Grâce à la prohibition: La Vente de drogue: Un deal lucratif pour de jeunes banlieusards désœuvrés...
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Vente de drogue: Un deal lucratif pour de jeunes banlieusards désœuvrés Wednesday,
26 March 2014 16:37
Written by Bouba Sow
Malgré la ferme détermination des forces de sécurité dans le combat qu’elles mènent contre le trafic de drogue et les résultats encourageants obtenus dans ce domaine, ce créneau a tendance à devenir un recours privilégié pour nombre de jeunes banlieusards désœuvrés ou adeptes de la facilité.
La conjoncture économique difficile est souvent un prétexte pour des jeunes désœuvrés ou qui trouvent insuffisants les revenus que leur rapporte leur travail pour intégrer le milieu de la drogue. Au lieu de solliciter une formation professionnelle en vue de pouvoir obtenir un métier, de nombreux jeunes se rabattent tout bonnement sur la vente de drogue pour se tirer d’affaires. Certains vont jusqu’à renoncer à leur travail.
C’est le cas de ce jeune homme répondant au nom de Ablaye T. que des policiers ont surpris dimanche dernier dans la chambre de son ami Samba S. vivant à Pikine rue 10. La chambre de ce dernier transformée en fumoir est souvent le lieu de rencontre de plusieurs jeunes adeptes de «l’herbe qui tue». Nouveau trafiquant de drogue, Ablaye T. en profite pour écouler ses cornets de chanvre indien qu’il prend le soin de bien conditionner chez lui avant de se rendre dans ce fumoir. Pourtant, ce jeune homme âgé d’un peu plus de trente ans a réussi à évoluer dans ce créneau pendant longtemps sans avoir été inquiété une seule fois. C’est sûrement cette longue période d’impunité qui l’a poussé à foncer jusqu’au jour de son arrestation.
En effet, dans la chambre de Samba S. embaumée de fumée de chanvre indien, les éléments de la brigade de recherche de la police de Pikine ont surpris ce dernier en compagnie d’Ablaye T. et d’un autre jeune du nom d’Ibrahima B., tous les trois en train de tirer tranquillement sur des joints de chanvre indien. Pris au dépourvu, aucun des trois n’a tenté de fuir. Le trio est ainsi soumis à une fouille au cours de laquelle, dix-huit cornets de chanvre indien ont été découverts dans la poche d’Ablaye T. Tous les trois conduits à la police, le trafiquant présumé s’explique : « Je suis un trafiquant de drogue, une activité que j’exerce depuis longtemps pour la simple raison que c’est l’unique travail lucratif à ma portée et grâce auquel je tire les revenus qui me permettent d’entretenir ma famille ».
« Trafiquer pour s’en sortir »
Deux autres jeunes ont été récemment écroués par la police de Thiaroye pour trafic de drogue. Tous les deux avaient embouché la même trompette du chômage pour justifier leur intégration dans ce milieu de trafic de drogue. Contrairement à Ablaye T. qui est chômeur, O. Daffé, quant à lui, exerçait le métier de mécanicien tandis que son compère A. Sy évoluait dans la vente d’œufs. La police les avait surpris devant le domicile du premier en train de prendre du thé. Se basant sur les signalements qui leur ont été livrés, les limiers ont vite reconnu les deux dealers présumés. O. Daffé tombe avec 2,5 kg de chanvre indien tandis qu’A. Sy détient 24 cornets du même produit. Le duo est conduit au commissariat. «C’est parce que l’activité que j’exerçais ne me rapporte pas grand-chose que j’ai recouru au trafic de drogue pour m’en sortir », avaient déclaré en substance tous ses deux jeunes. Interrogé sur cette excuse que brandissent beaucoup de dealers, le commissaire Traoré du poste de police de « Jaxaay» explique que cette rengaine souvent servie par certains trafiquants de drogue arrêtés n’est rien d’autre qu’un alibi utilisé pour se dédouaner et s’attirer la clémence de ceux qui sont appelés à décider de leur sort.
Selon un chef de la brigade de recherche d’un commissariat, c’est seulement le goût de la facilité qui pousse ces jeunes à se reconvertir dans la vente de drogue. «Hormis les risques d’incarcération que le trafiquant court, il mène une vie tranquille dans la mesure où, après avoir conditionné la marchandise, il passe son temps à prendre du thé ou à flâner », commente le policier en tenue civile. Comme pour dire que parallèlement à ces effets dévastateurs, le chômage constitue un bon prétexte à cette catégorie de la société pour continuer à surfer dans l’illégalité.
Abdou DIOP
















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