Faim dans le monde: Les agro-carburants, mal nommés biocarburants sont loin d'être bio

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http://fr.answers.yahoo.com/question/index?qid=20080701021138AAVQBlT

En réponse à la question: Quelle quantité de blé faut-il pour produire un litre de carburant ?

Les agro-carburants, mal nommés biocarburants sont loin d'être bio

Deux principaux problèmes entachent la réputation des agro-carburants : les rejets de carbone nécessaire à leur fabrication et le rendement énergétique par hectare cultivé. Les plantes actuellement utilisées offrent de ces deux points de vue des bilans médiocres. L’éthanol (produit en Europe et aux États-Unis à partir de maïs, blé et betterave) exige ainsi presque un litre de pétrole pour produire un litre d’agro-carburant !

La production de bioéthanol en France est aujourd’hui assurée à 70% à partir de betteraves et à 30% à partir de céréales, un pourcentage qui va évoluer dans les prochaines années, avec la création de distilleries qui auront pour matières première des céréales. Ainsi le développement des biocarburants va devoir amener les agriculteurs à utiliser des terres à vocation alimentaire. Quand on sait qu’un plein de 4X4 de 95 litres utilisent de quoi nourrir une personne pendant un an (205 kg de maïs subventionné), on peut s’interroger sur le bien fondé d’une politique qui préfère remplir des réservoirs « solvables » plutôt que des ventres « insolvables » !..

Le diester (dérivé du colza et du tournesol) utilise beaucoup moins de pétrole, mais nécessite des surfaces de culture délirantes : en France, 60% des terres à colza sont consacrées aux agro-carburants, pour une production anecdotique.
Ces carburants ne pourront en aucun cas remplacer le pétrole que les pays riches consomment aujourd'hui". "50% des surfaces agricoles françaises dédiées aux agro-carburants ne permettraient de répondre qu'à 20% de notre consommation de carburant d'aujourd'hui.

Le patron de Nestlé Peter Brabeck s’étonne devant l’enthousiasme général provoqué par les biocarburants. « Pour produire un litre de bioéthanol, il faut 4560 litres d’eau », a-t-il rappelé dans une interview parue samedi dans le “Magazine” du “Tages-Anzeiger”.

Avant de sortir « l'éthanol » de l'alambic, il y a eu du travail et des dépenses d'énergie considérables.
Le tracteur qui laboure, sème et engraisse pour finir par arracher puis transporter aux camions qui continuent vers la « sucrerie » reconvertie en distillerie. Cela représente une bonne quantité de carburants. Si l'on y ajoute tout ce que consomme l'usine chimique pour produire les ammonitrates qui engraissent les terres à betteraves on obtient beaucoup de calories.

On n'a pas fini. L'usine va laver triturer malaxer, chauffer et pressurer pour sortir le jus fermentescible chargé de saccharose (le sucre). Même, si les levures travaillent sans salaires ni syndicats, elles vont consommer 33% du carbone pour produire le gaz carbonique qui fait pétiller le champagne, et les yeux de nos dames.
Ces levures vont produire de l'alcool, jusqu'au plafond de leur empoisonnement qui se situe à environ 15%, dans les mélasses, diluées en conséquence. Comme quoi les levures sont moins fragiles que les hommes qui n'en supportent que moins d'un demi pour cent de leur masse, avant le coma létal.

Ce n'est pas encore fini, car, le mélange eau alcool, limité à 12° pour des questions de productivité, devra être distillé de manière à éliminer 84% d'eau par évaporation. L'énergie nécessaire se calcule très facilement, mais il est encore plus précis d'utiliser les chiffres globaux de la comptabilité analytique de la production. En tout, il aura fallut plus d'un litre d'équivalent pétrole pour produire un litre d'alcool et il faudra 1,56 litres d'alcool pour donner l'énergie d'un litre d'essence.
Bien entendu, en brûlant ce coûteux produit, on va encore produire du gaz carbonique, ce qui devrait faire de la peine aux illusionnistes des gaz à effet de serre.

Si on raisonne, sans tenir compte de la fiscalité, comme le fit notre Ministre frisé de l'économie et des finances, mal « instruit » par son service des douanes, on peut produire l'illusion, si c'est le but cherché.
Si on est une Directrice de l'ADEME gouvernementale compétente, on doit enquêter auprès des distillateurs, analyser les comptabilités et conclure sur la comparaison de choses comparables.
Lors de sa conférence radiodiffusée sur ce sujet, le Capitaine au long cours HADDOCK (de la section Flandres-Artois en Belgique) qualifiait l'alcool d' « ennemi du marin ». Il aurait pu ajouter « ennemi du contribuable ».

Les exemples étrangers à grande échelle ne sont guère plus encourageants : aux États-Unis où la production d’éthanol augmente de 20% par an depuis 2001, l’importation massive de maïs (dont l’éthanol est dérivé) du Mexique a fait grimper son prix de 16% en 2006, rendant hors de prix un bien alimentaire de base en Amérique latine. Si on ajoute à cela les étés pourris qui ruinent les récoltes en zone tempérée et une augmentation de la population mondiale faisant gonfler la demande alimentaire, on voit bien vite que miser durablement sur les agro-carburants pourrait amener à un choix drastique entre la bagnole et la tambouille.

Il s’est produit en 2006 dans le monde, 475 milliards d’hectolitres d’agro carburants de la filière alcool, à partir du maïs, de la betterave, du blé et de la canne à sucre. C’est ce qui explique que les deux premiers producteurs mondiaux étaient les États-unis et le Brésil, avec respectivement 200 et 165 milliards d’hectolitres. Rappelons que, selon les chiffres officiels, près de 15 millions de Brésiliens souffrent de faim ! On peut aussi remarquer que les grands centres de production céréalière, particulièrement l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud, l’Europe, l’Asie, sont les zones où la production d’agro carburants va s’accentuer.

On ne peut pas ne pas redouter là, les pressions qui vont s’exercer sur les prix au détriment, en premier lieu, des 850 millions de personnes évoquées plus haut. Qu’à cela ne tienne, le gouvernement indien prend l’engagement de planter 14 millions d’hectares de ce jatropha qui peut produire du diesel, la Banque inter américaine développement promet 120 millions d’hectares, et pour ne pas être en reste dans la surenchère, des très fortes pressions s’exercent au sein de l’Union Européenne pour que l’on comprenne que ce sont, au moins, 400 millions d’hectares qui sont disponibles en Afrique.

Que reste-t-il de ces élucubrations avec si peu de chiffres ? Seulement la conclusion du vieux paysan : « Si c'est pas malheureux de brûler de la nourriture »
Va-t-on encore nous parler de FAIM DANS LE MONDE ?

En espérant avoir répondu à ta question…

Amicalement…
Sources :
http://www.journal-la-mee-2.info/spip.ph
http://www.france.attac.org/spip.php?art
http://www.autourdubio.fr/?post/Les-bioc
http://www.leblogauto.com/2007/05/le-bio
http://seme.cer.free.fr/index.php?cat=bi
http://www.leblogfinance.com/2006/11/bio
http://www.ecologie.gouv.fr/Situation-su
http://www.ruralinfos.org/spip.php?artic

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