CSLE 2005 - 2. Si voter pouvait changer les choses, voter serait illégal !

En deuxième lieu, notre organisation est régie par les règlements de la Loi électorale, ce qui nous oblige à être vigilants envers les abus et les iniquités du processus démocratique. En dernière analyse, le Bloc Pot étant un élément du système électoral actuel, nous devons être extrêmement critique face à l'électoralisme présent dans notre démocratie libérale.

En effet, l'élection d'un représentant à l'Assemblée rompt l'égalité du pouvoir politique entre les éluEs et les citoyenNEs et principalement, retire toute possibilité politique à la collectivité de s'organiser et de se responsabiliser devant les problèmes sociaux. Le système politique dans lequel nous sommes inscrit temporellement dans l'histoire ne sert pas – et n'a jamais servi – les intérêts de la population mais ceux de l'impératif économique de la clique nationale derrière la construction de l'État.

Pour nous, la prohibition est le symbole par excellence de cette dictature politique ambiante que le développement économique a eut besoin pour s'organiser et s'assurer une pérennité. L'étude des politiques prohibitionnistes dévoile au grand jour les jeux du pouvoir tant au niveau de l'exécutif, du législatif, du judiciaire que de l'économique.

La criminalisation du cannabis en 1923 a permis au gouvernement fédéral de s'immiscer dans les différentes juridictions provinciales qui concernent la gestion du cannabis. Depuis, le gouvernement provincial a démontré son irresponsabilité vis-à-vis cette réalité qui concerne directement son pouvoir politique. Mettre fin à la prohibition doit être un rapatriement de la ressource par les producteurs et les productrices à leur propre fin.

En 2003, la Cour Suprême a statué que le Parlement avait le dernier mot sur la prohibition. Elle vient donc de confirmer, assurément sans le savoir, la démarche que nous avons entreprise au cours des dernières années. De plus en 2002, le Rapport sénatorial sur la cannabis, préparé par le Sénateur Pierre-Claude Nolin, stipule que le pouvoir sur la régulation du cannabis dans notre société canadienne est de juridiction provinciale.

Ainsi par notre démarche politique, nous désirons briser la peur, contrecarrer la honte et mettre fin à l'isolement que ce système nous impose tant au niveau prohibitionniste que politique. L'atomisation présente a une fin et cette fin est marquée par l’action des différentes parties de l'ensemble socio-économique dont notre base sensible forme plus de 25% de la population québécoise.

Voilà pourquoi le Bloc Pot propose la mise en place d'un système politique qui préférera les solutions collectives aux rapports de forces stériles et puériles.