Morgane Sevenet, décriminalisation: l’usager n’est plus considéré comme un criminel mais un malade
Zappiste: C'est qui la malade ?
Décriminaliser c'est continuer à enrichir les organisations criminels, les terroristes en plus des gouvernements avec les amendes !
Considérer un simple consommateur occasionnel de cannabis comme un malade c'est criminel !
A quand les mêmes sanctions pour de simple consommateurs d'alcool ?
Seules la possession et la consommation ne sont plus considérées comme des crimes mais comme des infractions, et ne relèvent donc plus du domaine des juridictions pénales. L’usager, qui n’est plus considéré comme un criminel mais comme un malade, doit payer une amende qui peut être levée s’il accepte de suivre un traitement.
http://www.contrepoints.org/2014/09/06/179813-jeunes-liberaux-entretien-...
Jeunes Libéraux : entretien avec Morgane Sevenet
Publié Par Contrepoints, le 6 septembre 2014 dans Politique
Morgane Sevenet : « Être libéral c’est avoir conscience que ce sont les individus, la plus petite des minorités, qu’il faut défendre ».
Entretien réalisé par Robin Norman Lewis.
Morgane Sevenet est étudiante en Master 1 de droit public à la Sorbonne après un passage à l’université d’Aix-en-Provence. Âgée de 20 ans, elle se destine à une carrière d’avocate. Formée par un passage dans la vie associative étudiante, elle est désormais présidente des « Jeunes libéraux », un mouvement politique indépendant cherchant à « promouvoir le libéralisme sous tous ses aspects » et s’adressant aux jeunes de 15 à 30 ans ».
RNL – De quand date ton implication en politique ?
Morgane – J’avais 17 ans lorsque j’ai commencé à m’intéresser à la politique. Avec le temps, j’ai fini par me rendre compte que j’étais libérale. Ni de droite, ni de gauche mais bel et bien libérale. J’ai donc rejoint le Parti Libéral Démocrate (PLD) en juin 2013 tout naturellement. Mon implication m’a conduit à devenir présidente des Jeunes Libéraux. Il est d’ailleurs important de rappeler que les Jeunes Libéraux sont tout à fait indépendants du Parti Libéral Démocrate, contrairement à ce que l’on pourrait croire à première vue. Nous avons nos propres financements, militants et cadres. Nous sommes indépendants dans nos campagnes et dans nos projets.
Pourquoi le PLD précisément ? C’est un tout petit parti et il y a des courants libéraux au PS et à l’UMP…
En effet, la question peut se poser surtout qu’en ce qui me concerne, j’ai tout d’abord pensé à l’Union pour un Mouvement Populaire (UMP). Je me rapprochais d’avantage de leur ligne libérale que de celle du Parti Socialiste (PS). À vrai dire, je n’ai jamais pensé un jour à m’inscrire au PS. Déçue par les chamailleries à l’UMP au moment de mon hésitation, je ne me suis pas plus engagée avec eux. Au final, c’est le PLD qui est venu me chercher.
Comment ça ?
Oui, par l’intermédiaire d’un ami libéral de confiance. Je l’ai suivi au PLD et ai suivi sa démarche. On a eu beaucoup de travail, je m’y suis attelée et cela a fini par payer. Je me suis faite repérer pour ce que j’avais accompli, et plus tard, j’ai su convaincre avec mon projet pour les Jeunes Libéraux. Ce dernier consistait à faire travailler ensemble les jeunes libéraux parisiens et ceux de Province, notamment les Aixois. Il faut savoir qu’Aix-en-provence est la « capitale des libéraux ». Je pense sérieusement que les idées libérales ont leur place en France, il faut simplement les faire émerger et c’est à cela que je travaille.
Plus précisément ce sont les jeunes, les étudiants que nous visons, ces derniers ont soif de liberté et sont plus sensibles à nos idées. La jeunesse est inquiète de la situation économique de notre pays, nous essayons de la lui expliquer afin de mieux la préparer à l’avenir, la sensibiliser, la former, afin de l’amener à une réflexion lui permettant de comprendre dans quel monde elle vit.
Quelle est ta position quant à un possible retour de l’ACTA via la Commission Européenne ?
Les Jeunes Libéraux aiment l’Europe, mais nous voulons une Europe qui nous laisse libres, ce n’est pas le cas avec l’ACTA. En tant que libérale, je suis formellement opposée à la bureaucratie de l’Union Européenne actuelle ainsi qu’à la Commission qui promeut l’ACTA pourtant rejetée par les citoyens. Internet doit rester un monde de liberté même s’il faut punir les cybercriminels de grande envergure. Les jeunes qui téléchargent des chansons sur le net ne sont pas des délinquants. Cette pratique prouve simplement que l’industrie musicale doit trouver d’autres modes de rémunération que la vente de disques pour survivre. Clairement, il faudrait travailler à plus de responsabilité sur le Web plutôt qu’à de nouvelles règles car ces dernières amènent à plus de contournements.
Quels sont tes projets au PLD ?
Tout d’abord la question est de permettre aux gens – aux militants comme aux personnes qui nous suivent – de comprendre l’économie. Notre mission est d’abord pédagogique dans un certain sens, c’est d’ailleurs l’essence même d’un parti politique : s’organiser à plusieurs pour mieux vivre dans notre environnement. L’information et la compréhension sont capitales car c’est le savoir qui définit la liberté de nos actes, de nos choix ; il faut pouvoir agir en connaissance de cause. Ce premier projet est un travail sur le long terme, sur 20 ou 30 ans.
Ensuite, bien sûr, ce serait d’obtenir une vraie place sur l’échiquier politique pour que les idées libérales soient entendues.
Le but ultime serait d’avoir des élus à Paris, véritable siège de la politique actuellement ; toute décision passant par la capitale, il est nécessaire, voire vital, de s’y implanter sur le moyen terme. Avoir des élus libéraux dans les mairies parisiennes ou au Palais Bourbon est important pour nous. Schématiquement, nous sommes en train de remonter la France depuis Aix. Nous sommes déjà très présents dans la ville même d’Aix-en-Provence, où deux adjoints sont libéraux, ainsi que sur le campus de son université qui possède de très bons enseignants libéraux en économie et en droit.
En dehors de la politique ?
Dans mes projets personnels, il y a celui de créer une association dans le Vème arrondissement de Paris, où je vis, visant à s’occuper des problèmes locaux que peut rencontrer la population du quartier. Le but serait d’obtenir de la mairie de Paris que les mairies de secteur acquièrent plus de pouvoirs, notamment financiers et budgétaires, afin de mieux répondre aux attentes des riverains plus proches de l’administration de l’arrondissement que de la centrale de l’Hôtel de Ville. C’est le principe de subsidiarité qu’il faudrait à nouveau appliquer dans l’organisation de nos communes.
Dans un avenir plus proche, je rentre en M1 de droit à la Sorbonne, je projette ensuite de faire un Master 2 pour ensuite entamer un doctorat portant sur le droit des finances publiques ou celui de l’urbanisme.
En parallèle, j’écris des livres, trois déjà, c’est une passion, je suis liée à l’écriture. Mes œuvres sont globalement des romans historico-fantastiques. Je travaille depuis cinq années sur ces trois œuvres. Sinon je mène une vie étudiante tout ce qu’il y a de plus normale, je suis en train de m’installer à Paris et je compte prendre quelques vacances dans les prochains jours, en Espagne.
La dépénalisation du cannabis promise par F. Hollande, pour ou contre ?
La France est le pays le plus répressif quant à la consommation de cannabis, mais on constate aujourd’hui que les jeunes français fument de plus en plus et de plus en plus tôt. Nous sommes les plus gros consommateurs de drogues en Europe. Il faut se rendre à l’évidence : la répression pénale a échoué.
Il faut prendre exemple sur nos voisins européens qui ont décriminalisé la consommation afin de réduire la violence qu’elle engendre, et d’apporter les soins nécessaires aux personnes qui souffrent d’addiction. C’est ce que recommande la Commission mondiale pour la politique des drogues qui s’est tenue notamment en juin 2011.
Petite précision : la décriminalisation des drogues ne signifie pas la légalisation de celles-ci. En effet, la population ne peut pas transporter, consommer ou vendre de la drogue en toute impunité.
Seules la possession et la consommation ne sont plus considérées comme des crimes mais comme des infractions, et ne relèvent donc plus du domaine des juridictions pénales. L’usager, qui n’est plus considéré comme un criminel mais comme un malade, doit payer une amende qui peut être levée s’il accepte de suivre un traitement.
La prévention et surtout la guérison valent mieux que l’interdiction. On peut, pour illustrer tout cela, prendre l’exemple de la lutte contre l’héroïne du gouvernement suisse dans les années 1980 qui a bien fonctionné.
Donc, comme avec beaucoup de choses que propose le gouvernement socialiste, je suis d’accord sur la proposition de fond mais pas sur la façon dont ce gouvernement veut l’appliquer. On peut prendre l’exemple du mariage pour tous.
Que t’inspire ce qui se passe à l’UMP ? La désagrégation du PS ?
À mon sens c’est ce qui s’appelle le juste retour des choses. La situation des deux partis gouvernementaux m’évoque l’adage suivant : « Les idées ne sont pas corruptibles, les Hommes si ». La situation actuelle nous démontre qu’il faut réformer la politique, changer le mode de fonctionnement de notre démocratie. C’est une question difficile mais je suis persuadée qu’il y aurait des solutions pour cesser de voter pour des hommes et des promesses, mais afin que les idées viennent des citoyens et puissent être entendues. Lorsque les décisions sont prises par un petit nombre qui n’est pas responsable de ses actes sur le long terme, bien évidemment que les choix politiques ne peuvent être raisonnables, et deviennent simplement une suite de passages médiatisés.
Les hommes politiques aujourd’hui ne pensent pas à leur pays. Ils pensent à leur réélection. Ils ne sont plus les représentants de leurs électeurs. Et c’est cela qui prive notre pays d’une vision d’ensemble, d’un projet sur le long terme, et qui nous empêche d’avancer.
Si les partis n’avaient pas autant de pouvoir et qu’il n’y avait pas autant d’argent public en jeu, je crois que la politique française serait moins corrompue.
Pour toi, que veut dire être libéral aujourd’hui ?
Être libéral c’est avoir conscience que ce sont les individus, la plus petite des minorités, qu’il faut défendre. Pour cela, il faut leur rendre leurs droits et leur liberté, qui est de plus en plus monopolisée par une gigantesque machine qu’on appelle l’État. Être libéral, c’est refuser de se voir imposer par le haut des choix de vie, des contraintes injustifiées. À mon sens, ce n’est pas à l’État d’éduquer les gens ou de leur imposer quoi boire ou manger.
Être libéral, c’est se rendre compte que les hommes politiques font preuve aujourd’hui d’une telle présomption d’omniscience, qu’ils pensent connaître tous les besoins de tous les individus et pouvoir les guider, les nourrir, les sauver d’eux-mêmes en quelque sorte.
Les libéraux savent que nous sommes les seuls à pouvoir décider pour nous-mêmes, et que plus l’État interfère dans nos vies, moins nous sommes libres et responsables, moins les hommes peuvent être heureux et prospères. Ne serions-nous pas plus heureux si l’État ne nous retirait pas plus de la moitié de notre salaire en impôts et en taxes ?
















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