Le cannabis en voie de disculpation ? Il paraît que cela fait partie des coutumes pré-électorales...
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Le cannabis en voie de disculpation ?
Écrit par La Rédaction du Scandaleux Mag' Dimanche, 17 Juillet 2011 08:45
Il paraît que cela fait partie des coutumes pré-électorales : la question de la dépénalisation (voire même de la légalisation) du cannabis refait surface, à grands coups de sondages d'opinion et de faux débats, pour finalement mieux disparaître jusqu'à sa prochaine réapparition cinq années plus tard.
Les élections de 2012 n'y auront pas échappé, le cannabis a fait parler, sans que rien d'autre n'ai abouti. Si certains se sont prononcés en faveur d'une modification de la législation, jugée totalement obsolète, d'autres se sont montrés clairement allergiques à l'idée de toute modification, préférant poursuivre la politique actuelle en matière de lutte contre la drogue. Mais y a-t-il eu véritablement débat ?
Le rapport très sérieux de l'ancien ministre socialiste Daniel Vaillant préconisant une « légalisation contrôlée du cannabis », même s'il n'aura pas beaucoup fait bouger les lignes, aura au moins eu le mérite de poser des bases solides pour un débat sur une question de société relativement importante. Relativement importante dans le sens où plus de 20% des jeunes français auraient consommé du cannabis au cours du dernier mois. Chaque année c'est près de 4 millions de Français qui s'y essaient avec 1,2 millions de consommateurs réguliers. En bref si on regarde les chiffres l'usage régulier de cannabis est du même niveau que l'usage régulier d'alcool.
Quelles ont été les réactions de la classe politique suite à la divulgation du rapport de Daniel Vaillant, ex « premier flic de France » ? Si à droite on est presque unanimement contre la légalisation ou dépénalisation de l'usage de cannabis, la gauche est plus partagée, notamment au sein du parti socialiste où il existe de nombreuses divergences sur la question. Rien d'anormal finalement, il semble logique qu'une telle question divise.
Ce qu'il y a de plus anormal, et de véritablement inquiétant, ce sont les réponses qu'ont donné de nombreux politiques à la question; réponses remplies de certitudes infondées, de raisonnement foireux ou encore dénotant une méconnaissance totale de la situation actuelle. Dans ce florilège on retiendra le joli bottage en touche de Jean-François Copé : « Qu'après 10 années d'opposition, sa seule proposition saillante - du PS, NDLR - soit la dépénalisation du cannabis, c'est totalement irresponsable et dangereux pour nos jeunes », le joli rapprochement cannabis-heroïne de Bernard Accoyer : « les dealers étendraient leur talent à l'héroïne et à d'autres substances évidemment dangereuses », les valeurs de Manuel Valls : «Quand on est de gauche, épris de liberté, on ne peut pas accepter l'idée de légaliser quelque chose qui crée de la dépendance » ou encore les certitudes de Xavier Bertrand : « La société française ne veut pas de la dépénalisation du cannabis ».
Certains hommes politiques paraissent totalement hostiles à ce débat, préférant fermer les yeux et s'enfermer dans leurs convictions. Pourtant tous s'accordent sur le fait que la politique répressive actuelle est un échec. La France est le pays européen où le nombre de consommateurs est de loin le plus élevé tout en étant l'un des pays européens les plus répressifs. Si en 1985 on comptait prés de 12 000 interpellations pour usage simple de cannabis, ce chiffre s'élevait à 91 000 en 2005 ! Pire encore, entre 2002 et 2008 les peines pour usage ont doublé tandis que les condamnations pour trafic ont baissé. Et un simple coup d'œil sur ce que font nos voisins européens, notamment portugais, devrait suffire à rendre évident l'utilité d'un changement de la politique actuelle en matière de lutte contre la drogue. Mais que nenni, la France doit être un cas à part, et voudrait être l'exception qui confirme la règle ! On pouvait espérer un simple débat d'idées, notamment au sein de la majorité, mais nada... Encore une fois certains représentants de la classe politique auront brillé par leur déconnexion du monde réel, préférant se réfugier derrière des idéaux et de belles intentions envers la santé publique.
















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