Légalisation du cannabis : un centre de désintoxication du N.-B. est inquiet

Le centre de désintoxication Portage Atlantique à Cassidy Lake au Nouveau-Brunswick a souligné le passage à la sobriété d'une trentaine de jeunes dimanche. Or, la légalisation du cannabis, prévue le 17 octobre prochain, inquiète les intervenants en toxicomanie et les jeunes qui tentent de se sortir de la dépendance.

La légalisation du cannabis n'est pas vue d'un bon oeil pour ceux qui sont parvenus à changer leur mode de vie. Pour la plupart des jeunes rencontrés au centre, c’est le cannabis qui a été leur porte d’entrée vers l’univers de la drogue.

J'ai commencé avec la marijuana quand j'avais 14 ans, puis à 16 ans j'avais pas mal tout essayé, mais la cocaïne était ma drogue de choix, raconte Kassandra Melanson, une ancienne résidente du centre.

À Cassidy Lake, le Centre Portage dégage une force tranquille qui limite les tentations, mais le 17 octobre, le cannabis deviendra plus accessible au public grâce à l'ouverture d'une dizaine de succursales de Cannabis NB dans la province.

Plusieurs de nos jeunes qui sont admis en traitement ont géré une psychose et ont été admis à l'hôpital avant d'entrer ici et leur drogue de choix était surtout le cannabis, indique Luc Desjardins, chef de service au Centre Portage Atlantique.

Il se dit inquiet par la légalisation, car il craint que les jeunes qui sortent du centre rechutent plus facilement.

C'est très difficile de retourner par la suite dans leur milieu, mais avec les outils qu'ils ont acquis ici à Portage disons que leurs chances sont beaucoup plus élevées tout de même, dit-il.
Pour Kassandra Melanson, le cannabis a été le point de départ : Pour certains, le cannabis c’est juste une fois de temps en temps dans un party, mais pour moi c’est un déclencheur. Quand les gens en fument, ça me donne envie de recommencer et de retomber dans la drogue.

Quatre mois de thérapie ont permis à Kassandra Melanson de quitter le centre Portage, en août. Elle se retrouve maintenant sur les bancs d'université.

La partie la plus difficile c'est demander de l'aide et prendre le téléphone, mais ça vaut la peine parce que si je n'étais pas venue à Portage je ne serais probablement pas en vie aujourd'hui, avoue-t-elle.

D’après un reportage de Jean-Philippe Hughes

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