Étude Néo-Zélandaise: Le lien entre cannabis et déclin du QI est contesté

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Jean-François Cliche

Mardi 15 janvier 2013 | Mise en ligne à 11h51 | Commentaires (13)

Le lien entre cannabis et déclin du QI est contesté

L’étude avait fait grand bruit, l’été dernier : chez une cohorte d’environ 1000 Néo-Zélandais suivis de la naissance jusqu’à 38 ans, l’usage intensif de cannabis pendant l’adolescence était associé à une baisse permanente du quotient intellectuel (QI) de 8 points. Quand on sait que ce quotient est exprimé par rapport à une moyenne dont la valeur est de 100, et que 95 % de la population se situe entre 70 et 130, la différence était notable.

Or voilà que ces résultats sont contestés dans la même revue qui les avait publiés, soit le dernier numéro des Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS). L’auteur de l’article est un économiste norvégien, Ole Rogeberg, qui souligne que le statut socio-économique est ici un «facteur confondant» important — c’est-à-dire que provenir d’une famille pauvre et peu instruite est un facteur associé à la fois à une plus grande consommation de cannabis et à des scores plus bas aux tests de QI. En utilisant le niveau d’instruction des 1000 personnes de la cohorte néo-zélandaise pour se faire une idée (imparfaite, mais quand même) de leurs origines, et en comparant les utilisateurs lourds aux non-utilisateurs ayant le même degré d’instruction, M. Rogeberg arrive à une baisse de QI qui est moitié moindre que celle observée dans l’étude parue l’été dernier, et comme elle concerne un très petit nombre de gens, elle n’est pas statistiquement significative.

En outre, l’économiste a introduit ces données dans un modèle informatique qu’il a fait rouler 500 fois. De nouveau, ses résultats montrent un effet du cannabis sur le QI qui n’est pas significatif. Notons toutefois que ce modèle présumait que le statut socio-économique est un prédicteur de l’usage de la mari, et que l’instruction obligatoire augmente artificiellement et temporairement de 4 points le QI des gens d’origines modestes — il n’est donc pas étonnant que ce modèle donne de tels résultats.

Fait à noter, l’article de M. Rogeberg semble avoir assez bien convaincu plusieurs experts, à en juger par la réaction de ceux qui ont été interviewés par le site de la revue Nature. La question est donc encore ouverte…

AJOUT (12h32). Petite mégarde de ma part : j’aurais dû spécifier que les auteurs de l’étude originale affirment avoir déjà contrôlé la variable socio-économique et qu’elle ne suffisait pas à expliquer toute la baisse du QI. Mes excuses.

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