines douleurs chroniques.

En 2014, Marcus Bachhuber de l’Albert Einstein College of Medicine à New York publiait les résultats d’une étude indiquant qu’il y avait eu 25 % moins de décès par surdose d’opioïdes entre 1999 et 2010 dans les États américains qui autorisaient l’usage de la marijuana à des fins médicales que dans ceux où une telle pratique était toujours illégale. « Cette étude ne montre toutefois qu’une association et non pas une relation de cause à effet », prévient le Dr Mark Ware, directeur de la recherche clinique de l’unité de gestion de la douleur Alan Edwards du Centre universitaire de santé McGill (CUSM).

Combinaison gagnante

Dans l’édition de juin du Journal of Pain, des chercheurs de l’Université du Michigan relataient pour leur part le fait que les 185 patients qui fréquentaient la clinique de la ville d’Ann Arbor offrant du cannabis à des fins médicales avaient pu diminuer de plus de moitié les doses d’opioïdes qu’ils prenaient pour soulager leurs douleurs chroniques. Des études effectuées chez l’animal ont également montré que les cannabinoïdes et les opioïdes agissent en synergie, c’est-à-dire qu’« une petite dose de cannabinoïdes combinée à une petite dose d’opioïdes engendre un effet supérieur à celui résultant de l’administration de l’une ou l’autre de ces deux substances seulement », explique le Dr Ware.

Et en février dernier, le Clinical Journal of Pain rapportait que 44 % des 176 patients aux prises avec des douleurs chroniques qui avaient ajouté la consommation de cannabis à leur ordonnance d’opioïdes avaient pu cesser leur traitement aux opioïdes en l’espace de 7 mois. D’autres études encore suggèrent que le cannabis pourrait diminuer les symptômes de sevrage, ce qui permettrait de réduire les doses d’opioïdes plus rapidement, fait aussi remarquer le Dr Ware.

Calmer la douleur

Toutes ces études indiquent que les cannabinoïdes, ces composés actifs présents dans le cannabis, sont « efficaces pour calmer les douleurs neuropathiques », qui sont causées par une lésion du système nerveux périphérique, comme dans la neuropathie diabétique et pour les douleurs post-traumatiques dues à la section d’un nerf lors d’une chirurgie, par exemple, ou qui sont induites par une lésion de la moelle épinière, un accident vasculaire cérébral ou la sclérose en plaques, résume le Dr Ware. Il répète qu’« il ne s’agit toutefois que d’associations, d’observations cliniques, de rapports anecdotiques ou d’études animales ».

« Les médecins qui prescrivent le cannabis ont remarqué que cette substance permet aux patients de diminuer leurs doses d’opioïdes. C’est une observation clinique qui demeure une hypothèse, très intéressante au demeurant, mais une hypothèse qu’il faut vérifier de façon plus directe avant de pouvoir affirmer que le cannabis permet de diminuer les doses d’opioïdes, voire les éliminer. Pour le prouver, il faudra procéder à des études cliniques en bonne et due forme, et de plus grande ampleur, comme celles requises pour l’évaluation d’un nouveau médicament, par exemple », précise-t-il.

Chose certaine, « le cannabis est intéressant », car ses effets secondaires sont très différents de ceux de la morphine et des autres opioïdes, et probablement moins graves.

« Une surdose d’opioïdes peut provoquer une dépression respiratoire potentiellement mortelle, alors que les cannabinoïdes ne présentent pas un tel risque. De plus, les cannabinoïdes provoquent moins de nauséesque les opioïdes. Le risque de dépendance au cannabis pourrait aussi s’avérer moindre que pour les opioïdes, mais il faudra mener des études pour le vérifier », indique le chercheur.

Le cannabis présente néanmoins quelques inconvénients : « ce ne sont pas tous les patients qui y répondent. Et il peut causer de l’anxiété, de la panique et une psychose chez les individus dotés d’une prédisposition », signale-t-il.

Christian Debray - Abonné
19 août 2016 07 h 06

Manque de formation
Je suis une personne qui consomme des opioïdes en bonne quantité, car je souffre d’arthrose dégénérative à la colonne vertébrale. Je consomme des opioïdes depuis plus de 10 ans et différents antidouleurs depuis plus de 25 ans.
La recherche sur le contrôle de la douleur n’en est qu’à ses débuts et la majorité des médecins manquent de formation dans ce domaine. Beaucoup de médecins disent à leurs patients prenez des « Tylenols » et ne s’occupent pas de la suite, leurs patients souffrent pour rien. Cela gâche la vie complètement.
Il est évident que les antidouleurs n’agissent pas de la même façon chez différents patients. Il est aussi évident que les antidouleurs pris en conjonction sont souvent plus efficaces. Il est donc nécessaire que les médecins soient plus informés sur l’ensemble des molécules disponibles.
Prenez un ensemble de personnes handicapées ou des personnes âgées et laissez les souffrir tous les jours et regardez ce qui se passe avec les nouvelles lois sur la mort assistée. L’euthanasie et le suicide assisté deviennent des choix logiques sans réelles raisons.
Pensez-y encore.

Jacques Lapointe - Abonné
20 août 2016 15 h 42

Il y a environ 6 ou 7 ans, suite à la déchirure de la coiffe des rotateurs, ca m'élançait dans l'épaule et au bras. Ne pouvant plus supporter cela, j'ai pensé sérieusement au suicide. Heureusement une connaissance m'a référé à un médecin qui m'a prescrit des oxy-contain 20 mg, comme ça n'agissait pas j'ai pris 40 mg au 2 jours. Et la ca m'a beaucoup aidé. 1.5 an plus tard j'ai été opéré, pose d'une prothèse, et cela a résolu le problème. Les médecins me disaient de prendre du tylenol, ce qui était innefficace. Ce docteur m'a sauvé la vie, car si ce n'est de se médecins je ne serait plus là aujourd'hui. Sur les 1000 hommes environ qui se suicident chaque année, combien en ont assez de souffrir. J'en veux au Collège des médecins qui fait pression sur les médecins pour ne pas donner de morphine. Le sevrage a été d'environ 1 mois dans mon cas, et je n'ai jamais ressenti le besoin d'en prendre de nouveau.

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