Le Bloc Pot est un parti politique enregistré dans la province de Québec (Canada) et fondé en septembre 1998. Notre objectif est de mettre fin à la prohibition du cannabis et de fournir des pistes de réflexion pour améliorer sa réglementation. Nous voulons également faire en sorte que l'utilisation de toutes les drogues, licites ou illicites, se fasse de manière responsable, éclairée et sécuritaire.
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Les textes ci-dessous ne constituent pas le programme officiel du Bloc Pot, mais plutôt les orientations générales que nous avons prises depuis quelques années, résumées dans un langage clair et accessible. Nous espérons pouvoir vous éclairer par rapport à nos actions présentes et futures!
Le Bloc Pot est un parti politique enregistré dans la province de Québec (Canada) et fondé en septembre 1998 à Montréal. Notre objectif est de mettre fin à la prohibition du cannabis, et de fournir des pistes de réflexion quant à l'éventuelle légalisation de celui-ci. Nous voulons également faire en sorte que l'utilisation de toutes les drogues, licites ou illicites, se fasse de manière responsable, éclairée et sécuritaire.
Une autre problématique au coeur de notre mission est celle de la représentation parlementaire et de la distribution du pouvoir au sein du système électoral québécois. Comment se fait-il qu'un parti ne recueillant que 38% ou 40% du suffrage peut ensuite contrôler complètement l'Assemblée Nationale et dicter sa volonté pendant 5 ans à une majorité de citoyennes, citoyens s'opposant à leurs politiques? Quelle sont les solutions à ce manque de démocratie? C'est ce que nous vous invitons à définir avec nous.
De plus, le Bloc Pot a aussi à coeur de faire connaître les applications industrielles du cannabis, une plante pouvant solutionner de nombreux problèmes écologiques et économiques.
En dernier lieu, le Bloc Pot n'est pas un parti autoritaire. Les positions individuelles de chacune de ses candidates et de ses candidats ont préséance sur la « ligne de parti ».
En fait, notre action a jusqu'à maintenant porté sur le cannabis car celui-ci est une plante qui, sans être exempte de dangers lorsque mal utilisée, représente somme toute peu de risques pour l'individu ou la société en général.
En ce qui concerne les autres substances illicites, dont certaines (cocaïne, héroïne, PCP, LSD, etc.) sont plus toxiques que le cannabis, nous croyons que la politique de criminalisation de ses utilisateurs n'a réussi à engendrer que des problèmes de santé publique encore plus criants: seringues souillées trainant dans les parcs, recrudescence de l'épidémie de sida, etc.
Par ailleurs, des drogues pourtant légales comme le tabac ou l'alcool, ainsi que certains médicaments délivrés sur ordonnance, font des ravages terribles et alourdissent le fardeau d'un système de santé public déjà surchargé.
Sans aller jusqu'à la légalisation, nous croyons que la politique actuelle doit changer et s'orienter dès maintenant vers la « réduction des méfaits », telle que pratiquée en Suisse, en Hollande et à Vancouver.
Il faut d'abord s'organiser au plan municipal et provincial avant de penser faire quelque chose de significatif au plan canadien. Il faut agir localement, mais en pensant globalement. Dès le printemps 2000, nos membres s'affairaient déjà à unifier les divers mouvements existant partout au Canada au sein du Parti Marijuana. Nous sommes donc le maillon québécois d'un réseau pan-canadien.
En tant que province nous avons notre mot à dire sur la façon dont les lois sont appliquées. La Constitution canadienne donne les pleins pouvoirs au fédéral en matière de droit criminel mais lorsque vient le temps de légiférer sur l'application du Code criminel, les provinces ont les pleins pouvoirs. En conséquence, les ministres québécois de la justice et de la Sécurité publique pourraient émettre une directive à tous les procureurs de ne plus poursuivre ainsi qu'aux policiers de ne plus intervenir contre le cannabis, et même ordonner à la Sûreté du Québec de ne plus arrêter les cultivateurs de cannabis si leur plantation est en deçà de 50 plants... Les gratteux de papier à Ottawa n'y pourraient rien.
De plus, selon la Constitution canadienne, la santé est une responsabilité des provinces (quoique la formulation laisse place à l'interprétation). Nous croyons que le gouvernement fédéral profite du vide juridique actuel en matière de cannabis pour s'immiscer encore plus dans un champ de compétence qui ne lui appartient pas. Nous devons dénoncer cet état de choses et même forcer le gouvernement du Québec d'agir afin d'établir un régime d'accès au cannabis médical qui soit plus respectueux vis-à-vis les besoins des personnes souffrantes et malades ce que Santé Canada n'arrive toujours pas à accomplir à ce jour.
De même, le cannabis industriel ne devrait pas relever du Code criminel comme c'est le cas actuellement. Comme le stipule la Constitution canadienne, les provinces sont pleinement responsable de la question de l'agriculture, de la gestion du territoire et de l'économie. Avant la prohibition, le Québec était le plus grand producteur de cannabis industriel et il est impératif qu'il le redevienne. Pour ce faire, le gouvernement québécois se doit d'intervenir énergiquement afin de redévelopper cette filière agricole et industrielle. Lisez notre plan économique et développement régional.
En somme, nous pouvons affirmer aujourd'hui que la criminalisation du cannabis en 1923 par le gouvernement fédéral était une manœuvre pour s'immiscer dans les pouvoirs provinciaux et briser un secteur économique important du Québec. En d'autres mots, le Code criminel est un outil que l'élite de Bay Street (Toronto) utilise pour contrôler les régions hors de son contrôle politique. Il s'agit d'un mécanisme essentiel permettant la domination d'un gouvernement fédéral centralisateur et autoritaire sur les provinces et les régions agricoles.
Mais enfin, l'important est que les citoyennes et les citoyens s'organisent et mettent leur imagination au pouvoir, peu importe l'échelon où ils ont choisi d'agir!
Dans le système pseudo-démocratique qui est le nôtre, il faut avoir deux choses pour faire élire un candidat: 1) de l'argent et 2) la majorité des voix dans une circonscription donnée, ce que nous n'avons pas. Le système actuel à majorité simple favorise donc les gros partis bien établis. Il n'y a qu'à regarder le piètre score de l'Action Démocratique du Québec pour s'en convaincre: avec 19% d'appuis aux élections provinciales de 2003, et la participation de candidats se présentant presque partout au Québec depuis plus de 10 ans, ce parti n'a réussi à faire élire qu'un maximum de 4 candidats à la fois.
Voilà pourquoi nous voulons aussi que soit résolu le problème de la représentativité parlementaire. Une solution possible serait le scrutin proportionnel qui, dans de nombreux pays d'Europe, a permis aux formations marginales d'obtenir au moins quelques sièges à l'assemblée législative. Qu'on pense au Parti Vert en Allemagne, par exemple.
Avec une moyenne 2% des votes (dans les 73 divisions où il a présenté des candidats en novembre 2000), notre pendant fédéral, le Parti Marijuana, aurait pu faire élire au moins un ou deux députés à la Chambre des Communes à Ottawa, si le scrutin avait été proportionnel. Le fait que l'opinion de 2%, 10% ou 20% des électeurs soit ignorée année après année ne fait que diminuer la confiance que les gens ont envers le système et chuter dramatiquement le taux de participation électorale. Cela est mauvais, car il ne reste plus qu'une illusion de démocratie, une coquille vide. Il faut absolument que les opinions minoritaires soient entendues!
Nous sommes un groupe de pression, un lobby du cannabis en quelque sorte. Nous avons pour but d'éduquer la population, de démystifier le cannabis, de dénoncer l'absurde Guerre contre la drogue et la violence qu'elle génère, ainsi que de trouver des solutions aux problèmes actuels.
Cela passe par le dialogue avec des politiciens agissant au plan municipal, fédéral, ou même mondial (car la prohibition made in USA s'est étendue à toute la planète). Donc nous agissons autant entre les élections que pendant celles-ci. Mais nous cherchons bien entendu à recueilir le plus de voix possible, de manière à gêner les partis traditionnels en leur enlevant les voix des électeurs désabusés ou tout simplement écoeurés que rien ne bouge! En allant chercher 5% des voix, nous pouvons faire la différence entre qui gagne et qui perd, et nous forçons de fait les partis traditionnels à se positionner par rapport au cannabis (...un dossier qu'ils aimeraient bien pouvoir ignorer !).
D'autre part, se constituer en parti politique présente certains avantages. Bien que les modes de financement soient plus variés au fédéral, il y a ceci de bon au Québec que plus nous recevons de voix lors d'une élection générale, plus le Directeur général des élections du Québec (DGEQ) nous donne de financement suite à celle-ci. Donc voter pour le Bloc Pot équivaut à donner de l'argent sonnant à la cause que nous défendons; c'est nous permettre d'avoir des bureaux, des ordinateurs et une permanence, donc l'ABC de tout groupe politique qui se respecte.
Finalement, il ne faut pas négliger le pouvoir et l'influence qu'ont les médias sur la vie publique. Et en ce domaine, nous avons une expérience qui nous permet de participer à la vie médiatique et amener le débat au premier plan. Nous manquons peut-être d'argent pour aller planter de grosses affiches colorées le long des autoroutes, mais en bout de ligne, nous avons beaucoup plus de votes par dollar investi que tous les autres partis, grâce à notre connaissance des médias et notre franc parler!
Lors du Colloque sur l'unité de la gauche politique et des forces progressistes, tenu les 26 et 27 mai 2000 à Montréal, le Bloc Pot a refusé de se définir comme parti de « gauche » pour plusieurs raisons. En fait, ce concept réducteur se limite souvent à une certaine conception de l'État-providence et de la social-démocratie datant des années 1960 et 70 (bien que le terme lui-même date de la Révolution française).
La légalisation du cannabis est une forme de redistribution de la richesse. Permettre aux malades de cultiver leur propre pot sans avoir à débourser des fortunes pour acheter des médicaments fera baisser les profits des multinationales. Permettre aux agriculteurs de faire pousser le chanvre comme bon leur semble fera baisser les profits des géants de l'agroalimentaire comme Monsanto, qui veulent contrôler le marché mondial des semences. Aller jusqu'à légaliser le cannabis et en permettre le commerce ferait s'effondrer les profits du crime organisé et, par conséquent, baisser les budgets de la police. Tout cela peut être considéré comme des politiques de gauche.
Par contre, de nombreux groupes pro-cannabis penchent à droite, en ce sens qu'ils prônent un État minimal et une intrusion minimale de celui-ci dans la vie des particuliers, leur manière de s'habiller, de manger, de travailler. Or la Guerre contre la drogue actuelle est justement cela: une intrusion complètement exagérée dans la vie de particuliers qui ne nuisent pas à personne. Le gouvernement est incapable de venir à bout du crime organisé, mais persécute sans relâche les gens qui fument tranquillement ou cultivent quelques plants dans leur jardin! Alors nous ne pouvons qu'être d'accord avec ces interprétations. Les Libertariens de l'Ouest canadien sont nos alliés circonstanciels, et nous devons rester sur la même longueur d'onde qu'eux si on veut obtenir des changements concrets en ce qui concerne la législation fédérale.
Par ailleurs, la manière de taxer, produire, distribuer le cannabis est un débat que l'on peut faire à l'intérieur de chaque province, alors il se peut en effet que nous préconisions des mesures dites «de gauche ».
Donc pour l'instant le Bloc Pot doit donc se tenir sur la frange où se rencontrent la gauche et la droite car la prohibition elle-même est un discours produit tant par les partis politiques de droite que ceux de gauche!
Le Bloc Pot ira dans le même sens que la majorité des Québécois! Jusqu'à maintenant le peuple s'est prononcé à deux reprises contre cette option, mais il y a fort à parier qu'une majorité souhaite malgré tout une plus grande autonomie politique au sein du Canada.
Nous vous invitons toutefois à vous poser ces questions: un Québec indépendant qui coupe ses forêts à blanc et remet les profits à l'entreprise privée, un Québec indépendant qui importe ses aliments des États-Unis tout en sacrifiant ses champs et cours d'eau afin de devenir le plus gros exportateur mondial de porc; un Québec indépendant qui importe la totalité de ses carburants; un Québec indépendant qui criminalise 10% de sa population parce qu'elle aime fumer la marijuana, bref un Québec qui ignore les nombreux avantages industriels, médicinaux et sociaux du chanvre serait-il « libre »?
En fait nous croyons qu'il n'y aura pas de réelle liberté ou indépendance sans un degré un peu plus élevé d'autosuffisance, qui nous protégerait des fluctuations extrêmes de l'économie mondialisée et cotée en bourse.
Mais pour l'instant, il est impératif que le Québec ne laisse plus le gouvernement fédéral profiter de sa compétence en matière criminelle pour s'immiscer dans les domaines provinciaux (comme on l'a vu avec les Clubs Compassion). Il est simplement souhaitable que le Québec occupe pleinement les champs de compétence qui lui reviennent en matière d'agriculture, de santé, d'éducation, de tourisme. Le Québec doit se doter d'une politique du cannabis cohérente envers tous ces domaines d'intervention! Peut-être sera-t-il alors mûr pour aller de l'avant avec un projet national?
La prohibition interdit la production et la possession d'une substance. Dans le cas des drogues, elle vise à diminuer l'usage en réduisant l'accessibilité (offre) de la substance. D'autres motifs peuvent entrer en ligne de compte. Par un curieux « hasard », les produits agricoles issus de pays en voie de développement sont plus susceptibles d'être prohibés, alors que ceux produits dans les pays développés (ou dont la commercialisation est contrôlée par les pays développés) demeurent largement accessibles.
La décriminalisation (en France on parle plutôt de dépénalisation) signifie le retrait de certains actes de la compétence du système de justice criminelle. Ce terme ne précise en rien ce qui arrivera aux actes en question, car il ne signifie rien en particulier! Par exemple, le projet de loi prôné par les libéraux fédéraux en 2003 prévoyait de décriminaliser l'acte de possession simple de cannabis, tout en continuant de le sanctionner par des amendes (il s'agissait en fait de déjudiciarisation). En Hollande, la marijuana est décriminalisée de facto, puisque sur papier (de jure) elle demeure illégale! La décriminalisation est donc un mot parfait pour tous les politiciens de ce monde qui souhaitent semer la confusion.
Par ailleurs, la déjudiciarisation n'est pas une autre forme de décriminalisation. Elle représente un changement au niveau des procédures et des punitions entourant la criminalisation d'un acte en particulier. On pourra retirer les accusations sous certaines conditions, ou accuser quand même une personne et lui imposer, au moment de la condamnation, une peine de travaux communautaires, l'assigner à résidence ou lui imposer un couvre-feu, etc. Bref, lui faire payer son « écart de comportement » de toute autre manière que l'emprisonnement!
La légalisation permet la production et la vente de la substance. Par exemple, alcool, tabac et caféine sont des drogues légales au Canada. Différents niveaux de contrôle subsistent tout de même, en ce qui a trait à la qualité du produit et son accessibilité. Ainsi, la vente d'alcool et de cigarettes aux mineurs est interdite. En général, ce terme a un ton plus paternaliste et peut signifier pour certains un contrôle accru de l'État sur le marché légalisé.
En somme, la légalisation est une réponse médiatisée aux peurs irrationnelles que la prohibition a inculqué a posteriori à coup d'études financées par l'État prohibitionniste et par la suite relayées par les médias afin de maintenir depuis 40 ans cette guerre sociale. Ainsi, comment peut-on croire aux contenus de ces médias qui ont imposé le régime prohibitionniste en créant de toute pièce une mentalité aussi nocive ? La légalisation n'est rien de moins qu'une nouvelle prohibition ou en d'autres mots, la légalisation fait partie du récit prohibitionniste.
Au Bloc Pot, nous tentons d'utiliser les termes les plus généraux et exprimant le plus largement possible le sens de notre projet politique. Voilà pourquoi nous employons fréquemment les termes antiprohibitionniste et mettre fin à la prohibition.
La prohibition est très difficile à appliquer. Malgré des dépenses estimées à 500 millions $ par année au niveau fédéral uniquement, les corps policiers canadiens disent saisir 10% de la drogue circulant au pays (alors que la quantité réelle avoisine plutôt les 2 ou 3%). Pour parvenir à réduire à zéro l'offre de drogue, il faudrait dépenser des sommes faramineuses et imposer un niveau de contrôle incompatible avec l'idée d'une société libre. Les policiers ne peuvent même pas empêcher la drogue d'entrer dans les prisons. Imaginez l'ampleur des mesures nécessaires pour l'empêcher d'entrer dans les écoles!
De plus, la prohibition pose problème au niveau des libertés individuelles. Où est la victime lorsque je consomme du cannabis? Où est le crime? Pourtant 30 000 canadiens sont arrêtés chaque année pour possession simple de cannabis.
Quelle est la logique d'avoir une substance dont la consommation est permise mais la production interdite? Où est-on sensé s'approvisionner? Il s'agit simplement d'une autre forme de prohibition.
Décriminaliser constituerait une dépense inutile de plusieurs millions $ par année pour essayer de réduire l'offre de cannabis et empêcher sa production, alors que la demande des consommateurs reste inchangée. Voilà la recette parfaite pour garantir des prix élevés, et un profit maximal dans les poches du crime organisé!
La seule solution est une pleine légalisation dans laquelle les conditions de production, vente et consommation de cannabis seront déterminées démocratiquement par la société civile québécoise et garanties par l'État.