Répression

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William Lyon Mackenzie King, père de la prohibition au Canada

William Lyon MacKenzie King est considéré comme l'un des plus grands premiers ministres que le Canada ait connu. Il ne manque d'ailleurs pas de documentation célébrant ses louanges. Toutefois, de nombreuses zones d'ombre méritent d'être soulignées dans sa longue carrière politique (il fut au pouvoir de 1921 à 1930 puis de 1935 à 1948). Voici entre autres pourquoi nous considérons cet homme comme le père de la prohibition au Canada.

L'interdiction de l'opium et le racisme envers les Canadiens d'origine chinoise

En septembre 1907, une manifestation organisée par la Asiatic Exclusion League rassemblant plus de 10 000 personnes – pour la plupart des travailleurs et des gens de la classe moyenne frappés par le chômage – s’est transformée en émeute lorsque la foule en colère s’est dirigée dans le quartier chinois de Vancouver, causant des dégâts matériels importants. Après avoir convaincu le Premier ministre Laurier du bien-fondé de dédommager les Chinois, Mackenzie King, alors sous-ministre du Travail, s'est rendu à Vancouver au printemps 1908 et rédigea un rapport fondé principalement sur des considérations d’ordre moral et ethnique. Ce rapport, plutôt que de s’attaquer au conflit de travail entre les travailleurs blancs et chinois, a fait porter le blâme sur l’usage de l’opium par les gens d’origine asiatique.

[L]a quantité [d’opium] qui se consomme au Canada, si elle était connue, épouvanterait la moyenne de nos concitoyens canadiens qui est portée à croire que l’habitude de l’opium se borne aux Chinois et que ceux-ci ne s’y adonnent que dans une mesure restreinte. […] il se vend presque autant d’opium aux Blancs qu’aux Chinois et […] l’habitude de fumer de l’opium fait des progrès parmi les garçons de race blanche mais aussi parmi les femmes et les jeunes filles. [1]

Autrement dit, tant que les Chinois fumaient entre eux, il n'y avait pas de problème! Or le fait que des jeunes femmes blanches s'adonnent désormais à l'opium rendait les violences envers les Chinois légitimes!

Bref, les commerçants sino-canadiens ne furent jamais dédommagés. Au contraire, la réponse du gouvernement fédéral fut l'adoption de la Loi sur l'opium de 1908. Le 10 juillet, le nouveau ministre du Travail (Mackenzie King lui-même) proposa à la Chambre des communes l’adoption d’une motion pour interdire l’importation, la fabrication et la vente de l’opium à des fins autres que des fins médicales. Cette motion fut adoptée sans débat. Le ministre déposa ensuite le projet de loi 205, la Loi prohibant l’importation, la fabrication et la vente de l’opium à toutes fins autres que celles de la médecine (Loi sur l’opium de 1908). Cette loi visait avant tout les commerçants d’opium, en majorité d'origine chinoise, et non les simples usagers.

La prohibition du chanvre sous l'influence du clan Rockefeller?

Entre 1914 et 1919, Mackenzie King fut employé de la Fondation Rockefeller aux États-Unis:

En août 1914, pendant que la grève [à la Colorado Fuel and Iron Co.] continue de sévir, la Fondation Rockefeller embauche Mackenzie King pour mener une recherche et concevoir un plan d'amélioration des relations entre patrons et travailleurs. King devient également chef d'un service des relations industrielles nouvellement formé au sein de la Fondation. En cours de route, King côtoie de près John D. Rockefeller fils et les deux hommes en viennent à s'apprécier mutuellement et à s'admirer grandement. [2]

Notons que les Rockefeller ont été d'ardents défenseurs de la prohibition de l'alcool aux États-Unis, avant de changer d'idée au début des années 1930, vu le climat de désobéissance généralisée et de non-respect de l'autorité que cela engendrait.

Sitôt revenu des États-Unis, Mackenzie King est devenu chef du parti Libéral du Canada en 1919, puis premier ministre en 1921. Le cannabis a été ajouté à la liste des substances interdites sous son mandat en 1923, sans que cela ne soit l'objet d'aucun débat parlementaire encore une fois.

John D. Rockefeller père, fondateur de la Standard Oil, avait compris que le chanvre était le seul concurrent véritable au pétrole dont il contrôlait la presque totalité de la production aux États-Unis. Il savait aussi que la marijuana (à haute teneur en THC) était un compétiteur potentiel à tous ses investissements dans le domaines des médicaments de synthèse. Le rôle de cet homme d'affaires dans l'établissement de la prohibition du chanvre aux États-Unis est bien connu. Il est donc fort probable que celui-ci ait influencé le comportement de Mackenzie King durant ses mandats de premier ministre du Canada.

Incohérences en matière de politique extérieure

Mackenzie King espérait que le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale puisse être évité, et il appuyait la stratégie britannique de conciliation. En juin 1937, il rencontra Adolf Hitler, qu'il jugeait être un homme raisonnable qui s'efforçait d'améliorer le sort de son pays durant la grande dépression. D'ailleurs, les pages de son journal intime [3] (dans les années 1937-1938) ne tarissent pas d'éloges sur le dictateur allemand.

Une fois la Seconde Guerre mondiale déclenchée, Mackenzie King fit la promotion de la « tempérance » (abstinence), car il jugeait que la consommation d'alcool nuisait à l'« effort de guerre total » du peuple canadien! [4] Autrement dit, les soldats, travailleuses et travailleurs canadiens se devaient d'être en grande forme pour mieux écraser les soldats, travailleuses et travailleurs allemands!

Mackenzie King n'aurait-il pas fait mieux de se méfier de Hitler dès le début des années 30, plutôt que passer sa vie à vilipender l'alcool, l'opium et le cannabis? Non, car il était puritain, c'est-à-dire qu'il aspirait à une société racialement pure et exempte de vices, au même titre que les Nazis!


[1] William L. Mackenzie King, Rapport sur la nécessité de supprimer le commerce de l’opium au Canada. Ottawa, Document parlementaire 36b, 1908, pp 7-8.
[2]
Un vrai compagnon et ami – Le journal de William Lyon Mackenzie King, 1893-1950, Politiques, thémes et événements marquants de la vie de King, en ligne: http://www.lac-bac.ca/king/05320113/053201130438_f.html
[3] Un vrai compagnon et ami – Le journal de William Lyon Mackenzie King, 1893-1950, en ligne: http://king.collectionscanada.ca/FR
[4] «Le Canada et la guerre : tempérance et effort de guerre total», discours prononcé à la radio, le 16 décembre 1942, en ligne: http://www.collectionscanada.ca/premiersministres/h4-4079-f.html

Que la personne victime de mon crime se lève et m’accuse!

Criminaliser crée le crime et non l’inverse

Le projet de décriminalisation de la marijuana du gouvernement Chrétien-Martin (C-17), amplement couvert par les médias, n’a jamais été adopté par la Chambre des communes, malgré de longues tribulations parlementaires. Or ce projet était dans les faits un projet de déjudiciarisation. Pourtant, les médias n'ont jamais établi cette distinction et ont continué de dépeindre celui-ci comme étant un allègement de la prohibition. Une simple analyse du projet de loi nous démontre pourtant le contraire. En effet, l’ancien ministre fédéral de la Justice, Martin Cauchon, a dit à plusieurs reprises qu’il en résulterait un contrôle accru du délit de possession, et que la culture serait plus fortement punie avec des peines maximales de quatorze ans de prison.

Clubs compassion: Les «pro marijuana» devant le tribunal

Métro, 23 juin 2010

La trentaine d’activistes du cannabis médicinal interpellés début juin se présentent mercredi en ordre dispersé devant la cour, avec la ferme intention d’en profiter pour faire avancer leur cause.

Les quatre centres montréalais perquisitionnés il y a quelques semaines offraient du cannabis thérapeutique aux personnes souffrant notamment du cancer, du sida ou de la sclérose en plaques. Mais tous ne semblaient pas faire preuve de la même rigueur.

Si le Club compassion de l’avenue Papineau passait plutôt inaperçu et demandait un certificat médical aux personnes qui voulaient devenir membres, le centre Culture 420, à Lachine, ouvert il y a quelques mois, avait des méthodes plus laxistes.

Quelques faits au sujet de Marc Emery

- Marc Emery est un citoyen canadien qui n'est jamais allé aux États-Unis en tant que distributeur de semences.

Déclaration de Karen Tandy, administratrice de la DEA

Marc Scott Emery, trafiquant de marijuana d'Amérique du Nord autoproclamé «Prince of pot», a été arrêté.

Opposés à l'extradition de Marc Emery

Opposés à l'extradition de Marc Emery

Marc Emery a été arrêté à Vancouver le 29 juillet 2005 par la DEA (Drug Administration Agency). Il est accusé d'avoir vendu des graines de cannabis aux États-Unis. Ce crime est rarement puni au Canada et un plaidoyer de culpabilité entraine généralement une amende ou une sentence avec sursis.