Le New York Times prône la légalisation du cannabis aux États-Unis, un produit beaucoup moins dangereux que l'alcool.

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Le New York Times prône la légalisation du cannabis aux États-Unis

La réforme des lois sur la marijuana n'a pas fini de faire débat aux États-Unis. Dans son éditorial du 27 juillet, le New York Times appelle les autorités fédérales américaines à légaliser cette drogue.

«Il y a plus de 40 ans, le Congrès a adopté l'interdiction actuelle du cannabis, infligeant un grand préjudice à la société simplement pour interdire un produit beaucoup moins dangereux que l'alcool. Le gouvernement fédéral devrait dépénaliser le cannabis», écrit le quotidien américain.

Dans son éditorial intitulé «Abrogez la Prohibition, encore», l'interdiction en vigueur est comparée à celle de la vente d'alcool entre 1920 et 1933: «Il a fallu treize ans pour que les États-Unis reviennent à la raison et mettent fin à la Prohibition, treize ans pendant lesquels on a continué de boire, de sorte que des citoyens respectueux de la loi sont devenus des criminels et que les syndicats du crime sont apparus et ont prospéré».

Des coûts «immenses» pour la société

Précisant que les membres du comité de rédaction sont arrivés à «cette conclusion après de nombreux débats», le journal affirme que l'addiction et la dépendance sont des «problèmes relativement mineurs», en particulier par rapport à l'alcool et au tabac. Cependant, il s'oppose à la vente du psychotrope pour les mineurs, c'est-à-dire les consommateurs âgés de moins 21 ans aux États-Unis. Prenant en compte les inquiétudes portant sur le développement du cerveau des adolescents, le journal estime que «la consommation modérée de marijuana ne semble pas présenter un risque pour les adultes en bonne santé».

Par ailleurs, les coûts sociaux de l'interdiction seraient «immenses».

Le New York Times cite des chiffres du FBI qui a recensé 658.000 arrestations pour détention de marijuana en 2012, soit beaucoup plus que pour la cocaïne, l'héroïne ou leurs dérivés (256.000). Le journal va plus loin en qualifiant ce bilan de «raciste»: les arrestations concerneraient de «manière disproportionné les jeunes hommes noirs». Une thèse défendue par le réalisateur américain Eugene Jarecki.

Dans son documentaire «Les États-Unis et la drogue, une guerre sans fin» diffusé en 2012, il fait un lien entre la lutte contre la drogue et la question raciale aux États-Unis. Selon lui, la guerre contre les stupéfiants menée depuis 35 ans est un échec, les consommateurs étant toujours aussi nombreux. Un rapport de la London School of Economics estimait également en mai dernier que la stratégie répressive pour tenter d'éradiquer la drogue dans le monde «a échoué».

Une manne financière pour les États

Depuis 2014, le cannabis est en vente libre dans l'État de Washington et du Colorado. Dans cet État conservateur de l'Ouest, qui a été le premier à légaliser la vente du stupéfiant à des fins récréatives, la légalisation rapporte gros. Le Colorado perçoit 10 % de taxes sur la vente au détail et 15 % sur le prix de gros. En avril, le gouvernement local a perçu 3,5 millions de dollars (2,6 millions d'euros) de rentrées fiscales selon le Denver Post. Des résultats en accord avec les prévisions des autorités qui tablent sur un chiffre d'affaires de 578 millions de dollars (425 millions d'euros) cette année, dont 67 millions (49 millions d'euros) iront directement dans les caisses de l'État.

Le cannabis à usage médical est, à l'heure actuelle, autorisé dans 23 des 50 États américains, en plus de la capitale Washington. Selon les derniers sondages des instituts Pew Research Center et Gallup, les Américains seraient majoritairement favorables à la légalisation du cannabis.

En Floride, à quatre mois d'un référendum sur la question, quelque 88% des électeurs se disent d'accord pour autoriser la vente de cannabis à des fins médicales, selon une enquête réalisée par l'institut Quinnipiac.

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