Histoire du cannabis

Histoire du cannabis

Extraits tirés de la collection Que sais-je?

Le Cannabis, collection Que sais-je?, Presses Universitaires de France

Extraits tirés et adaptés de Denis Richard et Jean-Louis Senon, Le Cannabis, coll. Que sais-je?, Presses Universitaires de France, 1996.

Le cannabis dans l’Antiquité

Le cannabis dans l’Antiquité

Si le cannabis est indubitablement l’une des plantes les plus anciennement connue par l’homme, il reste difficile de déterminer avec précision l’époque où ses propriétés furent découvertes. Il demeure probable qu’il fut initialement récolté pour ses fibres et ses graines, et que, secondairement, ses vertus pharmacologiques donnèrent lieu à une double exploitation : religieuse et thérapeutique. Les premiers témoignages de son usage remontent à plus de cinq mille ans avant notre ère, et des indices prouvant l’utilisation du cannabis sont datés de quatre mille ans en Chine, de trois mille ans av J.-C. au Turkestan. Originaire d’Asie centrale (des versants himalayens de l’Inde), la plante s’est répandue par la suite vers l’est (Chine et l’ensemble du sous-continent indien) puis vers l’ouest à la faveur de l’avancée des Scythes (pays du Moyen-Orient, vallée du Nil, pays du Maghreb). Dans un second temps, les Arabes envahissant l’Europe comme les croisés revenant d’Orient feront découvrir les préparations à base de de résine à l’Occident. Le cannabis sera peu à peu connu également des peuples d’Afrique méridionale et occidentale. Il gagnera l’Amérique centrale rapidement après la conquête espagnole, les Caraïbes au début du XIXe siècle et les États-Unis au début du XXe siècle.

En Orient

L’une des références écrites les plus lointaines semble être l’Atharva Veda, un ensemble d’écritures religieuses datées de mille cinq cents ans avant J.-C. Les peuples de l’Inde considéraient le bhang comme une préparation sacrée, susceptible d’éloigner le Mal. C’était la boisson préférée d’Indra, le plus puissant des dieux védiques, porteur de la foudre et adoré par les castes guerrières.

Les Chinois connaissaient bien aussi le cannabis, dont le commerce était d’ailleurs lourdement taxé. Les disciples du chirurgien Hua Tuo (141-208) préconisaient de le mélanger au vin pour optimiser ses propriétés anesthésiques : c’était le Mafo Sam. Ils l’utilisaient comme sédatif des douleurs rhumatismales, comme traitement des accès de goutte, ainsi que pour traiter les maladies mentales à la faveur des propriétés inébriantes et hallucinogènes reconnues dès lors.

Le chanvre est mentionné sur le papyrus Ebers de l’Égypte pharaonique (1550 av. J.-C.), où il voisine avec l’opium, la jusquiame et la mandragore.

Les Assyriens utilisaient le cannabis comme encens : c’était le qunubu ou quannabu, terme dérivé du persan kanaba, terme peut-être d’origine scythe.

En Occident

La médecine grecque hérite largement de la tradition égyptienne. Dioscoride souligne les propriétés psychotropes de la plante qui « fait venir au-devant des yeux des fantômes et illusions plaisantes et agréables ». Galien redoute qu’« elle ne blesse le cerveau quand on en prend trop » mais rapporte son usage comme enivrant et livre des formules de galettes soporifiques contenant du cannabis. La plante n’entrait-elle pas aussi dans la formule du Népenthès chanté par Homère?

Pour les Romains, le cannabis participait à la formation d’électuaires variés, à des vertus magiques, ainsi que dans la composition de nombreux médicaments. Ils utilisaient également ses fibres pour fabriquer les cordages des navires, et les importaient de Gaule (notamment du IVe siècle av. J.-C. au IIe siècle de notre ère).

Le cannabis du Moyen Age à la Renaissance

Le cannabis du Moyen Age à la Renaissance

Au Moyen Âge, alors même que la science médicale occidentale se perdait dans une longue période d’obscurantisme, les sociétés musulmanes répandirent l’emploi de cette plante apte à remplacer l’alcool interdit par les préceptes coraniques et, surtout, riche de nombreuses vertus thérapeutiques. Le cannabis suit dès lors les invasions arabes, gagnant l’Afrique du Nord, puis l’Espagne, la France et les pays péri-méditerranéens. Il se répand dans les pays de la Corne d’Afrique au XIIIe siècle, d’où probablement dans les pays d’Afrique noire. Les témoignages de cette période, lacunaires, sont à plus d’un titre édifiants car ils permettent de mieux saisir l’importance portée plus tard au lien supposé entre le haschisch et la perpétration de crimes sanguinaires.

Cette période préfigure aussi les aspects plus modernes concernant le regard porté sur le chanvre.

L’Inquisition espagnole voit dans le cannabis une herbe diabolique, mais les mesures répressives envisagées ne réduisent guère son utilisation. L’Église tout entière proscrira le chanvre dès le XIIe siècle, sans succès, ayant peut-être constaté que les pratiques de sorcellerie voyaient mélanger cannabis, jusquiame, et autres plantes hallucinogènes. Au XIVe siècle, l’émir Soudoumi Scheikhoumi essaiera également en vain d’interdire l’utiliation du chanvre en Égypte.

Le cannabis, parfaitement représenté dans les planches de l’herbier Ortus sanitatis de herbis et plantis (1517), sera décrit scientifiquement par le Portugais Garcia da Orta en 1563. Au début du XVIe siècle, Rabelais évoque la plante dans son Tiers-Livre sous la dénomination fantaisiste de Pantagruélion. Il en recommande l’usage pour soigner plaies et brûlures, pour faire céder les douleurs spastiques, les crampes et les rhumatismes. Il permet aux hommes, précise-t-il, « non seulement de se joindre par-delà les mers, mais aussi de tenter l’escalade des cieux », allusion aux cordages en chanvre ou aux propriétés psychotropes.

Le cannabis à l’Âge classique et au Siècle des Lumières

Le cannabis à l’Âge classique et au Siècle des Lumières

C’est au XVIe siècle que l’Occident va véritablement (re)découvrir le cannabis. Au XVIIe siècle, il est essentiellement utilisé pour fabriquer voiles et cordages pour la marine et cultivé dans cette perspective en Amérique latine par les Espagnols et les Portugais. Il est ainsi attesté au Chili dès 1619. Le développement du commerce triangulaire aux XVIIe et XVIIIe siècles favorisera l’importation du cannabis africain en Amérique latine et notamment au Brésil.

La production européenne est de plusieurs dizaines de milliers de tonnes chaque année. Le refus de cultiver du chanvre est soumis au règlement d’une taxe importante dans l’Angleterre d’Elizabeth 1re (1533-1603). Les étrangers acceptant d’en cultiver obtiennent immédiatement le bénéfice de la nationalité anglaise. La situation est identique en Amérique du Nord: le refus de produire du chanvre est considéré comme passible d’une peine de prison en Virginie au XVIIIe siècle! Dans la France de cette époque, le chanvre est aussi considéré comme une production agricole de premier ordre; son usage thérapeutique demeure cependant encore une curiosité. Le produit est si précieux qu’un décret de 1802 interdit son exportation vers l’Allemagne et la Suisse. Et Napoléon déclara la guerre à la Russie en partie pour l’empêcher de fournir du chanvre aux Anglais. La flotte anglaise était alors dépendante des fibres importées de Russie, l’Empereur imaginait mettre un terme au blocus maritime imposé par l’Angleterre.

Le taxinomiste suédois Carl von Linné (1707-1778), décrivant le cannabis en 1753, lui donne son nom scientifique actuel : Cannabis sativa. Il ne reconnaît qu’une seule espèce de plante. Jean-Baptiste de Monet, chevalier de Lamarck (1744-1829), quant à lui, le mentionnera dans sa grande Encyclopédie botanique (aux environs de 1783) et décrit ce qu’il estime alors être une autre espèce : Cannabis indica, le chanvre « indien ».

Le 19e siècle, grande époque du cannabis

Le 19e siècle, grande époque du cannabis

Le XIXe siècle voit la description scientifique de l’intoxication par la résine de cannabis dont les manifestations avaient été observées dès l’Antiquité. Il voit parallèlement la confirmation de l’intérêt médical d’une plante qui se trouve largement utilisée à des fins récréatives, n’étant généralement soumise à aucune restriction légale.

Conséquences de la campagne d’Égypte

Le haschisch est connu en Égypte dès le XIIIe siècle, alors que le pays soumis à la tyrannie des Mamelouks connaît une période de ruine économique et sociale, qui ira s’aggravant sous la domination ottomane à partir du XVIe siècle.

Lors de l’expédition d’Égypte, Bonaparte est agressé au couteau par un musulman sous l’emprise d’une ivresse cannabique. Il décrète le 8 octobre 1800 : « L'usage de la liqueur forte faite par quelques musulmans avec une certaine herbe nommée haschisch ainsi que celui de fumer la graine de chanvre sont prohibés dans toute l’Égypte. » En fait, ce décret visait avant tout à limiter la consommation de la résine par les soldats de son armée. C’est néanmoins à l’occasion de cette campagne que des médecins, tout comme les soldats, s’intéressent à la résine de cannabis, qu’ils ramènent en France.

La nouvelle panacée

Le Dr Louis Aubert-Roche, de retour d’Égypte, préconise l’administration de haschisch comme remède souverain contre diverses maladies contagieuses et publie son célèbre De la peste et du typhus d’Orient. Joseph Moreau de Tours (1804-1884) quant à lui, aliéniste à l’hôpital Bicêtre (Paris), essaye la drogue en 1837 et voit « dans l’action de cette substance sur les facultés morales un moyen puissant, unique, d’exploration en matière de pathologie mentale. »

Moreau de Tours recommande rapidement l’usage du dawamesk comme traitement de l’ensemble des troubles mentaux. Mais il demeure isolé à en reconnaître la pertinence, nombre de ses collègues et amis ne constatant en fait de résultats que la modification de la nature des « hallucinations » des patients auxquels il en administra. Moreau de Tours eut une manière de successeur en Charles Richet (1850-1935), physiologiste, prix Nobel 1913 pour ses travaux sur l’anaphylaxie, qui étudia sur lui-même les effets du haschisch. Il nota que les véritables hallucinations étaient rares et préféra caractériser ses sensations par le terme d’« illusions ».

Les pays occidentaux mirent largement à profit le cannabis dans la réalisation de nombreuses spécialités pharmaceutiques. Le pharmacologue berlinois Louis Lewin rapporte ainsi que de vastes cultures étaient encore entretenues dans l’Allemagne de la première Guerre mondiale. La fin du XIXe siècle vit d’ailleurs le statut du cannabis passer de médicament à celui de véritable confiserie : ainsi la Ganjah Wallah Hasheesh Candy Company commercialisa dès 1860 des bonbons au sucre d’érable et à la résine de...cannabis. Ces friandises eurent beaucoup de succès et furent des années durant vendues dans tout le pays, y compris par correspondance.

Le Club des Hachischins

Louis Aubert-Roche et Moreau de Tours, émerveillés par les vertus du chanvre, ne tardèrent pas à organiser des soirées entièrement vouées à la consommation du haschisch. Dès 1843, ces rendez-vous attirèrent le gratin intellectuel pariien de l’époque.

Peu à peu, ce modèle de consommation fit école et l’orientalisme en vogue de 1850 à 1900 vit se multiplier les « salons turcs » ou « fumeries turques », en Europe comme aux États-Unis. Il existait en 1880 plus d’un demi-millier de salons (haschisch-parlor) où l’on consommait du haschisch pour la seule ville de New York, et il en subsistait encore presque autant en 1920, pendant la grande époque de la Prohibition. Une enquête réalisée par les Anglais en Inde (1894) montra que de petites doses de cannabis ne posaient pas de problèmes de santé, mais que des quantités plus fortes pouvaient générer des troubles mentaux.

Les temps modernes: la peur du fléau

Les temps modernes: la peur du fléau

Le cannabis et ses préparations deviennent synonymes de fléau au plan mondial dans les années 30. La plante en vient à représenter la quintessence de la « drogue » : son usage fait dès le début du 20e siècle l’objet d’une stigmatisation mise en scène à des fins politico-économiques, dans la mesure où l’opprobre dont elle est chargée demeure sans rapport avec sa toxicité véritable. Les consommateurs de cannabis appartiennent à des groupes culturels souvent mal compris, peu intégrés. Il s’agira selon les époques, de distinction raciale (à l’égard des noirs et des latinos aux États-Unis) ou purement culturelle (à l’égard des jeunes revendiquant un idéal social nouveau dans l’Amérique des années 60). Sami-Ali le précise avec force : « C’est autour du problème du haschisch, drogue qui nous vient d’Orient, qu’on assiste à la rencontre de deux systèmes de valeurs oriental et occidental dans lesquels l’expérience d’intoxication est diversement vécue, assimilée et justifiée. L’intérêt qu’elle ne tarde pas à susciter présuppose que la société s’était déjà fixée sur ce qui lui appartient et sur ce qui lui reste étranger. » Nous nous limiterons ici à évoquer quelques repères constituant autant de charnières dans l’histoire du cannabis.

L’« herbe du crime » mexicaine

C’est à partir des Caraïbes, notamment de la Jamaïque, que le cannabis gagne le Mexique, probablement aux alentours de 1870-1880. Il gagne ensuite les États-Unis: d’abord le Texas en 1903, puis, aux alentours de 1910, la Nouvelle-Orléans où il est presque d’emblée proscrit. Il est alors consommé par les ouvriers agricoles de race noire, bien évidemment très pauvres. La Californie le déclare vénéneux en 1907 et son usage non médical sera proscrit dès 1913. À cette époque, sa culture, importante jusqu’au milieu du XIXe siècle, puis détrônée au profit de celle du coton qui s’est développée après la guerre de Sécession, est concurrencée par le développement de l’industrie des fibres synthétiques, d’autant plus fatale qu’un mouvement mené aux États-Unis par Harry Anslinger présente le cannabis, rebaptisé du nom alors inconnu de marijuana, « the weed of madness », l'herbe de la folie, comme une drogue éminemment dangereuse, expliquant la majorité des actes de violence dans le pays et…l'irrespect des Noirs à l’égard des Blancs. Une véritable croisade sera menée pendant cinq à six ans, jusqu’au vote d’une loi prohibant tout usage du cannabis à moins de régler au Trésor américain une taxe exorbitante.

Le ganjah de Jamaïque et les Rastafari

L’introduction du cannabis en Jamaïque remonte aux environs de 1860, lorsque des ouvriers d’origine indienne furent embauchés au titre de contrats à long terme. Ceci explique que la désignation de la drogue soit la même en Inde et dans cette île… L’usage du produit s’est rapidement généralisé dans les classes sociales les plus défavorisées. Des rapports faisant état de troubles mentaux liés à sa consommation devaient aboutir à le voir prohibé par le gouvernement jamaïcain en 1913. Comme bien souvent en matière de prohibition, les mesures, pourtant renforcées dès 1924, n’eurent aucun résultat et la consommation de cannabis, de ganjah, a fini par devenir générale dans l’île.

La fin des années 30 a vu le développement d’une religion, d’un culte, basé sur la consommation de la plante : le culte « rastafari ». Les rastafariens ou rastamen constituent un groupe spirituel prônant le retour aux sources africaines et considérant l’empereur d’Éthiopie Haïlé Sélassié (de son nom Ras Taffari Makonnen) (1892-1975), le négus, comme un dieu à la suite d’une prophétie réalisée par Marcus Garvey en 1927. Cette secte offre aux classes les plus démunies de l’île une identité culturelle fortement revendiquée. Ils portent des cheveux longs, l’Ancien Testament stipulant qu’aucun rasoir ne doit toucher la tête des justes, et sont végétariens. Ce culte s’est étendu à toutes les Caraïbes dans les années 60 et concerne, plus largement, environ 350 000 rastas sur la planète. L’usage de ganjah, préconisé selon eux par la Bible, concerne 60 à 70 % de la population jamaïcaine. Le mode d’usage traditionnel des rastafariens est le spliff, sorte de petit cigare associant tabac et ganjah ou le thé de ganjah. L’utilisation du cannabis est largement associée à la musique reggae, illustrée notamment par les chanteurs Bob Marley, Peter Tosh ou Jacob Miller.

En 1941, le gouvernement jamaïcain a encore alourdi les peines infligées aux usagers et aux producteurs, rendant la législation locale l’une des plus sévères au monde. À la suite de l’accession de la Jamaïque à l’indépendance, en 1962, les autorités ont assoupli la législation. De fait, le trafic a largement prospéré et le cannabis est aujourd’hui la principale culture de rapport dans l’île.

Génération peace and love

L’utilisation du cannabis comme drogue est rare dans l’immédiat après-guerre, exclusion faite au sein de minorités culturelles, ethniques ou religieuses traditionnellement consommatrices. Ainsi dénombrait-on moins de 10 usagers dans le Paris des années 40… À la fin des années 60 et dans les années 70, l’usage de haschisch dans la société occidentale est synonyme de fraternité et de liberté, de révolte sociale contre les valeurs établies, notamment à l’égard du modèle de société dite « de consommation » ayant émergé dans les États-Unis de l’après-guerre. L’herbe se répand dans les campus américains. On estime à 7% la proportion d’étudiants usagers dans l’Amérique de 1968 et à 4% la proportion dans la population générale de plus de 21 ans en 1970. L’usage de cannabis se généralise également sur les campus européens, avec un certain décalage.

Des routards ramènent souvent la résine d’Asie ou d’Amsterdam qui devient une véritable plaque tournante du commerce d’herbe. Le produit n’est alors qu’exceptionnellement frelaté, contrairement à ce qui se produira dès le milieu des années 70, lorsque les importateurs « professionnels », les « dealers », prendront sous leur coupe l’essentiel du trafic. Certains usagers arborent un signe de reconnaissance tel un badge marqué du chiffre 13 (M, initiale de marijuana, treizième lettre de l’alphabet). À cette époque, le cannabis est quasiment objet de ferveur mystique, de culte : « Chaque fois que tu prends une feuille, il faut demander pardon », résume le dessinateur Moebius. La drogue est consommée lors de grass-party ou de high-tea, assis en tailleur sur des coussins, formant un cercle, dans une pièce au décor souvent orientaliste, parfumée à l’encens. L’un des assistants prélève avec respect la dose de haschisch requise dans la réserve commune et prépare shilom ou joints. La préparation circule de bouche en bouche. Les participants boivent du thé à petites gorgées, plus exceptionnellement de la bière. Cette tradition hippie de la consommation de cannabis ne semble donner lieu qu’à de médiocres revendications contre la prohibition, jusqu’au milieu des années 70.

La dépénalisation revendiquée

En 1967, Le Times accepta de louer une pleine page publicitaire à une association souhaitant monter que la législation prohibitionnister était « immorale dans son principe et inapplicable dans la pratique ». Une large mouvance se dessinait alors aux États-Unis, visant à obtenir du gouvernement la libéralisation totale de la culture et de l’utilisation du cannabis. Au début des années 70, une commission proposa de dépénaliser l’usage à titre personnel de la drogue, mais elle fut rejetée par le gouvernement Nixon. Certains des états de la fédération n’ayant toutefois pas suivi cet avis, la consommation de cannabis se développa considérablement, les saisies étant multipliées par 20 entre 1972 et 1975. Les États-Unis demeurent aujourd’hui l’un des plus gros consommateurs de cannabis au monde. Divers mouvements en faveur de la libéralisation du chanvre sous toutes ses formes ont été fondés par la suite, aux É.-U., au Pays-Bas, en Europe. L’un des plus importants, historiquement parlant, est l’association HEMP de Californie (Help End Marijuana Prohibition), fondé par le légendaire Jack Herer. Il existe même diverses institutions visant à préserver les témoignages culturels concernant le cannabis, dont le Hasch Info Museum d’Amsterdam.