Recommandations

  1. Après trois ans et demi d'étude, d'enquête et de réflexion, ma première recommandation est que l’on crée le plus tôt possible une Commission permanente de surveillance de l'usage des médicaments et drogues à des fins médicales, sous l'autorité du gouverneur général en conseil, et qu'on lui confie l'étude et l'amélioration des pratiques courantes chez les médecins en matière d'ordonnance. Il est aussi urgent que cette commission fasse enquête sur l'usage des médicaments dans les prisons, pénitenciers, hôpitaux psychiatriques et établissements pour personnes âgées, enfants atteints de troubles caractériels on d'hyperactivité. Enfin, elle devrait exercer une surveillance étroite et constante sur l'importation et la fabrication des médicaments, notamment des amphétamines, des barbituriques et des tranquillisants.
  2. a) La simple possession des stupéfiants opiacés et des hallucinogènes puissants ne devrait plus être un délit en vertu du droit pénal canadien.
    b) La possession ou l'usage de quelque médicament ou drogue que ce soit ne devrait plus être un délit ni être punissable de sanctions pénales.
    c) Les stupéfiants opiacés devraient être classés selon la loi parmi les « drogues contrôlées »
    d) La police devrait être autorisée à confisquer les stupéfiants opiacés et hallucinogines puissants qu'elle découvre au cours d'une enquête relative à un délit sauf sur production d'une ordonnance ou autre pièce justificative de la possession.
  3. Il faudrait établir au Canada des dispensaires provinciaux ou régionaux, chargés de déterminer de façon clinique et scientifique le véritable état de dépendance de toute personne qui consentirait à se soumettre aux examens nécessaires.
  4. Après avoir établi l'état de dépendance chez une personne, ces dispensaires devraient être chargés de leur fournir les substances dont elles ont besoin, à prix modique.
  5. Les ministres fédéral et provinciaux de la Santé devraient créer des commissions ou bureaux chargés de surveiller étroitement le fonctionnement de ces dispensaires et d'en faire une appréciation continue pendant les trois premières années au moins.
  6. Tous les pouvoirs publics, avec la collaboration de la profession médicale, des collèges des pharmaciens et des associations de parents et instituteurs, devraient sérieusement tenter de créer au pays un climat de modération, de retenue et de maîtrise de soi dans l'usage des médicaments, du tabac, de l'alcool et des autres drogues.

    Les industries des produits pharmaceutiques et du tabac, les brasseries et les distilleries qui ont contribué à l'usage général actuel des produits pharmaceutiques et des psychotropes, devraient à l'avenir renseigner le public à fond en insistant en particulier sur l'importance de la modération dans l'usage de ces substances nocives.

Une bonne campagne d'information doit remplir trois conditions : les renseignements donnés doivent être exacts; l'autorité de ses auteurs doit être indiscutable; les renseignements destinés aux toxicomanes doivent être formulés dans le langage du milieu et refléter une compréhension véritable exempte de tout paternalisme.