Cannabis: Quand une loi est tellement violée qu’elle ne sert plus à rien, il faut avoir le courage d’envisager son abrogation

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Quand une loi est tellement violée qu’elle ne sert plus à rien, il faut avoir le courage d’envisager son abrogation, faute de quoi c’est le principe même du respect de la loi qu’on tourne en dérision.

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Le droit au pétard????Mis en ligne le 08.12.2013 à 18:01

Charles Poncet

Il se produit et se consomme dans le monde une cinquantaine de milliers de tonnes de cannabis par an, soit environ deux kilos par seconde, selon des estimations incertaines en raison de l’illicéité de la substance dans la plupart des pays. Le plus gros producteur est probablement les Etats Unis, ce qui est significatif en soi. Le marché mondial n’est pas connu de façon précise – évidemment…- mais il vaut probablement entre 40 et 100 milliards de dollars par an, dont l’essentiel finit dans les poches d’organisations criminelles, qui ont ainsi de quoi financer leurs autres activités. Elles peuvent aussi corrompre à tout va, l’argent coulant à flots année après année.

Il y a en Suisse environ 170'000 consommateurs réguliers et un tiers des Suisses a fumé un joint une fois ou l’autre, pour un marché d’un milliard de francs environ de ce qui reste une drogue illicite – sa consommation est punie d’une contravention – selon le programme «Monitoring cannabis suisse» de l’Office fédéral compétent.

Bâle et Zurich verraient d’un bon œil une légalisation et un groupe de députés genevois propose une «expérience pilote» pour la création à Genève d’associations où l’on pourrait aller se fournir librement, afin de tordre le cou au trafic de rue. L’idée est sympathique, mais elle passe à côté du vrai problème et elle présente de sérieux inconvénients.

Ces «mouvements associatifs» d’abord, postulés «clean», seraient bien vite infestés de dealers, tels les proxénètes de jadis se recyclant dans l’hôtellerie. Il ne faudrait pas longtemps avant que le «stock» et les locaux de Pierre – j’allais écrire Abdullah, mais j’entends déjà les mugissements de la Commission fédérale contre le racisme…- ne partent en fumée un soir de brume, le concurrent «associatif» jaloux, Paul – oserais-je dire Abokoye, au risque de fâcher Martine Brunschwig-Graf ? – y ayant subrepticement glissé quelques bâtons de dynamite; après quoi les potes d’Abokoye, en proie à une légitime bouffée d’agacement, ne manqueraient point de briser les os d’Abdullah à coup de démonte-pneus et comme dirait Brassens «la suite serait délectable, mais je ne peux la dire ici...»

On pourrait aussi voir le reste de la Suisse - sans parler de la France et de la Navarre - défiler à Genève pour profiter de l’aubaine. Or celles et ceux qui ont connu le Platzspitz à Zürich préféreraient se passer d’une nouvelle expérience du même type…

Enfin et surtout, le vrai problème n’est pas posé. Il faut oser dire que la répression pénale de la consommation et du trafic de drogue sont un échec planétaire. Le marché illicite déverse chaque année des milliards dans des organisations criminelles capables – comme au Mexique – de conduire un pays au bord de la guerre civile si on essaye de les mater.

La vraie question est donc : faut-il légaliser l’usage de stupéfiants (cocaïne, opiacés, amphétamines, ecstasy et autres produits créatifs compris) pour tordre le cou aux mafias qui s’y engraissent ? Vaut-il mieux admettre qu’il s’agit exclusivement d’un problème de santé publique et que le droit pénal n’a rien à y faire ? Vaut-il mieux contrôler la qualité, taxer et financer de la sorte des campagnes d’information ?

Horreur dira-t-on ! Et le «message» donné à nos jeunes si on légalise ?

Balivernes. Je n’ai pas plus envie que d’autres de voir un jour nos adolescents se fournir en pétards à l’épicerie, mais le fait est – tous les parents le savent – qu’aujourd’hui en Suisse, la drogue est de facto en vente libre. Il n’y a pas de soirée où un jeune Suisse ne puisse se droguer si l’envie lui en prend, sauf peut-être les goûters de la Fraternité d’Ecône et encore.

Ce qui empêche notre progéniture de se droguer, c’est l’éducation que nous lui donnons, l’information de l’école, les conseils du médecin, la pratique du sport, la pression du groupe et l’exemple des parents aussi, mais sûrement pas la peur du gendarme.

Quand une loi est tellement violée qu’elle ne sert plus à rien, il faut avoir le courage d’envisager son abrogation, faute de quoi c’est le principe même du respect de la loi qu’on tourne en dérision.

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