Plan d'affaires 2007 – 5. Santé – Légalisation et gestion du cannabis thérapeutique

Problématique

Le système de santé public coûte de plus en plus cher, non seulement à cause du vieillissement de la population, mais aussi à cause du prix prohibitif des médicaments brevetés. Cependant, l'industrie pharmaceutique et la recherche biomédicale sont une composante importante de l'économie québécoise, ce qui explique que les gouvernements péquiste et libéral ont « chouchouté » ce secteur sans jamais lui demander de comptes. Il est certes important de maintenir des emplois dans le secteur de la recherche, mais pas au prix du sacrifice de l'accessibilité et de l'instauration d'un régime à deux vitesses.

Par ailleurs, la santé est de juridiction provinciale, mais le gouvernement fédéral a usé du statut criminel du cannabis pour s'immiscer dans ce secteur.

Objectifs

  • Le gouvernement du Québec reprendra immédiatement, sur son territoire, la responsabilité des programmes jusqu'à maintenant gérés par la Division de l'accès médical à la marihuana de Santé Canada. Les patients actuellement sous un régime d'exemption redeviendront des patients comme les autres, puisque le cannabis pourra être prescrit sous diverses formes.
  • Le gouvernement du Québec reprendra immédiatement le flambeau de la recherche sur le cannabis thérapeutique, délaissé par le gouvernement fédéral. Il mettra sur pied une entreprise publique dont le but sera le développement de remèdes anti-douleur de source naturelle et à bas prix à base de cannabis, dans le respect des conventions internationales (qui permettent justement cette utilisation). Le gouvernement du Québec renoncera à ses brevets et s'assurera que le savoir-faire qu'il a acquis soit facilement exportable dans les pays en voie de développement – ce qui n'empêche pas que les médicaments élaborés par cette agence puissent aussi être exportés pendant un certain temps, si la capacité d'alimenter le marché local est suffisante.
  • Le ministère de la Santé et des Services Sociaux (MSSS), le Collège des médecins et l’agence du cannabis élaboreront un protocole facilitant la prescription médicale, de concert avec les patients et les clubs compassion. La communication entre tous ces acteurs est essentielle et prendra la forme de tables rondes régulières.
  • Le gouvernement du Québec favorisera le développement de méthodes d’ingestion des cannabinoïdes plus sécuritaires, par la recherche et l’expérimentation. Il favorisera également, par le biais d'un crédit d'impôt, l'achat de vaporisateurs ou tout autre type d'appareil permettant d'administrer le cannabis non transformé sans combustion ni fumée.