Les amateurs ne doivent pas faire les frais de la légalisation

Montréal, le 21 octobre 2015 - Le Bloc Pot prend acte de la victoire du Parti libéral du Canada. Comme plusieurs, nous nous réjouissons de l'ouverture d'esprit récemment démontrée par ce parti et considérons la décriminalisation de la possession comme un pas dans la bonne direction.

Cependant, pas plus tard qu'hier, avant même le discours triomphal de son chef, M. Bill Blair, député de Scarborough, qui au sein du futur cabinet sera chargé de ce dossier chaud, disait sur les ondes du réseau CTV que "la marijuana peut être une drogue très, très dangereuse" et que le régime légal se devait donc d'être très strict. Il va sans dire que tels propos nous laissent perplexes quant à la réelle volonté de ce gouvernement de mettre fin à la prohibition.

Mais donnons la chance au coureur, tout en agissant comme chien de garde. Ainsi, ayant constaté que les candidats libéraux s'exprimant sur la question du cannabis n'avaient cesse de marteler tout au long de la campagne que le nouveau cadre juridique devait tenir compte de la science et des preuves, nous sommes enthousiastes à l'idée de collaborer avec ce nouveau régime afin qu'il puisse bénéficier de nos dix-sept années d'expertise en la matière.

Rappelons en terminant que le Bloc Pot souhaite que le marché du cannabis soit libéralisé, tout comme celui du café ou de la bière, et que la vente de cette substance ne devienne pas le privilège d'une élite qui, sous le prétexte de protéger le public, se trouve de facto en position de monopole. Nous osons également espérer que les amateurs de cannabis se trouveront au centre de cette réforme au lieu d'en faire les frais. Pour le reste, nous sommes curieux de voir la position que prendra l'Assemblée nationale sur cette question.