Question 3 - Pourquoi un parti politique provincial, alors que le Code criminel est de compétence fédérale?

Il faut d'abord s'organiser au plan municipal et provincial avant de penser faire quelque chose de significatif au plan national. Il faut agir localement, mais en pensant globalement. Dès le printemps 2000, nos membres s'affairaient déjà à unifier les divers mouvements existant partout au Canada au sein du Parti Marijuana. Nous sommes donc le maillon québécois d'un réseau national.

En tant qu'organe provincial nous avons notre mot à dire sur la façon dont les lois sont appliquées. La Constitution canadienne donne les pleins pouvoirs au fédéral en matière de droit criminel et lorsque vient le temps de légiférer sur la question mais l'application des lois est la responsabilité des provinces. En conséquence, les ministres québécois de la justice et de la Sécurité publique pourraient émettre une directive à tous les procureurs de ne plus poursuivre ainsi qu'aux policiers de ne plus intervenir contre le cannabis, et même ordonner à la Sûreté du Québec de ne plus arrêter les cultivateurs de cannabis si leur plantation est en deçà de 50 plants... Les gratteux de papier à Ottawa n'y pourraient rien.

De plus, selon la Constitution canadienne, la santé est une responsabilité des provinces (quoique la formulation laisse place à l'interprétation). Nous croyons que le gouvernement fédéral profite du vide juridique actuel en matière de cannabis pour s'immiscer encore plus dans un champ de compétence qui ne lui appartient pas. Nous devons dénoncer cet état de choses.

De même, le cannabis industriel ne relève pas du Code criminel mais des responsabilités que la Constitution canadienne accorde aux provinces tel que l'agriculture et la gestion du territoire et de l'économie.

En somme, nous pouvons affirmer aujourd'hui que la criminalisation du cannabis en 1923 par le gouvernement fédéral était une manoeuvre pour s'immiscer dans les pouvoirs provinciaux. Le Code criminel est un outil pour les puissants de Bay Street (Toronto) qui leur permet de contrôler les régions. Il s'agit d'un mécanisme essentiel permettant la domination d'un gouvernement fédéral centralisateur et autoritaire.

Mais enfin, l'important est que les citoyennes et les citoyens s'organisent et mettent leur imagination au pouvoir, peu importe l'échelon où ils ont choisi d'agir!