Bâtir un rapport de force face à la police – 6. Manifestation

Bâtir un rapport de force face à la police – 6. Manifestation

Tout dépendant du genre de manif ou d'action, il peut être préférable de ne pas en parler au téléphone ou dans tout endroit susceptible d'être écouté.

Être ou ne pas être identifiable?

La section identification du SPCUM « accompagne » les manifs, rassemblements, etc. dans le seul but d'identifier les manifestant-e-s, les militant-e-s, les organisateurs-trices et les animateurs-trices. On a donc le choix de porter un masque ou un déguisement, pour se protéger. Le fait d'être masqué va attirer l'attention de la police, surtout des policiers en civil et celle des médias. Être masqué ou déguisé « dans le but de commettre une infraction » constitue une infraction criminelle spécifique. Cela peut aussi faire peur à certains manifestants.

Bâtir un rapport de force face à la police – Manifestation: objets à emporter ou ne pas emporter

Bâtir un rapport de force face à la police – Manifestation: objets à emporter ou ne pas emporter

Un stylo et du papier

Pour pouvoir noter en détail tout incident se produisant lors de l'événement. Par exemple, s'il y a des arrestations: le nom de personnes arrêtées, leur numéro de téléphone, les amis à contacter, le déroulement de l'arrestation, les agissements de la police, les numéros d'identification des voitures de police, la description des policiers et si possible leur nom et numéro de badge, les noms et numéros de téléphone de tout témoin de l'arrestation.

Appareils photo et caméras vidéo

Ils sont de première nécessité. Ils sont dissuasifs : la police n'aime pas du tout être prise sur le fait. De plus... ils permettent d'avoir notre propre section d'identification.

  • Photographier les plaques d'immatriculation des véhicules de police banalisés (undercover).
  • Prendre des portraits des policiers, de ceux qui pourraient en être, des provocateurs potentiels.
  • Photographier tout incident.

Donc, ne surtout pas oublier d'apporter une quantité plus que suffisante de pellicule. Et surtout éviter que les clichés ne se retrouvent entre de mauvaises mains. Il faut donc être très vigilant et essayer d'anticiper.

Matériel d'enregistrement audio

Ajouter le son à l'image, enregistrer certaines remarques et déclarations de la police est un atout appréciable.

Habillement

Avant de partir, se poser ces questions : Est-ce que j'ai de bons souliers pour courir? La couleur de mon linge me rend-elle facilement identifiable? Est-ce qu'on peut facilement me prendre par les cheveux ? etc.

À ne pas emporter

Son carnet d'adresse ou tout autre papier qui pourrait fournir quelque renseignement que ce soit à la police. Tout ce que les flics pourraient considérer comme une arme. Toute drogue. Ses cartes d'identité, sauf celles qu'on a choisi d'amener.

Bâtir un rapport de force face à la police – Manifestation: quoi faire ou ne pas faire quand «ça craint»

Bâtir un rapport de force face à la police – Manifestation: quoi faire ou ne pas faire quand «ça craint»

Ne pas être seul

La personne à mes côtés peut être un policier. On est prudent dans ses propos.

Policier en civil (undercover)

Si on en démasque un, ne pas en révéler l'identité seul, on pourrait être accusé d'entrave, mais faire discrètement circuler l'information aux personnes qu'on connaît, pour ne pas qu'il se sente débusqué. Puis on peut en groupe, l'encercler en sautant, chantant, le pointant du doigt. En général, il ne s'éternisera pas.

Dispersion volontaire

À la fin de la manif, on est plus vulnérable. On se disperse toujours en groupe, car si la police cible des gens, c'est souvent à ce moment qu'elle tentera de les arrêter.

Dispersion par l'anti-émeute

En cas d'attaque de l'anti-émeute :

  • Éclater la manif, selon un plan, en groupes de 10/15 personnes qui s'éparpillent, pour ensuite reformer la manif.
  • Sinon, transformer la manif en un seul bloc très compact.

Poivre de cayenne

Voir section Arrestation.

Les gaz lacrymogènes

HC - Fumée de dispersion de foule : cette fumée blanche est inoffensive et non-toxique, mais elle a son effet psychologique.

CN - Gaz lacrymogène conventionnel : facile à reconnaître à son odeur de pomme, le CN provoque des sensations de brûlure aux yeux et à la peau ainsi qu'une irritation des muqueuses.

CS - Gaz lacrymogène de remplacement : dix fois plus toxique que le CN, il a les mêmes effets. Ce gaz à forte odeur de poivre peut produire des nausées et des vomissements.

Que Faire?

Ne pas paniquer, la panique amplifie les effets des gaz, qui passeront dans 10 à 15 minutes. Aller dans un endroit aéré, face au vent en gardant les yeux ouverts, sans les frotter. Rincer avec de l'eau le visage et les parties exposées au gaz. Ajoutez un peu de sel ou de bicarbonate de soude (la petite vache) à l'eau est plus efficace.