Il faut sauver le soldat Rappaz: oui à une révision de son procès
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08 juillet 2010
Il faut sauver le soldat Rappaz: oui à une révision de son procès
A cette heure, Bernard Rappaz est en état de survie dont la durée diminue probablement rapidement. Il peut tomber en coma et ne plus s’en réveiller, ou son coeur ou ses reins peuvent cesser de fonctionner. Je sais d’expérience ce qu’il vit, même si le jeûne de protestation que j’ai fait à l’époque n’a duré «que» 33 jours.
Je sais que l’accusation de chantage ne tient pas: passé 3 à 4 semaines de jeûne l’esprit accepte sa propre mort. Il n’y a plus de défi, mais seulement l’ancrage dans cette forme de désespoir.
On peut arguer du fait que si tous les détenus protestaient de cette manière contre leur peine, et étaient graciés, la justice ne servirait plus à rien. Soit. Mais il faut savoir qu’il a été condamné à une peine bien plus lourde que nombre d’assassins, violeurs ou pédophiles. Et que les chefs d’accusation sont irréalistes en regard de son activité de chanvrier. Je pense qu’il subit une réelle injustice et que tout son procès devrait être revu.
Sur le personnage, Bernard Rappaz est certainement un emmerdeur, donc une cible idéale. On est d’accord ou non avec ses combats. Moi-même je ne les partage pas sans réserve, beaucoup s’en faut. Mais il n’y a pas de quoi en faire un criminel. Les éléments qui suivent sont repris de son blog, dont je recommande vivement la lecture, en particulier pour bien comprendre l’aberration de la condamnation très lourde qui lui a été infligée:
«Actif également dans l’ouverture du premier magasin du Monde en Valais! La Boutique Ouverte de Sion. Fort engagement dans le comité valaisan soutenant la première initiative contre l’exportation d’armes. Pionnier de l’agriculture biologique valaisanne et pionnier des énergies douces (éolienne et solaire). Là, j’ai commencé à déranger les autorités valaisannes en place, en gagnant le recours qui m’a permis d’installer les premiers capteurs solaires et la première éolienne de mon canton.
Engagé sur les problèmes paysans, je fus secrétaire de l’Union des Producteurs Valaisans, du Syndicat des producteurs, vice-président de l’Union des Producteurs Suisses devenue Uniterre.
Ces activités débouchèrent sur diverses actions : Association contre les émanations nocives (fluor), contre le projet Hydro-Rhône (une douzaine de barrages prévus sur le Rhône), contre l’autoroute A9 devenue bien plus intégrée que le projet initial, l’action des pêches du Grand St Bernard ou l’occupation d’une porcherie industrielle, etc.…»
Son activité de chanvrier est connue de longue date. Il a milité pour une réglementation, collaborant pendant des années avec les autorités fédérales. La majeure partie du chanvre pauvre qu’il produisait servait à beaucoup de choses:
«Thérapeutique : Bon marché, naturel, sans accoutumance, il soigne et améliore la santé dans une large palette (cancer, sida, glaucome,sclérose en plaque). (Ndlr: ceci est vérifié aux USA, au Canada, où le chanvre thérapeutique est parfaitement légal).
Alimentaire : Le chènevis contient autant de protéines que le soja mais elles sont plus digestibles. On peut en faire du lait et du tofu. Son huile a une composition idéale pour la santé humaine (riche en oméga 3 et 6 ainsi qu'en acide gamma-linolénique) et n’a pas son pareil. C’est une alternative à l’huile de palme.
Construction : Le béton de chanvre (chènevotte et chaux) et l’isolation végétale (filasse) sont des alternatives au ciment et à la laine de verre, avec en plus un bilan CO2 positif.
Aromatique : Productif en huile essentielle, fixateur du goût et de l’odeur.
Textile : Une alternative au coton.
Papier :Il produit un papier de haute qualité et donne 4 à 5 fois plus de cellulose à l’hectare par année que la forêt primaire.
Animaux : Procure la meilleure des litières pour l’absorption de l’humidité et des odeurs.
Industriel : Cellulosique et plastic végétal performant (léger, solide, ne brûle pas et ne dégage pas de fumée) et biodégradable à l’eau, utilisé dans l’industrie automobile et aéronautique comme isolant, plaquettes de freins (alternative à l’amiante) et carrosserie.
Énergie : Il développe la plus grande biomasse, en un minimum de temps, sous nos latitudes. Et se révèle un plante -carburant efficace."
Il fait également remarquer que depuis le durcissement des autorités suisses à l’encontre du chanvre, la consommation n’a pas baissé mais les consommateurs se fournissent au marché noir avec des substances forcées devenues dangereuses. Une majorité de suisses est contre le chanvre récréatif ou thérapeutique, certes. Mais le TF reconnaît qu’on ne peut imputer aucun décès direct au cannabis, alors que le tabac et l’alcool font des milliers de morts par an. Ce n’est peut-être pas une raison pour intégrer une substance récréative de plus, mais ce n’est certainement pas une raison pour faire de Bernard Rappaz un criminel endurci.
Sur le reste de son blog vous trouverez le détail de la condamnation, et les raisons pour le moins légères de ce qui doit être considéré comme un acharnement judiciaire. Ne doutons pas que Monsieur Rappaz ira au bout de son action contre l’injustice. Ne doutons pas qu’il mourra si rien n’est fait rapidement pour envisager la révision de son procès. Au point où il en est dans sa santé, on ne peut plus argumenter d’un quelconque chantage. A ce point, on meurt pour son combat.
Et la justice en sera très largement responsable.
Oui, il faut sauver le soldat Rappaz. Oui, il faut décider une révision de son procès.
















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