Santé: Un dérivé de l'ecstasy efficace contre des cellules cancéreuses

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Un dérivé de l'ecstasy efficace contre des cellules cancéreuses
Mise à jour le jeudi 18 août 2011 à 22 h 23 HAE

Des chercheurs de l'Université de Birmingham, au Royaume-Uni, ont découvert une forme modifiée de l'ecstasy, ou MDMA, 100 fois plus efficace pour détruire les cellules cancéreuses en laboratoire que la drogue elle-même, ce qui ouvre la voie à une possible application thérapeutique.

Il y a six ans, les chercheurs britanniques avaient montré que la moitié des cancers des cellules sanguines examinées en laboratoire réagissaient aux psychotropes, ceux-ci ayant pour effet de supprimer la croissance des cellules cancéreuses.

Les psychotropes, qui agissent principalement sur l'état du système nerveux central, comprennent aussi bien des dérivés d'amphétamines tels que l'ecstasy, des antidépresseurs comme le Prozac ou des substances amaigrissantes.

À l'époque, l'équipe de l'Université de Birmingham avait souligné la difficulté de créer un médicament en se basant sur ces résultats initiaux, car la dose d'ecstasy nécessaire pour traiter une tumeur aurait été fatale pour le malade.

Ces dernières années, l'équipe britannique a travaillé avec des collègues de l'Université d'Australie-Occidentale afin de modifier la structure chimique de la molécule d'ecstasy et d'identifier des formes beaucoup plus efficaces, permettant de diminuer les quantités requises.

L'étude publiée en ligne vendredi dans la revue Investigational News Drugs montre que certaines formes modifiées d'ecstasy sont capables d'attaquer et de détruire les cellules cancéreuses avec une efficacité cent fois supérieure à l'ecstasy.

Dans certains cas, il a été possible de tuer toutes les cellules cancéreuses qui se trouvaient dans l'éprouvette, affirment les chercheurs.

Les chercheurs croient que la molécule se loge dans la membrane des cellules cancéreuses, les fragilisant et provoquant leur rupture. Les cellules cancéreuses sont plus vulnérables à ce processus que les cellules saines.

Utilisations thérapeutiques

Ces résultats préliminaires ouvrent la voie à des utilisations potentielles pour les traitements de cancers tels que les leucémies et les myélomes (des cancers de la moelle osseuse) ainsi que les lymphomes (les cancers du système lymphatique).

« Nous ne voulons pas donner de faux espoirs aux gens, mais les résultats de notre recherche offrent un potentiel pour améliorer les traitements dans les années qui viennent », a indiqué le professeur John Gordon, dans un communiqué publié par l'Université de Birmingham.

L'équipe espère progresser vers des études précliniques, précise le communiqué.

Le docteur David Grant, dont l'association Leukaemia and Lymphoma Research a contribué au financement des travaux, estime qu'il s'agit d'« un pas considérable vers le développement d'un nouveau traitement potentiel ».

« Plusieurs types de lymphomes restent très difficiles à traiter et nous avons désespérément besoin de médicaments efficaces, avec peu d'effets secondaires », a-t-il observé.

Radio-Canada.ca avecAgence France Presse et BBC

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