«Je suis rendue plate»

Solution complexe (image : https://flic.kr/p/buQdLm)

Les méandres du cannabis médical sont presque inexplorées, dû, comme on le sait, à tous les stéréotypes et les lois qui entourent cette substance naturelle et consommée quotidiennement par des milliers de personnes. Récemment, j’ai dû consulter divers professionnels de la santé. En tant que personne responsable, je prends ma santé au sérieux.

Et prendre ma santé au sérieux, voulait aussi dire parler de ma consommation à ces professionnels. Généralement, j’attends la fin de la session pour en parler. C’est quelque chose qui est très gênant à dire, dans un climat de prohibition. J’ai dû prendre mon courage à deux mains car il est essentiel de partager ce genre d’information dans un cadre médical (et j’insiste, ils sont tenus au secret professionnel).

J’ai eu la même réaction de la part de deux personnes sur trois : une moue, une expression déçue. Ces personnes, possédant un doctorat de médecine, étaient presque déçues que j’aie accès à du cannabis médical. Ces personnes pensaient même que cet accès a augmenté ma consommation mais j’étais déjà en mode « smoke weed everyday » bien avant de m'en munir.

Cet accès précieux a fait une différence pour moi, cela m’a rassuré sur deux points : la qualité des produits offerts et ma sécurité. Les employés de la clinique avaient aussi beaucoup de compassion et des informations précieuses pour que je puisse vivre mon expérience de la meilleure manière possible. Notamment, de me tenir loin du « Kush » et des Indica, ces sortes de cannabis ne sont pas du tout appropriées pour moi, et je ne le savais pas avant de me tourner vers le cannabis médical.

Selon les deux docteurs, la consommation de marijuana, pour moi, est un problème, j’aurais du m’abstenir. En ce moment, consommer peut être un problème car "ne pas être a jeun" peut m’empêcher de voir l’impact réel des médicaments sur mon corps. Cependant, je suis un peu dubitative par rapport aux informations que ces professionnels m’ont donné. Par exemple, un médecin généraliste m’affirmait que le cannabis est un dépresseur, et que cela me rend dépressive lors du « down ».

Je n’ai jamais ressenti de déprime particulière après avoir consommé. Toutefois, certains de mes amis m’ont confié se sentir épuisés le lendemain d’une consommation ou dépressifs, donc l’idée que « le cannabis serait un dépresseur » n’est pas tirée des nuages mais elle manque de précision, sur le pourquoi, le comment, le qui. J’ai l’impression que le cannabis m’a rendu service maintes fois et je ne tourne pas le dos à cette plante. Cette plante m’a souvent permis de sentir de l’euphorie et de ressentir une relaxation corporelle.

Malgré mes doutes face à l’attitude de ces médecins, je vais écouter leurs conseils et réduire ma consommation, j’ai déjà commencé car, comme je l’écrivais plus haut, je suis une personne responsable avec ma santé. J’espère simplement que dans l’avenir les professionnels de la santé vont être mieux outillés pour pouvoir soigner des personnes qui ont une consommation de cannabis raisonnable et moins tordre leur visage lors du temps de la « confession ».

Le programme que je me suis inventé, en toute humilité, est le suivant : " première semaine ou semaines : y aller à un jour sur deux puis, après, un jour sur trois, puis un jour sur quatre. Mon objectif serait de réduire à ce rythme jusqu’à pouvoir atteindre une consommation au mois ou aux deux semaines". Éventuellement, même réduire cet objectif initial, seul le temps me dira si cette méthode fonctionne.

Jusqu’à présent cela fonctionne, j’ai réussi à réduire de 50% ma consommation et même plus. Cela a un côté plaisant car, comme vous le savez, au bout d’un certain temps une tolérance se construit et finit par amoindrir le plaisir. Un détail important à se rappeler est qu’arrêter tout d’un coup n’est pas une bonne idée, cela mets trop de pression sur la personne et la personne pourrait ressentir des symptômes de sevrage qui ne sont pas nécessaires à subir.

Si cela vous intéresse de modifier votre consommation et que vous sentez que vous n’arrivez pas à changer votre consommation de votre propre chef, allez chercher les outils, les aides disponibles : consultez le CLSC de votre coin, les maisons pour personnes dépendantes.

En ce moment, ma santé, ma volonté que ma santé s’améliore, me pousse à mettre la pédale douce sur ma consommation.

Mes convictions que cette plante est merveilleuse au niveau récréatif et médical reste profondément ancrées. On verra dans quelques mois l’effet de ma réduction. J’espère fortement que ce sera un résultat positif, que mon sacrifice en aura valu la chandelle.

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1 semaine plus tard : j'ai perdu ma tolérance donc ça me coute un peu moins cher et mon apréciation de la plante est renouvellée.


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